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Il s’agit d’un concept. Autrement dit, jamais il ne prendra la route. Encore moins sous cette forme. Et, quand bien même il la prendrait, ce n’est pas demain la veille puisque… l’Enigma GT est un concept virtuel. 100% irréel mais pas irréaliste. Car cette virtualité démontre la virtuosité des designers de Pininfarina dans le domaine de l’efficience.

Faire le plus possible, aller le plus loin, le plus rapidement avec le moins possible. Appliquée à l’automobile, l’efficience revient à maximiser les performances d’un moteur, d’une voiture en diminuant sa résistance à l’air par exemple, tout en garantissant un comportement dynamique sain. Voilà pourquoi l’Enigma GT surveille sa ligne (aérodynamique) tout en conservant une belle ligne (stylistique). Sa surface frontale est baissée drastiquement au profit de l’efficacité aéro. L’air fait face au bouclier, ce dernier le mène vers les radiateurs posés aux deux extrémités. Des volets actifs guident l’air ou le contraignent pour améliorer la traînée ou l’appui. Une ouverture en aval des roues avant laisse circuler l’air pour diminuer la pression qu’il génère. Il est guidé ensuite par les différentes lignes du véhicule vers un train arrière complexe surplombé d’un immense triangle qui fait office d’aileron et de feu stop. Ce soin apporté à la carrosserie permet de diminuer le Cx à 0,24. Dans l’absolu, certaines voitures de série font légèrement mieux (0,23) mais le score reste intéressant. Et la Pininfarina ajoute un élément important : le style.
Car efficience et élégance ne s’accordent pas si souvent que cela… En épousant la forme dite « de la goutte d’eau », l’Enigma GT guide toutes ses lignes vers les roues arrière, diminuant la surface frontale (nous l’avons vu) pour guider l’air vers l’arrière… En réduisant au minimum les arêtes, les lignes complexes, l’Enigma GT affiche une certaine pureté dans son design comme dans son efficience. En voyant la voiture de haut, on constate que l’aspect sportif, dynamique de la voiture saute aux yeux. Toutes les lignes convergent vers les roues arrière, apparentant le concept aux fauves prêts à bondir sur leurs proies… Les courts portes-à-faux avant et arrière augmentent cet aspect sportif, tout comme l’aileron, évidemment. La vaste partie vitrée dessine un habitacle en forme de cockpit de F1 offrant une vue panoramique au conducteur. D’ailleurs, il n’y a que quelques arêtes qui ternissent presque la pureté du concept.


Ce sont celles de l’ouverture dudit cockpit. À bien y regarder, le cockpit découpe les trois quarts de la carrosserie, l’entièreté de la partie vitrée et la moitié des arches de roues avant. Il s’ouvre ensuite à la verticale grâce à 2 vérins vers le train avant pour faire apparaître un habitacle doté de 4 sièges distincts. Dans cet empattement géant de 2,88m, l’Enigma GT accueille royalement 4 personnes dans un écrin à la fois charmant et sportif. La finesse des sièges augmente l’impression de liberté, d’espace à l’intérieur, et la couleur invite à y rentrer. Et à découvrir un écrin lumineux, on s’en serait douté, et qui fait la part belle à la technologie embarquée et aux écrans géants, pas très étonnant non plus. L’immense écran courant sur toute la largeur de la voiture semble devoir se manier par l’interface centrale avec une partie à retour haptique. Le volant dessine une forme particulière, pas tout à fait un rectangle, sans barre inférieure… Le volant et la colonne de direction ont l’air fixe, pourtant la voiture peut se conduire, même si on distingue à peine les pédales… Preuve en est la présence d’une inscription sur le volant : D-R-P. Pas de B ?
Une absence étonnante pour une voiture sans pot d’échappement apparent à l’arrière… Pas tellement, puisqu’il ne s’agit pas, non plus, d’une pure électrique. Derrière les passagers, un V6 de 2.5 litres turbo prend place. En guise de carburant, non pas du sans-plomb mais de l’hydrogène. La puissance de 325 kW (442 chevaux) est transmise aux roues arrière. Terminés les pleins d’électricité pour rouler en silence ou presque, puisque le remplissage du réservoir est réalisé en un temps proche de celui de notre bon vieux carburant classique. À l’avant, un moteur électrique de 150 à 200 kW se charge de tracter la voiture. Même s’il ne s’agit que d’un concept car virtuel, Pininfarina a voulu pousser le bouchon du réalisme assez loin. Elle prédit une masse de seulement 1690 kg grâce à l’utilisation massive de la fibre de carbone, que l’on retrouve d’ailleurs à l’intérieur si vous avez l’œil. Une faible masse, un moteur pas trop gourmand, et un Cx ridicule permettent des autonomies intéressantes, notamment ce chiffre estimé à 550 km.

Pas grand chose à jeter dans ce concept. S’il n’est pas révolutionnaire, il permet d’ouvrir la porte à un futur qui, s’il n’est pas enthousiasmant d’un point de vue auditif, peut renouer avec la quête de l’élégance et de la pureté pour nos chères carrosseries.




