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Imperturbable, l’Étoile qui surplombe le capot de nombreuses allemandes depuis plus d’un siècle guide l’industrie automobile. Le Monocylindre a été la première automobile à pétrole que l’on pouvait acheter, c’était en 1886. Mais il n’était pas vendu sous le nom de Mercedes-Benz comme aujourd’hui le sont la Classe S, ou le CLA. Non, puisque le créateur de l’entreprise s’appelait Gottlieb Daimler, et que l’auteur de la voiture avait pour nom Wilhelm Maybach. Celui de Mercedes vient du nom de la fille d’un grand homme d’affaires qui voyait en l’automobile (et en particulier celles fabriquées par Daimler) une future industrie florissante : Emil Jellinek. Il a demandé une voiture plus puissante à Daimler pour participer à des courses avec comme flagornerie d’inscrire sur le côté le nom de sa fille : Mercédès (avec les accents). En 1902, Daimler changera de nom pour Mercedes. Quant à la particule à quatre lettres, elle n’arrivera qu’en 1926 au terme de plusieurs grands échanges entre Mercedes et Benz. Les deux noms ont construit en 1886 deux véhicules à moteur à pétrole.
Depuis, Mercedes-Benz coule des jours plus ou moins heureux. En se spécialisant dans l’automobile de luxe dans un premier temps, elle a en parallèle développé un amour pour le sport automobile. Cela dit, elle n’a jamais été spécialiste des voitures grand public. Il faudra attendre une période plus récente pour cela, car même après la Seconde Guerre mondiale, elle continuera à employer des moyens considérables pour anéantir la concurrence sur la piste et mettre au point des voitures de haut standing sur la route pour s’opposer aux autres cadors du segment. Dans les deux cas, l’Étoile Mercedes brille. De nos jours, la Classe S se revendique être la meilleure voiture du monde et la voiture de luxe la plus vendue. C’est donc sans surprise que la berline est reconduite à l’occasion de cet anniversaire historique !


Comme le dit l’adage, on ne change pas une équipe qui gagne. La Classe S demeure cette plantureuse et longue berline de luxe à la silhouette élancée et au bouclier avant majestueux. Pour l’occasion, la calandre est agrandie de 20%. Un chiffre qui, exprimé ainsi, n’apporte pas grand chose et ne permet pas de se figurer cette hausse. Mais en voyant une photo de l’ancienne, on comprend. Elle gagne notamment des centimètres en hauteur, et est surlignée de barres noires tout autour d’elle, barres qui se fondent ensuite jusqu’aux optiques. Les phares sont également redessinés, intégrant cette signature lumineuse à étoile. Les trois branches, nous en retrouvons aussi sur la calandre, toutes illuminées, et pour la première fois, même le logo posé fièrement à la verticale sur le capot peut être illuminé. Est-ce vraiment utile ? Je vous laisse répondre à cette question. À l’arrière, les feux sont simplement affinés, la barre de chrome reste, immuable.
Les changements continuent à l’intérieur. Les amateurs de Mercedes retrouveront facilement leurs marques, les autres seront évidemment déboussolés. L’accent est porté sur la technologie (envahissante) et la finition. On commence donc par ce qui se voit en premier, les immenses écrans. Cela dit, ils ne sont pas disposés comme dans le CLA par exemple, ils sont bien distincts, et fonctionnent toujours sur le MB.OS de dernière génération régulièrement mis à jour. Le conducteur et le passager ont tous deux droit à un écran de 12,3 pouces chacun, quand la dalle centrale (qui change d’orientation par rapport à la précédente mouture) mesure 14,4 pouces. Le système MBUX intègre de nombreuses applications, peut connaître votre agenda et organiser votre journée et combiner trois systèmes d’intelligence artificielle pour répondre à toutes les injonctions des utilisateurs de la voiture.


N’oublions pas que cette génération a été lancée en 2021, avant l’essor fulgurant de ChatGPT et consort. Alors avec le restylage, Mercedes a mis les bouchées doubles ! Ainsi voyons nous ChatGPT 4 aux côtés de Google Gemini et Microsoft Bing. Si, avec ça, la Classe S n’a pas réponse à toutes vos questions… Berline ou limousine, elle est disponible dans les deux configurations, allongeant son empattement de 11 cm, la Classe S devrait s’apprécier davantage à l’arrière. On imagine l’épaisseur du cuir, l’incroyable confort des assises. Sur les portières, les quelques boutons laissent apercevoir les fonctions de ces fauteuils réglables sur différents axes… À portée de main, une télécommande permet de contrôler l’ouverture des stores des fenêtres, la puissance de la climatisation ou encore l’affichage de l’écran de 13,1 pouces… Le tout dans un écrin de cuir…
Le confort de roulement devrait être de bon aloi, c’est ce sur quoi la Classe S a bâti sa réputation. À vrai dire, en voyant les chiffres des dimensions, on comprend aisément pourquoi les places arrière accueillent aussi bien : la longueur effraie, mieux vaut ne pas mener la barre de ce navire. Différents volants, qui retournent d’ailleurs aux boutons physiques, sont disponibles pour convenir à la clientèle. Évidemment, l’essieu avant est directeur, mais l’arrière aussi. Heureusement même car la voiture dépasse les 5 mètres dans sa configuration de base. Les roues arrière braquent jusqu’à 4,5° en série, et en option (avec un abonnement mensuel), elles peuvent atteindre 10° ! Peut-être est-elle plus facile à manier que ce qu’on croyait… Même de nuit, on peut voir comme en plein jour grâce à ses nouveaux phares éclairant jusqu’à 600m !


Du 6 en ligne, diesel essence ou hybride, voire un V12, la Classe S dispose d’un large éventail de motorisations qui devrait se montrer aussi docile qu’un agneau et silencieuse qu’une carpe. Parfait pour profiter de l’insonorisation et du système sono embarqué. Le constructeur s’est logiquement tourné vers son fidèle équipementier Burmester pour intégrer de série un système de son 3D. En option, le chiffre peut monter à 39 haut-parleurs pulsant plus de 1600 W et proposant la technologie Dolby Atmos 4D. Un environnement sonore digne d’une salle de concert intimiste dans une berline de grand luxe, le pied total ! Mais pour rouler avec, il faudra débourser un paquet d’argent dans la configuration de série, et encore davantage en découvrant l’interminable liste des options, entre les nécessaires, les incontournables ou celles de personnalisation : plus de 150 teintes extérieures et 400 intérieures. Le choix sera long…
