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Les amateurs de Formule 1 le connaissent bien. Adrian Newey est considéré comme l’un des ingénieurs aérodynamiciens les plus doués (s’il n’est pas LE plus doué) de l’histoire automobile. Il travaille en Formule 1 depuis plusieurs décennies, auteur des dernières Red Bull ! Son contrat avec les boissons énergétiques se termine à la fin de l’année et il devrait rejoindre un autre team. Aucune certitude aujourd’hui sur l’identité de son prochain employeur. Une chose est sûre : Red Bull et Newey, c’est de l’histoire ancienne ! Un roman qui aurait pu s’arrêter il y a 7 ans. Pour retenir Newey d’un départ prévu vers Ferrari, Red Bull a aligné les billets et promis les mêmes garanties que les Italiens pour le conserver dans leur giron dans les années 2015-16-17. Dans les lignes dudit contrat, il y avait la mention du développement d’une voiture de route. Red Bull s’est alors associée à Aston Martin pour donner naissance à la future AM-RB 001 présentée en 2017 à Genève. Ce prototype donnera naissance à la Valkyrie.
La Valkyrie, nous vous l’avons présentée en détails dans cet article. Pour faire court, Newey a choisi de dessiner la voiture la plus proche d’une monoplace, capable de réaliser des temps comparables à une F1, le tout avec une plaque d’immatriculation. Le cahier des charges de 2017 était alléchant : moins de 1000 kg sur la balance, plus d’une tonne d’appui aérodynamique, plus de 1000 chevaux sortis d’un V12 atmosphérique de moins de 200 kg associé à une petite batterie… La gestation a été plus longue que prévue, et le résultat légèrement en-deçà des objectifs. Le V12 pèse 204 kg et délivre 1076 chevaux (plus 100 chevaux électriques). Aston n’a pas réussi à descendre en-dessous de la tonne, et s’approche des 1300 kg. Ne vous méprenez pas, le résultat est spectaculaire. Une version Spider non prévue est arrivée il y a deux ans et une version AMR Pro destinée exclusivement à la piste a été pensée. Environ 1000 chevaux, poids plus bas que la version de série et aérodynamisme impressionnant… un monstre ! À 40 exemplaires.

Malgré cette débauche de chiffres, il se murmure que Newey aurait été un peu déçu de son modèle. Peut-être les désirs d’Aston Martin d’ajouter un peu de son style dans le design de la Valkyrie… Débarrassé de cette marque centenaire, il se remet devant sa planche à dessins et sort ça.

Ça, c’est la RB17. Red Bull 17, celle qui n’a jamais existé. Enfin, si. Elle devait voir le jour, mais il s’agit du nom de la monoplace qui aurait dû courir en 2020. Le développement ayant été un peu gelé, la voiture n’a été qu’une évolution de celle de 2019, la RB16 B. Au-delà du nom, la RB17 interroge sur son utilité face aux Valkyrie et AMR Pro déjà incroyablement rapides et aux limites bien au-delà de celles de nombre de pilotes. Parce que la nouvelle venue s’annonce plus extrême que les Anglaises. Le moteur ? Même fournisseur, Cosworth. À la différence qu’ici, il ne s’agit pas d’un V12 mais d’un V10 atmosphérique ouvert à 90° cubant 4,5 litres. Il devrait tourner à plus de 15.000 tours/minute (!!!!) et délivrer plus de 1000 chevaux à lui seul. Dans la boîte de vitesses en fibre de carbone (c’est bien la première fois que je vois ça…) un moteur électrique de 200 chevaux augmente la somme à 1200 équidés. Le tout est conduit seulement aux roues arrière, évidemment.
Une transmission qu’à un seul essieu est, en effet, bien moins lourd qu’une intégrale. Et le poids c’est l’ennemi ! En utilisant à outrance la fibre de carbone, le titane et d’autres procédés et matériaux ingénieux, la RB17 flirterait avec les 900 kg, pas plus ! Rien que le V10 ne pèse pas plus lourd qu’une plume : moins de 150 kg. Dans cette débauche de chiffres absurdes, la vitesse maximale semble presque sage par rapport aux standards actuels. Seulement plus de 350 km/h ? On nous habitue à mieux, surtout à un tel tarif supérieur à 5,8 millions de £ ! L’explication est dans la vocation de la voiture : les temps au tour. Le coup de crayon de Newey combiné à d’innombrables heures en soufflerie donnent naissance à une voiture effilée prodiguant un appui aérodynamique colossal : plus de 1700 kg ! Les chiffres donnent le tournis. Parmi les petits chiffres, il y a la production, à seulement 50 unités, et la longévité du moteur, environ 24.000 km.

Évidemment, la RB17 est impressionnante. Je pensais modestement que la Valkyrie montrait le paroxysme de la production automobile actuelle. Et que jamais on ne pourrait aller plus vite. L’escalade de la performance est impressionnante. Et voir que Red Bull se mêle à la danse…


Une réponse sur « Red Bull RB17 »
[…] L’annonce d’un tel projet nous a laissé dubitatif. Elle remonte à loin, plusieurs années, 2021 si mes souvenirs sont bons. Pour la première fois, Red Bull mettrait au point une voiture cliente ? À sa planche à dessins, le fameux Adrian Newey. Dans les couloirs, il paraît que le projet de la Valkyrie (ex AM-RB 001) le déçoit un peu, et la version AMR Pro aussi. Il a obtenu une nouvelle carte blanche avec Red Bull directement, et pas une marque plus que centenaire qui exige de mettre son grain de sel dans le design de son hypercar. Les premières Valkyrie sortent des chaînes d’assemblage, et les quelques journalistes ayant eu la chance de se glisser derrière son volant… ne l’ont pas trouvée décevante ! Et l’AMR Pro encore moins… Nous avons d’ailleurs hâte de voir rouler cette dernière au Mans l’année prochaine ! Mais, quelques années après les premiers coups de crayon, la RB17 est là. Et ne déçoit ni son concepteur ni son public… (pour en savoir plus) […]