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Touring Superleggera Veloce12

La Veloce12 fait sienne la maxime de Rolls-Royce consistant à prendre le meilleur de ce qui existe et de l’améliorer, encore et encore. On ne parle donc pas de victime mais de patient ici : voici la Ferrari 550 revue par Touring.

Carrozzeria Touring Arese RH95

Les carrossiers indépendants pour l’automobile sont les égaux des grands couturiers pour la mode. Des bureaux que l’on sollicite pour réaliser des pièces rarissimes, sublimes, inégalables, incroyables… pour les faire parader lors d’événements importants comme des concours d’élégance, comparables aux fashion week de la mode. À ce petit jeu, Touring occupe une place exceptionnelle. Fondée en 1926, cette entité italienne s’est rapidement fait une place dans ce milieu grâce au rachat du brevet du châssis tubulaire. Après des décennies glorieuses, une crise a frappé ces grands carrossiers qui, au milieu des années 60, perdaient des clients (des constructeurs donc) sur l’autel de la rentabilité, de l’amoindrissement des coûts. Touring ne verra pas les années 70. Mais revient sur le devant de la scène dans les années 2000 en multipliant les coups de génie stylistiques : Alfa Romeo Disco Volante, Arese RH-95… Et de nouveau en 2024 avec la Veloce12.

À première vue, elle ressemble à une 550 Maranello tout ce qu’il y a de plus commun, classique. Dans un premier temps, on pourrait donc pointer du doigt un certain manque d’originalité inhabituel de la part de Touring. Mais non. Car dès le deuxième coup d’œil, on tombe amoureux pour les bonnes raisons. La carrosserie est subtilement mise à jour pour améliorer l’efficacité aérodynamique et la rendre plus actuelle. Les optiques utilisent désormais la technologie led, mais d’une manière plus chaleureuse que les AC Cobra GT, rendant la Veloce12 plus moderne mais pas trop futuriste. Elle exagère la prise d’air du capot pour laisser respirer l’orchestre en s’inspirant des premières carrosseries de Scaglietti et ses capots dotés d’une grosse narine centrale. La fibre de carbone compose l’entièreté de la carrosserie, ce qui explique la rareté et le prix… de 690.000 €, voiture donneuse non incluse.

Touring Superleggera Veloce12 avant
Touring Superleggera Veloce12 ar

Une base stylistique et technique totalement revue. Avec la même vision que pour le design extérieur, Touring met à jour le châssis et le moteur pour la rendre plus moderne. Touring parle même d’hommage à la performance débridée et à la conduite analogique. Quesaco ? Une amélioration de la Ferrari 550 de A à Z tout en conservant le charme original. Ainsi, Touring a passé en revue les dernières technologies de liaisons au sol et a sélectionné celles qui pouvaient améliorer la 550 sans bouleverser son identité de grande GT des années 90. C’est pourquoi le châssis est largement renforcé, rapprochant la rigidité de la F12 Berlinetta ! L’agilité et l’adhérence remercieront cette idée. Les freins signés Brembo garantiront, eux, d’excellentes décélérations. Des suspensions adaptatives arrivent à la rescousse également, la Veloce12 améliore ainsi son côté tapis volant…

Ou violent, quand il convient de mettre en branle la mécanique sous le capot. Le V12 atmosphérique F133 A/C bénéficie d’une croissance de son refroidissement de 30% et d’un échappement Super Sprint sur-mesure plus volubile. La mécanique gagne en santé, la puissance ne grimpe que symboliquement. Et surtout, à l’intérieur, la boîte mécanique et sa fameuse grille en H en aluminium est conservée. Un pur bonheur ! À l’image de tout cet habitacle parfait. Que vois-je ? Seraient-ce des boutons, des vrais ? Pas d’immense écran central doté de traces de doigts. Pas de réglages numériques qui exigent un master pour réussir à activer la clim sans éteindre la radio. La simplicité, la beauté, l’élégance… Les modes de conduite se choisissent avec l’interrupteur rouge comme le manettino des dernières Ferrari. Non plus sur le volant mais sur une élégante console centrale faite d’aluminium et de cuir.

Touring Superleggera Veloce12 intérieur

Un moteur – que dis-je, une cathédrale – atmosphérique, une boîte mécanique, un châssis rigide au possible, une propulsion pure et dure et une ligne à couper le souffle. Que demander de plus ? L’argent pour en commander une, évidemment. Mais encore faut-il être sélectionné, puisque seules 30 unités seront construites, chacune demandant 5000 heures de travail. Voici la seule chose qui ne s’achète pas, le temps.

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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