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Arrivés tôt (de bonne heure), nous l’avouons, nous ne pensions pas que la journée allait se dérouler sous ces excellentes hospices. Une association toute jeune portée par… des jeunes. Oui, je n’ai que 21 printemps, mais ces minots en ont un de moins, au moins. Alors, ce sont des petits jeunes. Mais qui se sont débrouillés comme des chefs. Organisé dans la cour d’un château du 18ème siècle aux murs peuplés de losange, c’est pourtant avec une Peugeot que nous arrivons sur place. Nous y présentions les Tyredox et notre nouveau magazine, et finalement l’âme de notre entité : la passion automobile. Puis, nous sommes revenus avec deux voitures de TMP Cars, une Dodge Challenger (conduite par notre photographe) et une BMW Série 7 E38 ayant appartenue à la famille Vuitton… désormais entre mes mains. La vingtaine de kilomètres nous séparant du château est avalé en un rien de temps et dans un confort absolu des sièges mais un stress tout aussi important pour moi car, derrière le volant, je dois faire attention aux jantes qui coûtent plus chères que ma propre voiture. Gloups.
Arrivé entier (c’est déjà ça !), peu avant l’ouverture au public, nous découvrons peu à peu l’environnement. La BMW Série 7 participera au concours d’élégance en début d’après-midi, contre 5 rivales. Parmi elles, une Porsche 991.1 GT3 RS au son cristallin… On a beau dire, le flat-6 chante. Et même plus et mieux que « mon » V12 à la sonorité, il est vrai, étouffée. Malgré tout, la BMW attire les regards. Sa peinture Individual, son intérieur quasi invisible à cause des vitres teintées, et son badge arrière : 750 iL. Quelque chose se cache sous ce capot, c’est inévitable ! Et dès que ce dernier s’ouvre, le moteur agit comme un aimant pour les passionnés déjà présents. Even Auto a réussit à séduire plusieurs professionnels sarthois et venant de plus loin pour cette première édition : DPH, Nache Automobiles, Jaguar Land Rover Nantes… tous animés par la même passion : l’automobile. Car tous autant que nous étions, malgré nos différences, une chose nous rassemblait, l’univers à 4 roues. Pas l’once d’une Tesla, pas d’électrique sur l’événement ni dans les discussions. Cela fait un bien fou !

En traversant la route, non pas pour trouver un boulot, je vois enfin pour la première fois les dessins d’un ancien camarade d’école… Sur des formats A4 prennent vie des sportives récentes (F12 tdf, BMW M3 G80 en pleine dérive…) ou d’iconiques coupés (Nissan GT-R R34) ou même des hommages à des personnalités connues du monde automobile (Bullitt et McQueen, Gordon Murray et ses œuvres). Le tout en dessin. Déjà que, sur Instagram (@car.drawings_2), le rendu est exceptionnel, la réalité dépasse la fiction. Les reflets sur la fibre de carbone habillant la Pagani Zonda R sont bel et bien visibles, tout comme le tressage-même de la fibre… Dans le rétroviseur intérieur de la M3, on distingue même le visage du conducteur, concentré sur sa dérive… Ces tableaux me ramènent quelques années auparavant durant lesquelles je me sentais heureux… quand on reconnaissait la voiture que j’avais dessinée. Mais voilà, il y met plus de temps (je me cherche des excuses) « entre 30 et 40h, mais je ne regarde pas vraiment » et/ou plus de cœur (c’est décidément moi le problème).
Passé ce moment de désillusion pour ma part et de profonde reconnaissance envers lui, les premiers échanges commencent… sur les premières voitures qui entrent. Avant que son regard ne se fixe à suivre le coupé qui arrive. Comment peut-il en être autrement, une Honda Integra Type R, d’une blancheur immaculée… Elle pourrait se confondre avec les pierres du Vatican. D’autres voitures arrivent également pour le défilé du concours d’élégance. Et les chances de la 750 s’amenuisent… pas tant que ça. Car son histoire est unique. Même si celle de la M4 qui pointe le bout de son nez… et particulière elle aussi. Une M4 G82 à boîte manuelle (indisponible en France) à l’intérieur Hermès apparemment unique au monde… La dernière Jaguar F-Type R575 immatriculée en France concourt aussi au défilé, aux côtés d’une Audi R8 d’un jaune étonnant. Mais le défilé doit attendre 14h30 pour débuter. Pour l’heure, il est temps de discuter avec nos voisins…
Présent avec une Audi R8 V10 Spyder et une Alpine A110 S Kit aero, Nache Automobiles attire l’œil… et pas les mains. En ne touchant qu’avec les yeux, on se délecte des courbes de la française, de sa ligne de sylphide, et on débat autour de ses jantes avec le community manager du garage, Vittorio (@des_rencontres_mecaniques) « les Serac 18 pouces lui iraient mieux, là il manque quelque chose ». Pour une fois, nous tombons d’accord ! Ce n’est pourtant pas chose aisée, croyez moi… Évidemment, quand il s’agit, ensuite, de démarrer les moteurs, l’A110 ne remporte que peu de suffrages. Le V10 de l’Audi fait se dresser les oreilles de tous les amateurs environnants. En tous cas, bien plus que la Dodge Challenger noir mat avec quelques reflets verts dûs au pollen accroché à la carrosserie. Son V8 ne joue pas très fort, pour une fois, mais son agressivité, sa bestialité, attire de nombreux curieux. Encore plus quand on arrive (après quelques efforts) à ouvrir le capot moteur !

Son moteur, la R8 ne le montre pas beaucoup. Elle est discrète. Trop peut-être. Et confortable d’après nos voisins, ces derniers ayant parcouru 700 km à son bord pour aller la chercher. Quel dur labeur ! Les débats fusent, aux prix auxquelles sont affichées ces voitures, les prendrais-je ? L’A110 S tutoie les 90.000 € dans cette configuration. Au moins, elle est disponible tout de suite. Pour 35.000 € de plus, la R8 est à vous. Ça fait réfléchir, et ça fait débattre. Car autour, près de 150 voitures se relaient en exposition. L’Integra a disparu, mais une Ferrari 512 TR lui tient la dragée haute. Beaucoup d’Américaines (Corvette, Mustang, même une Pontiac Solstice !), quelques Alpine A110, d’inévitables Porsche 911… Des Youngtimers aux Muscle Car, du turbo ou de l’atmo, des débats mais pas débordements. Juste à côté de nous, une M3 E92 se gare. Notre photographe devient comme fou : une boîte manuelle !
Il est 14h30, le concours d’élégance devrait débuter. Bingo. Là encore, aucun couac. Défilent ensemble mannequins et voitures. Dans mon salon roulant, le soleil radieux ne frappe absolument pas ma peau, contrairement à la porteuse de la robe marchant aux côtés de ma berline silencieuse. Sans le moindre effort, la Série 7 entre en mouvement… « Vas pas trop vite hein » me demande le mannequin. Pas de soucis ! À l’appel, je contourne le château, attendant mon tour. L’occasion pour quelques amis de me voir pour la première fois ce jour-là et de venir perturber mon calme olympien. Tout ce raffut qu’il fait… Quelques mouvements de mains, et me voici devant le public qui n’a d’yeux non pas pour moi mais pour la voiture et le mannequin. Voilà ce que ça fait de vivre dans l’ombre…
Et la journée se poursuit au même rythme qu’elle a débuté. Des questions sur les Tyredox, sur nos parcours, des rencontres, professionnelles, personnelles, et toujours avec courtoisie. Les visiteurs continuent d’arpenter les parkings, et les voitures d’arriver. Le château de Resteau, ou plutôt sa cour, ne désemplit pas. Le staff a pris des couleurs (l’un d’eux était cramoisi…) mais il faut bien sacrifier des jeunes pour que l’événement se passe bien, non ? Ah… oups. La journée se termine, le parking se vide, il est venu le temps de plier bagage. Pablo vient aux nouvelles « ça s’est bien passé ? » On lui a dit, on le dit encore et on le redira à nouveau s’il a besoin, bravo Pablo et bravo Even Auto. Sans l’équipe entière, vous n’en seriez pas arrivés là. Mais l’idée de Pablo était bonne, excellente même, et son management a permis à cet événement de briller et de nous montrer toutes vos capacités. Vous pouvez être fiers de vous tous. Et pourrez compter sur nous pour la prochaine édition.

