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Vous ne l’aviez peut-être pas remarqué mais la production de la précédente génération de Micra, la cinquième donc, s’est arrêtée en 2023. Pendant plus d’un an et demi, nous n’avons eu aucune citadine dans la gamme Nissan, le plus petit modèle étant le Juke… Pendant un temps, Nissan a été en pourparlers avec Honda pour un rapprochement entre les deux marques pour tenter de se prémunir sur un marché en constante révolution. Ces discussions, tombées à l’eau, ont soufflé le chaud et le froid dans la galaxie automobile. Depuis l’affaire Ghosn, le climat est tendu entre Nissan et Renault, malgré l’Alliance passée entre les deux marques. On pensait donc qu’avec ce rapprochement possible, ce lien allait tout bonnement être brisé.
À tort.
Car, voici la Micra EV, sixième du nom et première citadine Nissan 100% électrique. Un pari assez osé de la marque. En effet, si elle a été pionnière avec la Leaf, elle a tardé à lancer un second modèle, l’Ariya, dont la réussite commerciale est très relative. La Micra ne laisse pas le choix : citadine électrique ou rien. Son allié Renault propose, pour sa part, la Clio et la R5, Clio qui va connaître une 6ème (et dernière ?) génération toujours munie d’un moteur thermique. Revenons à la Micra EV. Issue du travail de l’Alliance, elle bénéficie de la plateforme AmpR Small de la Renault 5 E-Tech, reconnaissable à de nombreux éléments (surtout le profil) mais fort bien maquillée, il faut le reconnaître.


À l’avant, les phares s’inspirent, comme pour la citadine française, de l’œil humain mais dans la voiture japonaise – imaginée au centre de design de Londres – ils sont circulaires. Lors de l’ouverture de la voiture, les leds s’allument une à une, de gauche à droite puis de droite à gauche comme pour accueillir le conducteur avec un clin d’œil. Des petites attentions… À l’arrière, la Micra partage le défaut de la R5 du seuil de coffre haut perché. Le style de cet arrière-train montre deux cercles et un bandeau noir les rejoignant, rappelant fortement celui de la Lancia Ypsilon de nouvelle génération. Pour l’ensemble, Nissan évoque un look « distinctif et valorisant » et « robuste » avec ses passages de roues marqués. La marque est également fière de sa ligne de 1cm courant du phare avant à la vitre arrière qu’elle appelle « Gelato Scoop » comme « la marque laissée par une cuillère dans un pot de glace. » Chacun se fera une opinion sur ces différents gimmicks stylistiques censés nous faire oublier que sous cette robe se cache une R5 franco-française.
D’ailleurs, le partage va loin puisque la Micra sera, elle aussi, fabriquée à Douai, aux côtés de la citadine au Losange. Et c’est donc sans surprise que l’intérieur ressemble à s’y méprendre à la voiture donneuse. Au jeu des différences… il semble n’y en avoir que très peu. Les matériaux et les couleurs changent ; au centre un dessin du Mont Fuji rappelant l’ADN de la marque. Mais globalement, on retrouve tout ce qui nous a déjà plu dans la R5 à savoir ce double écran de 10,1 pouces (Nissan ne communiquant pas sur un écran plus petit comme dans la R5, signe que la Micra pourrait être plus chère), une instrumentation légèrement orientée vers le conducteur et un large volant pas tout à fait rond. Évidemment, à la place du Losange, le logo Nissan prend place. La surprise vient surtout de ce qui se cache derrière les branches.


Des palettes. Non, pas comme dans une Ferrari ou une Porsche pour passer les vitesses de la boîte double embrayage mais des palettes de régénération du moteur électrique. En levant le pied de l’accélérateur, l’énergie cinétique produit de l’électricité, celle-ci est renvoyée à la batterie et celle-ci peut donc gagner quelques kilomètres d’autonomie. Jusqu’ici, la R5 n’en disposait pas, mais il y avait deux modes de « marche avant », le D à la faible régénération et le B à forte régénération. Le plus étonnant étant que la Mégane et la R4 E-Tech en sont dotées, de ces palettes. Et la Micra aussi. Renault a annoncé il y a peu que la R5 pourrait recevoir cette technologie dans les semaines à venir mais impossible pour les possesseurs actuels d’ajouter ces palettes à une voiture qui n’est pas sortie avec…
En plus du frein régénératif, la Micra dispose du système E-Pedal permettant de s’arrêter sans avoir à toucher la pédale de frein, juste en lâchant le pied de l’accélérateur. Il faut du temps pour s’y habituer… Le désormais traditionnel V2L, équipement permettant de brancher des appareils électriques sur la voiture, est de mise ici, puisant dans la batterie de la Micra. Il existe deux tailles de batterie, comme dans la R5 – quelle surprise ! – de 40 et 52 kWh. La première annonce 310 km d’autonomie, 120 chevaux et 225 Nm de couple et une puissance de charge maximale de 80 kW. La deuxième annonce 408 km d’autonomie, 150 chevaux et 245 Nm de couple. Sa puissance de charge maximale atteint les 100 kW. L’une comme l’autre demanderait 30 minutes pour passer de 15 à 80%.


Et le prix dans tout ça ? Nous l’avons vu, exception faite du système de régénération et du e-Pedal, la Micra et la R5 sont semblables ou presque. Alors, quel objectif de prix ? Nous estimons le premier prix aux alentours des 30 000 € hors bonus, comme la R5, en espérant que ses quelques équipements supplémentaires ne fassent pas grimper la note outre mesure…
