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Si l’électrique a bien évolué depuis ses débuts pour le grand public dans les années 2010, une autre technologie s’est considérablement amélioré : l’hydrogène. L’élément le plus léger sur Terre peut servir de carburant à une voiture, encore faut-il savoir le manier, le mettre sous haute pression (700 bars), le transformer en carburant. Comme pour la technologie électrique classique, celle-ci pollue à sa conception, mais l’utilisation bien moins qu’une voiture thermique puisque son échappement ne rejette… que de l’eau. Dans les premiers temps, on ne réussissait à utiliser la technologie hydrogène qu’avec une pile à combustible servant de générateur en quelques sortes à une batterie électrique, comme une hybride série classique (un générateur qui transforme l’énergie thermique en énergie électrique pour une batterie puis un moteur). Mais depuis peu, des ingénieurs ont réussi à conjuguer nos chers blocs à cylindres avec le carburant hydrogène : le meilleur des deux mondes. Car, en plus d’être plutôt vertueuse, l’hydrogène a ceci d’intéressant : son plein ne demande pas beaucoup plus de temps que celui d’une thermique !
Et c’est ainsi que les ingénieurs d’Alpine, jamais à court d’imagination, ont pensé un moteur 4 cylindres pouvant rouler à l’hydrogène et l’ont intégré à une sublime robe : celle de l’Alpenglow. Elle semble fendre l’air… De sa partie avant à son aileron arrière, l’Alpenglow s’étend sur plus de 5 mètres. 5 mètres de carrosserie en fibre de carbone destinés à la performance. Il faut aussi souligner sa largeur exacerbée proche des 2 mètres et sa très faible hauteur tout juste d’un mètre pour se rendre bien compte de la seule quête de l’Alpenglow : la performance. Plusieurs éléments donnent une impression de vitesse à la voiture, à l’instar des optiques conceptuels prenant la forme d’innombrables triangles, nombreux et proches près du capot et s’espaçant et se raréfiant lors de la montée vers l’arche de roue avant. Le repère rouge courant du semblant de capot jusqu’au cockpit inspiré de la F1 contribue à l’impression de symbiose entre l’intérieur et l’extérieur du proto.


Entre la Hy4 et la Hy6, les changements semblent peu nombreux, en tous cas pour un œil non ingénieur comme le mien. L’aileron arrière est placée bien plus haut et une partie verticale aidant la stabilité à haute vitesse fait son apparition sur la nouvelle itération. Sinon… pas grand chose. L’important se cache en position centrale-arrière, la Hy6 inaugurant en effet un nouveau bloc, un V6 3.5 biturbo ouvert à 100°, plutôt innovant. 2 cylindres en plus, c’est bien plus de puissance. Et pour cause, on parle de 740 chevaux contre 340 dans la première ! 740 chevaux pour un prototype qui fend l’air comme celui-ci, ça promet ! D’autant que, moteur à cylindres oblige, il y a des régimes de rotation, et celui-ci n’atteint son rupteur qu’à 9.000 tours/minute. Si le son ne sera évidemment pas celui d’un vrai bloc à essence, il sera bien plus appréciable que le sifflement d’un moteur à aimants permanents…
En plus d’être un exercice de style réussi, ce prototype roulant démontre que, si en Formule 1, Alpine n’est pas numéro 1, en hydrogène elle n’est pas dernière. Bien au contraire même puisqu’elle suit de près la réglementation que veut instaurer la FIA et l’ACO à l’horizon 2028 pour le championnat d’Endurance. Affaire à suivre, donc.

