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Zenos E10 RZ

Le constructeur anglais Zenos ne nous a plus donné beaucoup de nouvelles pendant plusieurs années avant de revenir de plus belle fin septembre. Avec des surprises ?

BAC Mono

Zenos fait partie de cette ribambelle de constructeurs, ou devrais-je écrire artisans, dont le leitmotiv rejoint la maxime de la Lotus Seven : faire peu puissant mais faire plaisant et rapide. Elle suit aussi le mouvement des track days, une mode selon laquelle les propriétaires de voitures de sport vont sur circuit avec leur voiture et le quitte au volant d’elle aussi. Au Royaume-Uni, il y en a beaucoup de ces petits constructeurs qui rappellent les premières heures de l’automobile. On ne peut pas ne pas citer Catheram et son inépuisable Seven, mais aussi Ariel et son Atom, BAC et sa Mono. Fut un temps il y eut Elemental et sa RP-1 devenue Apex. Ou encore dans un registre plus puissant la Donkervoort. En France, nous pouvons être fier de la Devalliet. La liste peut s’allonger avec Westfield notamment.

Globalement, tous ces artisans produisent des voitures franchement pas abordables, ni polyvalentes, parfois solitaires, tantôt dangereuses. Les bénéfices sont faibles car les ventes ne sont pas très nombreuses. Autrement dit, pour gagner de l’argent et espérer perdurer longtemps dans un secteur, mieux vaut s’écarter de ce marché.

Mais Zenos ignore ce conseil et revient à la charge. Le prototype initial a été présenté au grand public en 2013, près de 10 ans après le début du projet d’où son nom. L’aventure de la production ne durera pas autant : les réseaux sociaux stoppent toute communication à partir de 2017… De notre côté de la Manche, les Zenos sont rares. Pourtant, la fiche technique est plutôt alléchante. Pendant sa première vie, elle offrait contre une jolie somme de 50 000 € environ un design plus actuel que celui de la Seven recouvrant un châssis en aluminium recouvert d’une carrosserie utilisant le même matériau, contrairement à une Atom, et son habitacle comptait deux assises, soit le double de la Mono. Sur le papier, elle cumule les bonnes idées !

Zenos E10
Zenos E10

Sous le capot arrière, un 4 cylindres Ford affichait environ 250 chevaux, une puissance tout à fait respectable eut égard de son poids inférieur à 800 kg. Cependant, en face, une Caterham revendique 300 kg de moins pour la même puissance. Elle lui oppose une répartition des masses différente puisque le 4 pattes est installé en position central-arrière. L’habitacle est évidemment spartiate, on ne s’attend pas à retrouver le confort d’une Rolls-Royce à bord. Mais en 2017, l’affaire est réduite au silence… Pour tout vous dire, on l’avait un peu oubliée la Zenos… Jusqu’à cette fin de septembre où ce nom revient d’entre les ténèbres.

Et… non, pas de nouveau modèle. Enfin, si, en profondeur. La voiture se nomme E10 RZ. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à son aînée de la décennie précédente, mais les technologies diffèrent. Le châssis n’est plus composé seulement d’aluminium, les matériaux composites comme la fibre de carbone déboulent dans l’élaboration de l’E10 ! Ce qui signifie qu’au moindre choc latéral, la voiture est envoyée à la casse… Aïe ! Plutôt que de voir le négatif, intéressons-nous au positif : le poids gagné. Perdu ! L’E10 RZ n’a pas encore tout à fait terminé sa mise au point, les chiffres peuvent donc varier. On vise un poids de 800 kg. Ou, plus précisément, un rapport puissance/poids de 500 ch/tonne. Ce que Caterham a fait avec la R500. Comme la puissance se fixerait aux alentours des 380 chevaux, le poids devrait donc s’approcher des 800 kg… La R500 précitée restait proche des 500 kg.

Zenos E10
Zenos E10

On ignore l’origine du moteur, on ose parier sur un Ford, toujours est-il qu’il est annoncé à 2 litres de cylindrée et placé à l’arrière. Le couple paraît copieux, 510 Nm de 3 à 4500 tours ! Merci le turbo. Les pneus vont avoir fort à faire pour passer cette cavalerie, pourtant ils paraissent presque étroits, 225 à l’arrière. Là encore, la comparaison ne va pas en faveur de Zenos. La plus puissante des Caterham s’approche de cette dimension mais sa cavalerie est atmosphérique, donc plus progressive et moins gourmande en pneumatique (en plus d’être plus légère). Et une Mono, quasi rivale – usage commun de la fibre de carbone, moteur en position central-arrière – admet des pneus plus larges. Zenos précise avoir élargi les voies pour procurer une meilleure adhérence à la voiture. C’est toujours ça…

L’essentiel des masses est centrée entre les quatre roues pour que la voiture offre un comportement neutre. Une précision rassurante mais plutôt conventionnelle, l’idée n’est pas nouvelle. Enfin, n’oublions pas de dire que la transmission aux roues arrière uniquement s’obtient par une boîte manuelle, à 6 vitesses. Autre chose ? Le prix. Alors, récapitulons. La Zenos E10 RZ est limitée à 50 exemplaires, compte environ 380 chevaux, 510 Nm de couple, 800 kg à vide, est construite à partir d’un châssis en fibre de carbone, passe ses vitesses avec un levier et qu’elle est homologuée pour la route. Tout cela est affiché à un prix de £140 000 soit, au taux de change actuel, plus de 160 000 €, hors taxes d’importation. La plus puissante des Caterham, et donc la plus chère, la 620R est moitié moins chère en France ! À l’inverse, une BAC Mono demande environ 200 000 €, mais on sait qu’elle est une excellente voiture.

Zenos E10

La solution ? À vous de voir. Sinon, pour £20 000 de moins, la Zenos E10 R2 arrivera d’ici l’année prochaine, avec une ambition moins grande : 400 ch/tonne. Avec 325 chevaux, pour environ 810 kg. De mon côté, je conserve une Caterham !

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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