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HUMMER EV First Edition

L’électrique convient à tous les usages nous assure-t-on. De la citadine polyvalente à la limousine, toutes les carrosseries y passent. Alors, pourquoi pas le Hummer ?

Un nouvel HUMMER débarque en France. Passion Automobiles nous a invité à le regarder de plus près.

HUMMER EV - HUMMER H1

Le HUMMER n’est plus ce dinosaure automobile pensé pour un usage militaire à peine adapté à la route. Un petit tour dans un véritable H1 nous le confirme : le HUMMER a bien évolué, adoptant les us et coutumes de son temps et de son marché de prédilection. Autrement dit : pas le nôtre. Pour autant, certains sont friands, et ce modèle SUV veut convaincre sur le Vieux Continent. Le SUV ne souffre d’aucune modification pour arriver sur nos routes. Dès lors, il en impose… Face avant massive, large et haute qui dessine un angle d’attaque important. Un petit tour du côté de la fiche technique : près de 2,20 mètres de large hors rétroviseurs. Nul doute qu’il ne passera ni inaperçu ni partout dans notre belle contrée ! En continuant de tourner autour, comme un serpent s’enroule autour de sa proie, ce sont désormais ses proportions gargantuesques qui sautent aux yeux. Les pneus d’abord. Les jantes de 22 pouces paraissent bien petites ceinturées de pneus de 55 de flanc… Les trains avant et arrière reçoivent du 305mm de large, juste de quoi assurer un comportement routier digne, en toutes circonstances. Derrière les roues, en s’approchant un peu, on aperçoit les fameux amortisseurs : immenses. Tout paraît surdimensionné. Certes, je ne suis pas bien grand, mais le capot m’arrive tout de même aux épaules ! En s’approchant, des détails dignes d’un bon HUMMER sautent aux yeux. Le montant C arbore fièrement le drapeau américain dans le sens de la marche. Et une multitude de lettre H se retrouve dans la carrosserie de la voiture. Des phares avant à la signature lumineuse arrière (un H vertical) en passant par les roues ou encore le nombre d’écrous pour fixer lesdites jantes : le H est la huitième lettre de l’alphabet.

À l’inverse, si les dimensions semblent exagérées, la surface vitrée paraît, elle, réduite. De quoi craindre un sentiment de claustrophobie à l’intérieur…

Il n’en sera rien. Monter à bord. Jamais une voiture n’a mieux incarné cette notion. Les marchepieds ne sont pas là pour décorer. Ils servent vraiment, à l’instar des poignées sur le montant A, à grimper à bord du HUMMER. Et le voilà qui montre un nouveau visage. Les doutes sur la clarté intérieure s’estompent rapidement. Certes, le pare-brise n’est pas bien grand, mais les vitres sont, elles, de dimensions tout à fait correctes. Un coup d’œil dans le rétroviseur intérieur témoigne de la longueur extrême de la voiture… Par chance, le HUMMER passe par la case technologie embarquée, en témoigne ces immenses dalles numériques. Le conducteur a droit à son écran digital de 12,3 pouces affichant les données essentielles à la conduite – l’autonomie, la vitesse, la charge – et au franchissement – angles de roulis, de tangage, des roues, altimètre… Et le désormais classique écran central tactile de 13,4 pouces permettant de naviguer sur tous les menus et de personnaliser chacun d’eux. On y reviendra. Car l’habitacle du HUMMER réserve une surprise de taille : il se lave au jet.

HUMMER EV intérieur
HUMMER EV

Les matériaux ont été spécialement choisis pour cet usage précis. Bien utile quand on sait que le SUV a été pensé pour le franchissement, et qu’il est capable de franchir des rivières de 80 cm de profondeur, le tout sans toit ! En deux clips et trois mouvements, chaque panneau de toit peut être retiré pour transformer le SUV en « cabriolet » et avoir le plaisir de rouler presque cheveux au vent. À cela s’ajoute un bouton prévu pour l’occasion permettant d’ouvrir les quatre fenêtres – dépourvues de montants – et la lunette arrière. Les panneaux, au nombre de quatre, se rangent dans des étuis prévus à cet effet, puis dans le coffre avant, électrique. Cet espace a été prévu pour cet usage. À l’arrière, les charnières latérales ouvrent électriquement un coffre vaste de 1016 litres, promettant jusqu’à 2316 litres une fois la deuxième rangée rabattue. Des prises USB et 12 V sont à découvrir dans le coffre. Elles s’ajoutent à l’offre déjà pléthorique à l’avant. Dans le large tunnel central, parmi les innombrables rangements, certains offrent des ports USB, USB-C, allume cigare et une recharge à induction. À l’arrière, le tunnel central se termine par un affichage numérique, surplombant un port USB et un USB-C, permettant de jongler avec la température. Le HUMMER EV dispose d’une climatisation trizone, tout le monde y trouvera son compte ! Sauf peut-être le passager central arrière, le seul à ne pas bénéficier de siège chauffant. Un détail.

Retour à l’avant, pour un apprentissage rapide des différents modes de conduite prodigué par Maxime, stagiaire chez Passion Automobiles. Sur la console centrale, un bouton circulaire permet de jongler avec les modes de conduite, de régler la hauteur de la voiture, de désactiver les roues arrière directrices ou d’activer la fonction Crab Walk. Ce programme oriente les quatre roues directrices dans le même sens pour circuler… en diagonale. Un équipement unique sur le marché, permis par la direction intégrale qui permet au HUMMER de 3,2 mètres d’empattement de descendre son rayon de braquage à 10,8 m… inférieur à celui d’un Renault Captur ! Revenons en Amérique et aux modes de conduite. Tous les types de revêtement sont pensés, et chacun s’accompagne d’une animation du HUMMER EV roulant sur la Lune. Comme si ses aptitudes en tout-terrain venaient d’une autre planète ! Il faut dire qu’il a tout pour réussir à aller crapahuter là où le bitume disparaît.

HUMMER EV coffre ouvert
HUMMER EV Coffre

Il mélange l’ancien et le nouveau monde, les solutions qui fonctionnent depuis longtemps et celles qui, il l’espère, deviendront de futurs classiques. L’angle d’attaque de 49,6° tient plus du buggy que du SUV. Le plus faible angle de sortie atteint 45,6° pour un angle ventral de 34,4°. Suffisant pour en faire un bon compagnon de tout-terrain. Mais de nos jours, sans la technologie… Alors, ceint de plusieurs radars et caméras, le HUMMER EV surveille le moindre faits et gestes, la moindre avancée, l’angle de chaque roue et transmet toutes ces informations sur l’écran central. D’un simple appui, le conducteur peut choisir quelle caméra afficher : les roues, le pare-choc avant, arrière… Mais de nos jours, impossible de commercialiser un tel véhicule sans penser à être vertueux. Voilà pourquoi le HUMMER EV n’est proposé qu’en électrique. Ici, dans cette Edition 1 disponible chez Passion Automobile, la batterie transmet jusqu’à 830 chevaux aux quatre roues. Quant au couple, GMC l’estime aux alentours de 11.500 Nm. Amplement suffisant pour sortir des sentiers battus ! L’autonomie est estimée à 500 km, une belle promesse qui explique la large batterie Ultium nécessaire à la rigidité de la voiture. Cette dernière pèse déjà 1300 kg.

Que donne-t-il sur la route ? Une petite boucle en passager nous a permis d’admettre nos erreurs. Malgré son imposante surface frontale, les bruits d’air sont réduits à néant. Assis très haut, l’impression de dominer la route se ressent fortement. Et malgré ses dimensions, le HUMMER arrive à rouler sans encombres sur les quelques bouts d’asphalte autour du garage Passion Automobile. En conduite classique, le SUV ne souffre pas de mouvements parasites trop importants. L’absence de roulis impressionne. Une ligne droite sans personne en face est l’occasion de mettre en exergue les dires de GMC. La pédale de droite se retrouve sur le plancher, la voiture se cabre et nous avec. De quoi remercier l’inventeur de l’appuie-tête sans qui le coup du lapin nous aurait, à tous, été fatal !

HUMMER EV Intérieur
HUMMER EV

Certes loin d’être le véhicule de mes rêves, je quitte ce HUMMER avec un bon souvenir de lui. S’il n’est pas ma tasse de thé, il faut avouer que le résultat impressionne pour son homogénéité, sa conception qui tient la route. Un détail important : l’écran central est très réactif et rapide. Et ce n’est pas le cas de tous.

Merci à Passion Automobiles pour cette opportunité et à Maxime pour sa disponibilité.

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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