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On va faire plaisir aux détracteurs des voitures actuelles mais, leur phrase favorite n’est pas tout à fait fausse ici : les SUV électriques de Kia se ressemblent tous. Et c’est tout à fait voulu ! Jouer aux poupées russes, ça fonctionne pour monter en gamme. D’abord, ils ont choqué avec l’EV6 à la silhouette franchement alambiquée, qui en impose et ce travail du bandeau lumineux arrière léché. Puis, il y eut l’énorme EV9, cousin du Ioniq 9 de Hyundai. Et depuis, la gamme inférieure ne cesse de s’élargir, dont la porte d’accès actuellement s’appelle EV3. Il ressemble comme deux gouttes d’eau à un EV9 passé au lavage à un programme beaucoup trop chaud. Et hop ! Le voilà rétrécit ! Le tout prochain EV2 risque de subir la même moquerie… Seul le duo EV4 diffère vraiment. Quant à l’EV5, malgré son nom, il est aux antipodes de n’être qu’un EV6 à hayon !
Déjà, esthétiquement il est différent. La face avant agressive et le capot plongeant de l’EV6 est écartée pour embrasser la proposition de l’EV9 et son profil de capot très droit. Le pare-chocs avant est très vertical et le bouclier est séparé en deux. Sur la partie basse, les ouvertures guident l’air pour refroidir les éléments qui en ont besoin. Et tout autour, la désormais bien connue Tiger Head produit son petit effet en affirmant sa carrure grâce à ses optiques aux angles droits et abruptes. Le regard est vraiment acéré et relié par un bandeau juste en-dessous du capot, délimitant ce qu’on pourrait appeler la calandre. À l’avant, la signature lumineuse permet de distinguer l’EV5 de l’EV9 (la partie inférieure du mastodonte court jusqu’aux radiateurs) et de l’EV3 (qui n’a pas de barre led inférieure). Le profil apparaît proche des deux modèles précédemment cités, avec cette large surface vitrée qui se poursuit sur la vitre arrière après un montant D affichant un léger espace entre la carrosserie et le toit. Quant à la face arrière, il se « Volvo-Ise » avec ces deux C encadrant le coffre et le nom de la voiture inscrit en toutes lettres.


À bord, il ne faut s’attendre à aucune surprise de nos jours : dans 99,9999% des cas, il y aura un écran si ce n’est pas davantage. À l’avant, on retrouve donc, à notre grand étonnement, un triple écran dont deux sont tactiles. Une petite dalle verticale de 5,3 pouces est encadrée par deux de 12,3, dont celle de droite est tactile, celle finalement qui se retrouve au centre de la planche de bord. Pour passer le temps lors des recharges, l’EV5 dispose d’un catalogue de plateformes de streaming disponible suffisamment large pour… ne jamais être d’accord sur quel programme regarder ! Ce qui serait dommage puisque, dans ses versions les plus complètes, le SUV comprend un mode Cinéma inclinant les sièges pour offrir un confort optimal le temps d’un film. Dans la vie de tous les jours, les rangements du tunnel central seront plus intéressantes, en tous cas bien davantage que les éclairages d’ambiance dynamiques et personnalisables… Le volant arbore un dessin original avec des branches sous les branches, sûrement utiles sur les longs trajets. Surtout, il y a un mélange de boutons physiques et à retour haptique, Kia ayant sûrement compris qu’il est intéressant d’avoir les deux !
L’EV5 vous l’assure, avec lui, vous pourrez profiter de la vie sans vous tracasser. La clé est désormais digitalisée, pouvant se retrouver sur plusieurs téléphones et il y a même une reconnaissance biométrique pour activer les réglages de chaque conducteur en un rien de temps ! Dans ce long véhicule de 4,61m peuvent s’asseoir jusqu’à 5 personnes et leurs bagages. À l’avant, le capot cache un espace de 44 litres quand le vrai coffre, à l’arrière, en avance 566 litres en configuration classique. En baissant la deuxième rangée, 1650 litres vous font front avec un plancher plat et une longueur de 2 mètres, idéale pour y loger des barnums pour participer à des évènements dans toute la France… à condition de savoir comment recharger une voiture électrique !


Rassurez-vous, cela n’a rien de sorcier. Il suffit d’appuyer sur un bouton, qui ouvre la trappe, d’attraper le cordon et de brancher. S’il s’agit d’une charge rapide, c’est encore plus facile que pour charger un téléphone car on n’a pas à chercher partout un câble, il est relié à la borne. Et c’est d’ailleurs là que l’EV5 étonne… Il parle d’un 10-80% en 30 minutes, d’une batterie de 81,4 kWh et d’une puissance de 218 chevaux. Soit… aucune donnée commune avec l’EV6 ! En effet, l’EV5 repose sur la plateforme e-GMP EV400 V, autrement dit une architecture à 400 V qui ne reçoit ici que du 150 kW en puissance de charge. L’EV6 en comparaison annonce 18 minutes pour le 10-80. Côté autonomie, l’EV5 revendique 530 km au mieux, en entrée de gamme, sinon c’est 505 avec les jantes en 19 pouces, les enceintes de marque, le mode Cinéma… Le tout pour la modique somme de 44 990 €.
En jetant un œil sur le site Kia, on s’aperçoit que c’est le même tarif que l’EV6 d’entrée de gamme (44 750 €). En revanche, cet EV6, d’une part commence à prendre de l’âge et n’a pas les mêmes équipements que le nouveau venu, et d’autre part embarque une batterie moindre, de 63 kWh proposant 428 km en cycle mixte. Pour prendre un équivalent, il faut donc prendre la batterie supérieure, 84 kWh, et dépasser les 580 km d’autonomie pour 48 500 €. Et si l’on prend l’EV5 à tarif équivalent, on obtient celui à la panoplie d’option la plus complète mais aussi à l’autonomie amoindrie… Alors, lequel paraît le plus judicieux ? Franchement… l’EV6 vieillit bien mais il prend de l’âge et c’est normal. La nouvelle garde n’est pas aussi affûtée que ce à quoi nous nous attendions, mais au moins son dessin est plus consensuel, et ça peut plaire aussi. Reste la différence pour les recharges, et à voir s’il est confortable…

