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BMW Z4 G29

Dépêchez vous ! Il n’y en aura pas pour tout le monde ! L’un des derniers roadsters du marché, le flamboyant BMW Z4 tirera sa révérence en mars prochain à l’issue de sa bien mais tristement nommée Final Edition…

BMW Z4 Final Edition

Quel intérêt d’avoir un roadster si ce n’est pas pour le sortir à la lumière ? Pourquoi le laisser à l’ombre dans un garage ou à l’ombre… dans sa gamme. Essayez de vous souvenir d’une éventuelle actualité pensée par BMW pour promouvoir le Z4. Alors ? Nada. Rien. Alors que les M4 sortent régulièrement sur la piste, faisant parfois tomber des chronos, les faisant se dandiner l’arrière-train sur les circuits les plus larges, recevant des itérations parfois radicales (CSL) au moins plus rapides (CS), le Z4 est arrivé avec ses trois moteurs dès son lancement… et c’est tout. Enfin, presque. Retraçons un peu son histoire vécue dans l’ombre…

Le Z4 n’est pas qu’un pur produit BMW, il a été conçu conjointement avec Toyota qui a pondu, de son côté, la Supra MkV dont nous avions pris le volant il y a deux ans – déjà… Le Z4 succédait au Z4 deuxième du nom. Sa proposition reste la même depuis le début de la lignée des Z : un modèle à part dans la gamme. Un roadster qui n’emprunte rien ou presque à personne, une ligne du tonnerre, et surtout un plaisir de conduite incomparable. Pour préfigurer son nouveau style, le Z4 a d’abord été présenté sous forme d’un concept – très – proche du modèle de série à la Villa d’Este en 2017. On pouvait déjà apprécier ses proportions, son élégante calandre horizontale au travail interne délicat, sa musculature saillante ou encore ses doubles optiques verticaux… 

BMW Z4 Concept
BMW Z4 M40i

Un régal pour les yeux qui, un peu plus d’un an après, arrivait à Pebble Beach pour être présenté en grandes pompes. Un roadster, sous le soleil de Californie, c’est royal ! Sans doute n’est-il pas assez cher pour la clientèle de cet État ! Le troisième millésime du Z4 était donc là, incroyablement proche du concept pour notre plus grand plaisir. Certes, il n’a pas tout à fait les mêmes facéties esthétiques, il n’a pas ce becquet arrière ou ses ailes arrière exagérées. Mais il est beau, il est là, et ça nous comble de joie. Il s’allonge, s’élargit et se grandit légèrement par rapport au véhicule sortant. Ses voies en profitent pour se gonfler aussi, à l’inverse de l’empattement, réduit de 26mm. Rien de bien extravagant. Principale différence, le retour à la capote en toile, la capote « en dur » étant passée de mode. Un gain de poids appréciable tant d’un point de vue de la gravité qu’esthétique !

J’ai rarement vu d’aussi grandes portes… pour entrer dans un habitacle ne comptant que deux places. Mais elles sont belles et plutôt légères, et la poignée tombe bien sous la main. Le Z4 date de cet entre-deux ères assez difficile à vivre : les écrans sont grands mais dès l’année suivante, le reste de la gamme va recevoir la prochaine génération de l’infodivertissement BMW, et les rides vont se tirer dans le roadster. Enfin, d’un certain point de vue. Car aucun autre véhicule de la gamme bavaroise ne propose une telle osmose. L’ergonomie est excellente. La direction est électrique, mais bien calibrée. Et surtout : quel plaisir de devoir se laisser tomber dans une voiture et pas à avoir à monter sur un siège ! Tout tombe sous la main, aussi bien que nous tombons dans la voiture.

BMW Z4 M40i
BMW Z4 M40i

Si je dis ça, c’est que j’ai pu l’expérimenter, par deux fois. L’une en passager, l’autre en conducteur pour un exercice très court : un atelier de drift ! Pour la première fois en dehors des jeux vidéos, j’ai fait dérapé une voiture (volontairement). Et… la première partie s’est bien passée, pas la deuxième. Disons que le tête à queue est arrivé assez brusquement, mais juste avant tout se passait bien. Le cerveau doit en permanence jongler entre le pied et les mains pour guider l’accélérateur ou le volant, savoir jauger qui doit prendre plus d’importance… Difficile à expliquer et intense à vivre, je peux vous l’assurer ! À ce moment-là, le Z4 m’a lancé une flèche, et je me suis dit qu’il ne fallait plus grand-chose pour que j’en tombe pleinement amoureux. Vint l’essai de la Supra, qui m’a laissé non pas un goût d’inachevé, mais plutôt un sentiment de « reviens-y ». Il me manquait quelque chose, peut-être des sensations… Et comme les roadsters sont les rois des sensations, il me faudrait essayer ce Z4 plus longtemps pour en être persuadé mais je le crains… mon cœur lui appartient.

Pour ma défense, sous son capot, il peut avoir un six cylindres. Le fameux B58, de trois litres de cylindrée gavé par une paire de turbos, développe ici 340 chevaux et 500 Nm de couple. Excusez du peu ! Son seul hic : il impose la boîte automatique. Rien de bien grave, elle est parfaite pour ce qu’elle est. Évidemment, cette version M40i toise la gamme. En-dessous, il existe le sDrive20i et 30i, les deux disposant du 4 cylindres maison de respectivement 197 et 258 chevaux. Boîte automatique imposée aussi. Qu’importe la motorisation, l’équilibre est parfait, 50:50. Un poids maintenu aux alentours des 1500 kg, une puissance largement suffisante et une philosophie BMW, vous comprenez aisément pourquoi je suis tombé sous son charme…

BMW Z4 M40i
BMW Z4 Pura Impulse

En 2022, elle connut un restylage. L’esthétique ne change que peu, la calandre s’inspire plus du concept, une nouvelle taille de jantes (19 pouces) vient s’ajouter aux 17 et 18. L’intérieur dissociait les deux écrans, désormais les deux sont reliés. La motorisation 20i a droit à une boîte mécanique et la 30i dispose de série de la suspension M Sport. Rien de bien transcendant, mais c’est toujours ça ! Il faut attendre le mois de janvier 2024 pour avoir enfin une actualité digne de ce nom : la Pure Impulse. Que cache ce nom barbare ? Une couleur spécifique pour l’Europe, le Frozen Deep Green Metallic, et une autre pour les Etats-Unis, SanRemo Green, des jantes de 19 pouces à l’avant et 20 à l’arrière… quoi d’autre ? Le mariage tant attendu de la boîte manuelle et du 6 cylindres de la M40i ! Ah… Malheureusement, la France n’y a pas eu droit.

Nous avons en revanche l’opportunité d’acquérir les derniers exemplaires du roadster dans sa Final Edition. Côté exclusivité, il y a la teinte, Frozen Black et les surpiqûres intérieures rouges. Les trois motorisations y ont droit. Et après ? Le Z4 tirera sa révérence. Il ne semble pas être question d’un remplaçant. Du moins, à court terme. Pas de mulet sur les routes ni de concept alléchant. Les roadsters n’ont plus le vent en poupe, pour notre plus grand malheur. Il permettait, quoiqu’on en dise, d’apprécier la conduite d’un roadster : un réglage dynamique, un moteur plaisant (même en 4 cylindres) et un look… C’est la fin, et nous essuyons discrètement une larme de tristesse pour potentiellement le début de la fin d’une ère…

BMW Z4 Final Edition

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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