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Les Britanniques vivent sur une autre planète automobile. D’un côté, il y a Rolls-Royce et Bentley, naviguant dans l’ultra-luxe, en quête perpétuelle de l’innovation qui déconnectera les occupants du monde extérieur, comme une cure thermale mais sur quatre roues. Il y a Aston Martin et McLaren, deux marques qui proposent deux visions de la sportivité, l’une avec élégance l’autre avec radicalité. Lotus et Jaguar s’orientent vers un futur sans aucun bruit. Et puis, il y a les artisans pour qui le temps passe sans emprise. Caterham continue d’assembler sa Seven sans aucune once d’hybridation ou d’aides à la conduite. Morgan tend vers un peu de modernité… mais pas trop. Et puis, il y a AC. AC Cars fabrique une seule et même voiture qu’elle renouvelle plus ou moins régulièrement depuis 1953, la fameuse AC Ace. Depuis qu’elle a eu droit à son V8 Ford, elle s’appelle AC Cobra. L’année dernière, une nouvelle génération a été présentée, l’AC Cobra GT Roadster.
Le joli cabriolet a fait le déplacement vers les terres sarthoises lors de la dernière édition du Mans Classic où nous avons pu le découvrir aux côtés d’une AC Ace originale. De quoi mettre en lumière les évolutions notables des quelques décennies qui séparent ces deux modèles. Celle du XXème siècle est frêle et mignonne. La contemporaine est plantureuse, large, longue, haute, et un peu trop technologique à mon goût… Je l’avoue, je ne fais toujours pas aux optiques à led.
Mais le roadster ne nous intéresse pas ici. Non, il nous faut nous pencher sur LA nouveauté, l’arrivée d’une version coupé ! Souvent, c’est l’inverse. Les marques présentent le coupé et quelques mois/années plus tard, le roadster arrive. Mais cela revient à oublier que les Britanniques sont des gens à part. Il faut remonter loin pour retrouver la trace d’un coupé AC. Il y en a eu, mais pas beaucoup. La solution de facilité reviendrait à dire qu’en ajoutant un hard-top, le roadster devient un coupé. Mais non. Il y a mieux. En 1954, quand la Cobra s’appelait encore Ace (autrement dit, elle utilisait encore le 6 en ligne et pas le V8) un coupé est apparu portant le nom Aceca. En 1964, un coupé a été élaboré pour participer aux 24 Heures du Mans, l’A98. Une ligne splendide mais qui doit se contenter d’une course de figuration. Quant aux coupés Daytona, ils sont l’œuvre de Shelby, pas d’AC Cars. Et puis, il y a quelques coupés, les AC 378 GT Zagato de 2012, d’une rareté absolue. En d’autres termes, les coupés AC Cobra ne courent pas les rues. À moins que…


Bingo ! AC Cars nous présente donc l’AC Cobra GT Coupé à la ligne étonnamment très proche du roadster, à la différence de la partie supérieure et de l’arrière. À la manière de la Cobra Daytona, la silhouette s’évanouit entre les hanches et se termine par un bec de canard presque vertical… Sans ses grosses jantes et ses optiques à led (oui, je persiste), nous aurions du mal à dater la voiture tant les lignes paraissent intemporelles, immuables. Le profil est tout simplement parfait, perpétuant l’héritage des portières étroites au possible. L’habitabilité ? À d’autres ! Comme la Cobra GT Roadster, le châssis emploie l’aluminium et la carrosserie préfère la fibre de carbone. Les dimensions demeurent elles aussi, exception faite de la hauteur, un brin supérieure sur le coupé, qui doit sûrement composer aussi avec une meilleure efficience aérodynamique avec cette poupe arrondie.
Les prises d’air avant ne font pas dans la dentelle. Derrière la calandre, une grosse hélice tourne pour refroidir le monstre derrière. Enfin, le… plutôt les. Trois puissances sont disponibles, et aucune ne manque de saveur à première vue. La contre 325.000 £, la GT Coupé « classique » offre 456 chevaux issus d’un V8 atmosphérique. Suffisant, mais peut mieux faire. AC a conclu cela aussi, et propose la GT S Coupé. Elle ajoute un compresseur volumétrique au V8 qui fait grimper la puissance loin… à 730 chevaux. Là, ça commence à effrayer un peu… Finalement, c’était une bonne idée ces grosses roues ! D’autant que la boîte mécanique est de mise… Et ce n’est pas fini, car pour célébrer au mieux cette arrivée, une Clubsport Edition monte le curseur encore plus haut pour 99 unités. Grâce à son V8 à la configuration exclusive, elle atteint la bagatelle de 810 chevaux. Gloups. La répartition des masses visée est égalitaire, 50:50, et le poids envisage les 1450 kg à vide.

Une ligne à couper le souffle, des moteurs thermiques purs et durs, une boîte manuelle… On atteint une sorte de Nirvana ici. De plus, AC parle d’une voiture conçue pour la route et prête pour la piste. La définition-même du plaisir automobile. Il reste deux questions. La première, à choisir : coupé ou roadster ? Et la seconde, existe-t-il encore une clientèle pour ce genre de voitures, et celle-ci verra-t-elle vraiment le jour ?

Une réponse sur « AC Cobra GT Coupé »
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