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W Motors

Les voitures apparues dans des films à la réussite commerciale incontestable trouvent souvent une seconde vie à des tarifs impressionnants en occasion. En revanche, quand ladite voiture est déjà horriblement chère… D’ailleurs, quand on parle du loup…

Car le W de W Motors cache le mot wolf qui, chez les Anglais, désigne les loups. Ces canidés proches de nos amicaux chiens remplissent les contes préférés de nos enfants. Dans le Petit Chaperon Rouge, il est qualifié de grand et de méchant. À l’inverse, dans la série de bandes-dessinées chrétiennes Loupio, le terrible loup de Gubbio, qui terrifiait la ville d’Italie et assassinait bon nombre d’habitants, retrouve une vie calme aux côtés de Loupio grâce à l’intervention de Saint François d’Assise… La légende raconte que l’homme d’église a changé l’âme de ce loup, mais rien sur ce petit orphelin… Comment parler de loups sans évoquer la fameuse bête du Gevaudan, qui selon les dernières trouvailles, aurait été un très grand loup… Mais qu’importe. Car, plus que les canidés, ce sont les automobiles qui nous intéressent ici. Celles qui, comme les loups, peuvent avoir deux visages. Un gentillet et un autre, féroce. 

Les amateurs de la franchise automobile la plus connue – et controversée quant à son réalisme – reconnaissent rapidement cette voiture, apparue dans le septième opus. Il s’agit de la Lykan Hypersport, la même qui a parcouru 3 immeubles avant de finir sa course… sur la terre ferme. Un environnement plus propice pour rouler mais pas dans l’état dans lequel elle a terminé. D’autant qu’un tel design, certes très torturé, est à saluer. Car le designer de cette « Hypersport » est français, il s’agit d’Anthony Jannarelly. Lignes agressives, de multiples arêtes qui donnent un résultat complexe et difficile à comprendre. Il faut dire que les Émirats Arabes Unis n’avaient alors pas de marque automobile, pourtant grands collectionneurs que sont leurs habitants. Alors, il fallait mettre le paquet. Et quoi de mieux que de faire parler en traversant des immeubles dans un film (heureusement qu’il s’agit d’une fiction d’ailleurs), d’être la voiture neuve la plus chère du monde à sa sortie (on y reviendra) ou encore d’incorporer plus de 440 diamants dans les phares avant ?

Des vrais de vrais, juste pour la beauté du geste.

Nous pouvons lui reconnaître également sa faculté à attirer l’œil, notamment lors de l’ouverture des portes. Elles sont en « élytre inversée ». Au lieu de s’ouvrir parallèlement au montant du pare-brise, elles s’ouvrent sur le montant arrière de la fenêtre. On aura tout vu… Enfin, nous pensions avoir tout vu. Car une fois à l’intérieur, dans un habitacle forcément haut de gamme, forcément tiré à quatre épingles et hyper technologique, on découvre que la complexité traverse les portières. Au milieu, un levier de vitesse tout droit sorti de l’univers aérospatial. Plus haut, un écran tactile de 11 pouces aux reflets clinquants sied parfaitement à l’univers. Et devant le conducteur, W Motors n’a pas installé des compteurs normaux. Pas d’aiguilles, elles auraient du mal à indiquer des chiffres tant la folie s’empare aussi de la motorisation, ni de compteur numérique classique. Non, la marque a choisi d’afficher ces informations importantes par hologrammes… Pour quel intérêt ? Faire parler…

Justement, laissons-lui le temps de placer quelques arguments, peut-être auditifs, sait-on jamais. On l’aurait deviné, que ce soit par la silhouette très avancée ou par les sorties d’échappement, un moteur thermique sommeille derrière les passagers. Et pas d’électrons. Les choses s’annoncent bien. Si le design est spectaculaire, la cylindrée laisse presque perplexe, seulement 3.8, accompagné de deux turbos, là ça commence à parler, permettant de faire grimper le couple à 960 nm à 4.000 tours et culminer la puissance à 780 chevaux à 7.100 tours/minute. J’oubliais une information importante, le nombre de cylindres et leurs positions. Il s’agit d’un flat-6. Oui, un moteur Porsche. Enfin, non, un moteur Ruf préparateur de la marque de Stuttgart connu pour augmenter drastiquement les puissances des Porsche déjà surpuissantes. W Motors confie la tache ardue de passer la puissance du moteur aux roues à une boîte double embrayage. Et au niveau des roues, elles sont ceintes de pneumatiques de 255/30 ZR19 à l’avant et 335/30 ZR20 à l’arrière. 

Pauvres pneus arrière… ces derniers sont les seuls recevant la puissance du moteur. Ce qui est bon du côté du poids, puisque l’absence d’arbre de transmission avant permet de conserver une masse contenue ici à environ 1400 kg, ne l’est pas d’un point de vue de la motricité. Enfin, sur le papier. Car la Lykan Hypersport effacerait le 0 à 100 km/h en 2,8 secondes. Puis, le souffle semble se couper, quand la deuxième centaine arrive 9,4 secondes après le départ. Sur le compteur holographique, la vitesse de 395 km/h devrait pouvoir s’afficher. Devrait, car cela dépend des rapports de boîte, évidemment, mais aussi du pilote, surtout. D’autant plus que de pilote, il n’y en a peu. La Lykan Hypersport, pour préserver son exclusivité, fait payer cher ses services, près de 3 millions d’euros, et à seulement 7 propriétaires.

Pour les déçus, les trop lents qui n’ont pas su appeler au bon moment pour avoir la Lykan, W Motors a la solution, et elle s’appelle la Fenyr SuperSport. Comme la première auto, le design est torturé bien plus que de raison. Sortie deux ans plus tard, elle reçoit les dernières mises à jour signées Ruf. Ainsi, le moteur gagne en santé, affichant 20 unités supplémentaires pour chaque donnée, soit 800 chevaux et 980 nm. Toujours la même configuration châssis, mais peut-être un brin moins clinquante. En effet, elle troque les diamants pour de vrais phares, « normaux ». Les dimensions sont très proches entre les deux autos. En d’autres termes, la Fenyr est une profonde évolution de la Lykan, mais plus largement diffusée. Enfin, façon de parler. Car l’addition comporte toujours autant de chiffres. En revanche, le nombre d’exemplaires grimpe franchement, à 100 unités ! 

Qu’ont en commun ces deux noms, à part leur Y ? Si vous avez bien suivi le début de l’article, vous savez que W Motors aime les loups. Dans la mythologie, un lycan est une sorte de loup-garou, pas très amical. Dans la mythologie nordique, un fenrir est un loup gigantesque et terrifiant. Tout s’explique donc… Enfin, non. Pas tout. Notamment pas pourquoi la marque a choisi de se détourner de cet univers pour s’intéresser aux blindés… La police de Dubaï roule avec ses véhicules moins étonnants que les coupés. Plus récemment, en juillet 2024, W Motors a signé un partenariat avec la filiale du Moyen-Orient de Genesis, la marque luxueuse de Hyundai, pour le potentiel développement de modèles conjoints. On vous tiendra au courant de ces avancées !

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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