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Nous n’allons pas vous conter l’histoire de la 911 ici. Mais un rapide rappel des forces en place s’impose pour comprendre le positionnement de cette version. La Porsche 911 est aujourd’hui accessible à partir de 131 700 € (hors malus et options) dans sa version Carrera forte de 394 chevaux depuis son restylage. Ce dernier a supprimé – pour un temps – la Carrera S. Elle devrait bientôt réapparaître avec une cavalerie en hausse et de meilleures performances. Plus puissante et seule hybride – pour l’instant – la GTS dispose de 541 chevaux, en propulsion ou en quatre roues motrices. Pour les amateurs de circuit, les GT3 et GT3 RS sont des voitures de course dotées de plaque d’immatriculation, ni plus ni moins. Et pour qui veut une fusée sur quatre roues, la 911 se décline en Turbo et Turbo S, comptant respectivement 600 et 650 chevaux capables d’accélérations de 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes. La Carrera T, elle, se place entre la Carrera classique et la Carrera S. Elle apparaît comme une 911 GT3 Touring plus sage.
Plus difficile encore que de distinguer une Carrera d’une Carrera GTS, reconnaître une Carrera T est un calvaire… C’est pourtant simple mais si discret… Le bouclier avant est identique à la Carrera classique. Le profil iconique aussi. Sur les vitres arrière, des autocollants s’invitent sur la nouvelle mouture pour fanfaronner de sa boîte manuelle à bord. On y reviendra. Les jantes sont de mêmes dimensions mais changent de dessin et surtout arbore une teinte distinctive Gris Vanadium métallisé, couleur qu’utilise aussi la désignation du modèle à l’arrière. Enfin, pour terminer ce petit tour extérieur, elle hérite du petit spoiler de la GTS et son bouclier arrière reçoit de série les deux canules du pack Sport de la Carrera. Désormais, vous ne pourrez plus vous trompez ! D’autant que des stickers sur le côté peuvent être appliqués, inscrivant en toutes lettres le nom Carrera T.


À l’intérieur non plus, les différences ne sont pas flagrantes. Le logo 911 peut être brodé sur les appuie-têtes. La planche de bord est une copie conforme de la Carrera restylée. Après tout, il n’y a pas grand-chose à lui reprocher. Les écrans pullulent, oui, mais ils conservent l’infographie que l’on attend d’une Porsche. Et à gauche du volant… le bouton sur lequel on appuie pour réveiller le flat-6. Dommage, la clef à insérer reste l’exclusivité de la GT3. La banquette arrière est supprimée, mais la Carrera propose cette suppression en option. La principale et seule vraie différence se trouve au centre, ce fameux levier de vitesses. Il reprend l’idée des débattements courts de la très rare 911 S/T et exhibe une élégante boule en bois de noyer pour jongler entre les 6 vitesses de la boîte manuelle imposée. Là aussi, une nouveauté. Car la précédente Carrera T laissait le choix entre une boîte manuelle à 7 rapports et une PDK à 8 vitesses.
Pour les moins adroits du pied gauche, ce levier dispose de la fonction auto-blip rendant inutile le double-débrayage ou le talon-pointe. Cela permet de se concentrer davantage sur le pilotage. Une bien bonne idée lorsque le flat-6 est en route. La Carrera T se voulant être la proposition la plus pure de la gamme de série et avec un moteur suralimenté, elle se refuse à l’adoption de la transmission intégrale mais impose les quatre roues directrices. Porsche s’empresse d’embrayer en annonçant un calibrage propre à la Carrera T. Ce qui nous rassure un tantinet. Derrière les roues arrière, le flat-6 transmet toute sa puissance à l’essieu le plus proche. En tous points identique à celui de la Carrera, le flat-6 revendique une puissance de 394 chevaux et un couple de 450 Nm. Suffisant. Amplement suffisant pour se faire plaisir en profitant du son du flat-6 en provenance de l’extérieur grâce aux vitres allégées et la minimisation de l’insonorisation.


Mais un plaisir à savourer pour la première fois cheveux au vent ! La Carrera T est disponible en cabriolet mais pas en Targa. La conduite la plus pure qui soit… Avant l’arrivée potentielle de la 911 Speedster d’ici quelques années. Pour l’heure, cette Carrera T nous convient sur bien des idées. Plus pure, plus vive, plus basse (-10mm que la Carrera en hauteur de caisse), plus… chère. L’inflation ne touche pas que les biens de première nécessité, la 911 (qui, elle aussi, est d’une grande utilité aux yeux du monde) augmente ses tarifs de manière insolente… La moindre Carrera demande un tarif indécent. Et la Carrera T aussi. Par rapport à la version sortante, elle demande une somme 10 000 € plus élevée, ce qui conduit le résultat à une addition fixée à 145 100 €. 15 000 € de plus pour moins de performance… mais plus de plaisir derrière le volant. Le choix s’annonce plus rude que prévu.
