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McLaren 650S

À l’image de la 750S, la 650S se vantait d’être une nouvelle voiture, malgré une base technique bien, très bien connue. Or, la magie de McLaren est de réussir à améliorer des autos déjà exceptionnelles… Comme elle.

McLaren MP4-12C

Aussi étonnant soit-il, au début des années 2010, McLaren faisait office d’outsider. Certes, son glorieux patronyme lui permettait de ne pas être pris à la légère, mais d’autres s’y sont essayés et cassés les dents… Mosler et Marussia étaient deux écuries de Formule 1 qui ont comme point commun, outre l’initiale M, d’avoir voulu tenter l’aventure de l’automobile de route. Aussi, quand McLaren a déclaré vouloir reprendre cette activité après sa courte apparition dans les années 90 avec celle qu’on ne présente plus (la F1), nous la regardions avec un petit sourire en coin, l’air de dire que la marque ne durera pas. Eh bien… nous avions tort. Car au contraire des précédentes firmes citées, McLaren a d’abord proposé à la vente non pas une supercar inutilisable mais une supersportive presque passe-partout et bluffante : la MP4-12C.

Rapidement, son patronyme s’est simplifié en 12C. Rivale directe de la Ferrari 458 Italia, elle intègre toutes les technologies de la Formule 1 en utilisant non pas un moteur atmosphérique mais un V8 biturbo… Certes moins envoûtant, il se rattrape en performances pures en proposant 600 voire 625 chevaux à partir de 2012. Seule sa plastique assez conventionnelle ternit légèrement le tableau. Le reste est un chef d’œuvre du genre. Confortable et sportive à la fois, rapide et efficace… Que demander de plus ? Une identité stylistique peut-être ? Ça tombe bien, avec la présentation de l’hypercar P1, McLaren annonçait un nouveau langage esthétique composé d’une face avant dotée d’optiques reprenant le dessin du logo de la marque.

McLaren P1
McLaren 650S

En 2014, il y a donc dix ans, McLaren profite du Salon de Genève pour présenter la future remplaçante de la 12C, la 650S. Une nomenclature qui grève tout suspens, le moteur de la nouvelle venue culmine donc à 650 chevaux. Le S signifie Sport. Un nom simple (simpliste ?) que McLaren justifie par sa volonté de rentrer plus facilement dans l’esprit de son public, en utilisant des chiffres chocs plutôt que des noms à rallonge puisés dans des univers sinistres. Compréhensible mais sans grande originalité malgré tout. Heureusement, à l’avenir, tout changera. Oups, j’ai annoncé l’arrivée de l’Artura pas encore imaginée à l’époque

Revenons donc à la 650S. Comme la P1, elle arbore une signature stylistique plus personnelle que les optiques classiques de la 12C, lui conférant un style plus affirmé et encore plus agressif. De plus, la 650S, comme la 12C, a été dessinée selon la philosophie maison « la forme suit la fonction ». Autrement dit, McLaren préférera commercialiser une voiture laide mais efficace qu’un canon de beauté qui ne tient pas la route. Ce qui explique le futur proche de la marque… Cette fonction, la meilleure performance possible, passe par un aérodynamisme soigné. L’évacuation, l’utilisation, le passage de l’air sur et à travers la carrosserie est fort bien dessiné, canalisé par les différents évents. Des jupes latérales plus larges aux dérives sous le châssis pour guider les particules par delà les pneumatiques, la 650S soigne donc son efficience aérodynamique, annonçant 23% d’appui supplémentaire à 241 km/h par rapport à la 12C.

McLaren 650S
McLaren 650S

L’appui seul ne compte pas dans la performance, il faut aussi une voiture rigide, efficace, un moteur ronflant et maniable… Côté mécanique, puisqu’on en parle, le nom annonce tout. 650 chevaux, c’est bien davantage que la Ferrari 458 Italia, forte de 570 chevaux, ou même que sa version Speciale et ses 605 équidés. Avec une telle écurie, la 650S boxerait presque dans la catégorie supérieure ! Pour atteindre une telle puissance, le V8 M838T a droit, entre autres, à de nouvelles soupapes et un nouveau calage des cames. De quoi délivrer 678 Nm de couple dès 3 000 tours/minute. Pure propulsion oblige, les accélérations en ligne droite ne sont pas des plus rapides… Pourtant, le 0 à 100 km/h demande 3 secondes, le 0 à 200 km/h 8,4 secondes. Une supercar des années 90 voire début 2000 est larguée ! On appelle ça l’évolution paraît-il…

Pire encore, la 650S ne s’arrête pas là. Non seulement elle file vite, mais comme dit plus tôt, elle produit de l’appui aérodynamique. Une force aérodynamique qui permet à la voiture d’être rivée au sol, notamment dans les virages. Et là intervient la magie McLaren. En plus de se baser sur l’excellente 12C, elle introduit aussi des idées de la P1, et améliore aussi l’existant… Ainsi, elle continue de compter sur son absence de barres antiroulis. Mais aussi sur le Brake Steer, une technologie dérivée de la Formule 1 qui, dans un virage, freine la roue intérieure pour faciliter « l’enroulé » dans le virage par le train postérieur. Peur de la dérive ? Pas avec l’appui. Et le freinage n’est pas en reste, bien aidé aussi par un aérofrein légèrement plus grand… Sans oublier le poids mini de la 650S, 1330 kg à sec.

McLaren 650S
McLaren 650S Spider

La 650S n’est pas qu’une 12C améliorée, elle la surpasse sur tous les sujets. Son design est plus personnel, arborant un look de « mini-P1 ». Ses performances sont ahurissantes pour la gamme, toquant clairement à la porte des supersportives à la Lamborghini Aventador, pourtant bien plus onéreuses. Elle est légère, confortable, puissante, quasiment parfaite. De plus, McLaren a écouté les critiques exprimées sur l’émotion auditive procurée par la 12C, et accentue le son du moteur avec le système de mise hors service des cylindres. Résultat, la voiture est peut-être plus sonore, mais pas émouvante. Soulignons par ailleurs que rien n’égalera jamais le V8 atmosphérique de la 458 Italia. Pour améliorer encore l’expérience sonore, la 650S coupé est lancée en même temps que le Spider.

Pour beaucoup, la 650S était un produit arrivé à maturité. Elle aurait pu rester en place pendant encore 2, 3 ans sans qu’une rivale n’arrive. La 488 GTB de Ferrari ne tarda pas à répliquer avec ses 670 chevaux. Mais McLaren a déjà prévu son prochain grand modèle (la 720S) et avant de la lancer, a gardé un as dans sa manche : une version délurée de lancer 650S. Oui, c’est possible. La concurrence va souffrir. À peine un an après la présentation de la 650S, voici la 675LT. 25 chevaux supplémentaires et deux lettres, LT LongTail, transforment la supersportive en un diable des circuits. Par rapport à la 650, elle perd 100 kg ! Elle qui n’était déjà pas une enclume, perdre une telle masse et gagner un peu de puissance risque de la transformer en une savonnette, non ?

McLaren 675LT
McLaren 675LT

Négatif. Car non seulement la voiture gagne en puissance et perd en poids mais elle gagne en rigidité et en appui aussi. La 650S était déjà très bien, très performante, la 675LT réécrit les règles de la performance automobile basée sur une voiture de série. L’aileron arrière grandit de 50% (d’où l’utilisation du patronyme LT), l’appui grandit nettement, les jupes latérales s’élargissent, le bouclier est plus agressif… Une furie furieuse ! Et forcément, avec un rapport de 549 chevaux/tonne (contre 500/tonne pour la 650S) la 675LT ne se traîne pas. Vraiment pas. 0 à 100 km/h : 2,9 secondes. 0 à 200 km/h : 7,9 secondes. Certains pourraient pointer du doigt une légère baisse de la vitesse maximale, de 333 à 330 km/h, justifiée par des vitesses de passage en courbe nettement supérieures à la version classique.

Très vite, la version Spider est présentée, légèrement moins performante mais tout aussi euphorisante. La concurrence est mise à mal, mais elle ne s’attend surtout pas à l’incroyable voiture que McLaren est en train de développer : la 720S. McLaren n’a pas fini de jouer avec nos nerfs !

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

Une réponse sur « McLaren 650S »

[…] ce stade, deux gammes. D’un côté, la Super Series portée par la MP4-12C, qui évoluera en 12C, puis 650S, et de l’autre l’Ultimate Series, gamme inaugurée par la P1 où vont se bousculer des […]

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