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Reportage

À la découverte de BYD

Il n’était pas prévu que nous essayons des BYD. Mais l’imprévu rend les expériences encore plus intenses, non ? Alors, à travers 3 modèles, nous allons découvrir l’ADN de BYD.

BYD

C’est une marque encore jeune à l’échelle de l’automobile, et bien plus sur notre marché. En France, ou plutôt en Europe, BYD n’a commencé à attirer l’attention qu’en 2008 lors de sa participation au Salon de Genève, à l’époque où celui-ci existait encore… Sur son stand, de nombreuses voitures au design peu inspiré sont présentées. Derrière, un modèle prêt pour prendre la route est présenté, elle s’appelle F3 DM (Dual Motor). Il s’agit de la première hybride rechargeable de série ! Une chose étonnante, quand on sait que BYD n’est devenu constructeur qu’en 2003, mais logique quand on sait que la société fabrique des batteries et autres puces électroniques pour le secteur de l’automobile depuis 1995. Avec sa berline, BYD devance ainsi Chevrolet, Toyota ou encore Renault dans la course à l’hybridation. Si BYD est bien le premier constructeur à commercialiser une telle technologie, les ventes de ce véhicule sont maigres… Chevrolet, avec sa Volt, peinera aussi à partir de 2010-11. Sûrement l’époque qui voulait ça…

Pas de quoi refroidir BYD qui croit en son avenir, d’où son nom. BYD sont les initiales de Build Your Dreams, fabriquez vos rêves. Le leur est devenu réalité ces dernières années. Avec l’ouverture de l’Europe aux véhicules chinois, les ventes de la marque ont explosé, faisant de BYD l’un des constructeurs les plus en vogue du moment. Le rythme de gestation de ses modèles est assez rapide. À peine décident-ils d’intégrer un marché que la voiture est pensée puis commercialisée dans la foulée. En arrivant de notre côté du Vieux Continent, BYD a pris soin de soigner sa présentation et ses carrosseries. La gamme se scinde en deux philosophies de design, celle s’inspirant de l’univers aquatique regroupant la Dolphin ou la Seal, et l’autre l’univers mystique des dragons avec les Atto. Ces différences se perçoivent surtout à l’avant avec des calandres bien distinctives. Nous avons pu faire un tour dans trois de leurs modèles.

BYD Seal intérieur
BYD Seal

D’abord, la Seal. Cette longue berline est électrique, évidemment. Elle s’intègre dans la philosophie marine, une appartenance qui se perçoit au niveau des lignes douces du profil, des ouïes sur la partie inférieure du profil. De nombreux clins d’œil à cet univers aquatique sautent aux yeux quand on s’approche de la voiture et qu’on nous les montre, aussi. En entrant dans la voiture, ce qui frappe en premier est l’impression d’espace. On ne se sent absolument pas engoncé. Il ne faut pas avoir le mal de mer car ce fil rouge continue à bord sur le dessin de la planche de bord en forme de vagues. Certains proches trouvaient la qualité des matériaux pas forcément excellente. On ne s’en est pas plaint directement. Toutes les technologies nécessaires à la vie quotidienne à bord d’un « daily » automobile sont présentes, de la recharge à induction aux grands espaces de rangement.

Il n’y a que peu de boutons sur le tunnel central, tous regroupés autour du sélecteur de vitesse en imitation cristal. Ça me fait penser à la Série 8, mais en électrique ici. On emmène le sélecteur vers l’arrière, et la marche avant est enclenchée. Le silence impressionne. Les premiers tours de roues laissent perplexe, il faut que je me familiarise avec la taille de cet engin sur des routes où, avec ma frêle Clio, je roule déjà bien à droite quand je croise une voiture. Finalement, ça passe tout seul. La Seal se fraye un chemin partout où elle le veut. L’insertion sur la rocade ne s’appréhende pas, on accélère, c’est tout. Pas difficile. Sur une route de campagne, en testant les freins, je me retrouve à remercier l’existence de la ceinture de sécurité. La direction ne semble pas avoir de quelconque liaison mécanique, mais pour une voiture de ce type ce n’est pas une tare. On ne cherche pas le grand frisson, mais le grand confort, le grand calme et les accélérations dantesques. On est même assez surpris de l’accélération fulgurante de la voiture qui, dans sa motorisation quatre roues motrices, peut effacer le 0 à 100 km/h en moins de 4 secondes !

BYD intérieur
BYD Seal U

Retour au bercail, ou au parking, pour prendre désormais le volant d’un SUV. Enfin, plutôt profiter des places arrière et me laisser conduire par mon photographe. La Seal U partage de nombreux points communs avec la Seal. Outre son nom, elle reprend la batterie de 82,5 kWh, sa philosophie stylistique mais aussi quelques aspects de son habitacle. À bord, le grand écran fait toujours son petit effet. Cette immense dalle numérique de 15,6 pouces posée à l’horizontale – ça rappelle l’identité Tesla – peut pivoter et s’orienter à la verticale. Une position intéressante pour qui ne sait pas où il va… Un gadget, on en conviendra. Dans le Seal U, les mouvements de caisse sont plus prononcés, hauteur de caisse oblige, mais le confort semble bel et bien de mise. À l’avant comme à l’arrière, les occupants peuvent charger leurs appareils numériques sans problème. Et le coffre dispose d’un espace suffisant pour partir en vacances.

Obligation horaire oblige, le dernier essai sera bien plus court. Nous allons nous intéresser à la Dolphin, cette pseudo citadine électrique – vous l’aurez compris – disponible à partir de 33.990 € capable de parcourir jusqu’à 427 km en une charge. On baisse en standing en termes de look, où l’apparence est moins soignée mais multiplie les clins d’œil à l’univers aquatique. À bord, la Dolphin perpétue cette philosophie en intégrant un bandeau de vagues, encore, qui court sur toute la largeur de la voiture comprenant, aux extrémités, les aérateurs. Au centre, un espace pour téléphone en hauteur et un autre plus bas avec deux ports USB-C. Les rondeurs font penser aux vagues, encore une fois. L’importante surface vitrée, notamment celle entre le pare-brise et les fenêtres, fait presque penser à un monospace. C’est sans prendre en compte son gabarit de citadine ou presque, plutôt style taille de guêpe. L’écran rotatif est reconduit aussi dans la plus petite de la gamme, mais sa taille diminue légèrement. À la conduite, la Dolphin ne provoque pas le coup de cœur, c’est sûr. Comme ses sœurs, elle ne séduit pas le cœur mais la raison. Le porte-feuille. Le rapport prix/prestations est quasi imbattable.

BYD Dolphin

Un important défaut reste en revanche dans toute la gamme : les aides à la conduite. Dès qu’on dépasse la vitesse ne serait-ce que d’un simple km/h, la voiture émet des bruits nous intimant l’ordre de lever le pied. Si on ne le fait pas, la voiture re-crie. Plus fort à chaque fois. C’est barbant et impossible à déconnecter. Rien que pour cela je ne pourrais pas acheter de BYD. Mais suis-je vraiment la clientèle ? 

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

2 réponses sur « À la découverte de BYD »

[…] et on ne ressent aucun plaisir à conduire de telles autos. Qu’elles s’appellent XPENG, BYD ou encore MG, toutes ces marques sont détenues par des capitaux chinois. À priori, il n’y a […]

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