Vous pouvez nous soutenir ici si vous aimez ce que vous lisez.

La première Morgan était une trois roues, un tricycle qui bénéficiait d’une législation peu regardante sur ce type de véhicule, au contraire des quadricycles et autres grosses automobiles. Mais en 1936, Morgan ajoute une roue pour commercialiser son premier véhicule à quatre roues. Les lignes sont simples, dans l’ère du temps, avec des ailes suivant le mouvement des roues avant, un capot haut, des phares ronds, un cabriolet sans grande prétention, sinon celle de vouloir donner du plaisir au volant. Et un caractère un tantinet sportif puisque la jeune marque s’engage en compétition dès 1937 avec sa 4/4 préparée spécialement pour la course. Naturellement, durant la guerre, les rencontres sportives sont annulées, et le développement intensif gelé. Aussi, il faudra attendre 1950 avant qu’une nouvelle Morgan apparaisse, la Plus Four. Une 4/4 plus puissante. Depuis, la Plus Four continue sa route avec, comme son nom l’indique, un 4 cylindres sous son capot.
2024 sonne l’heure de la relève.
Au programme ? Une mise à jour discrète mais bien amenée. Le joli roadster conserve ses proportions généreuses, ses courbes délicieusement désuètes ou ses jantes à rayon du XXème siècle. Mais la nostalgie se vend, alors pourquoi en faire autrement ? Ici, point de quête de Cx bas, d’efficience aérodynamique, de moindre consommation, seulement de la passion, celle qui consiste à réaliser une voiture à part, à l’encontre des désidératas de la société. Il n’y a guère bien que les phares ronds (qui grandissent d’un pouce de diamètre) fonctionnant avec la technologie à led qui inscrivent cette Plus Four dans son époque à l’extérieur. Qui ose encore dessiner un pare-brise aussi droit ? Qui peut encore se permettre de laisser les charnières chromées des portières, du capot, du coffre, sinon Morgan ? C’est justement ce charme qui séduit, celui d’acheter une voiture au design des années 50 avec la fiabilité d’une mécanique actuelle…


Mécanique et technologie viennent de la même officine, j’ai nommé BMW. À l’intérieur, ce prêt ne se voit que peu, car là encore Morgan cultive son originalité. Des sièges baquets pour maintenir le pilote et son passager en conduite intensive ? À d’autres. Un écran central plus grand que le tableau de bord lui-même pour savoir ce qui se passe sur YouTube alors qu’on conduit ? À d’autres. Un volant aux fonctions infinies rendant plus difficiles la lecture des informations que la compréhension du braille pour des personnes myopes ? À d’autres. L’intérieur comme l’extérieur mélange plus ou moins bien les époques, en mélangeant le charme d’antan avec la technologie d’aujourd’hui. Les boiseries, le cuir écossais étendu, les compteurs aux contours chromés inscrivent la Morgan dans le passé… Tout comme le levier de vitesse, parfaitement à sa place. Mais derrière le volant, l’apparition d’un petit écran chagrine légèrement. Moins en revanche que ce sélecteur de vitesse directement sorti de BMW avec la boîte auto…
Car oui, qui dit technologie et moteur dit aussi boîte de vitesses issue de BMW. Fort heureusement, Morgan laisse encore le choix entre rouler avec une boîte manuelle à 6 rapports et une automatique (ZF ?) à 8 vitesses. Qu’importe le choix, le moteur reste le même : le 4 cylindres 2.0 biturbo de Munich, dont les valeurs sont proches de la trop rare 128ti, même si ces dernières changent en fonction de la transmission. Avec le levier, le 4 cylindres délivre 258 chevaux à 5.500 tours/minute et 350 Nm de 1.000 à 5.000 tours pour un poids de 1013 kg. Avec le sélecteur dénotant franchement dans un tel intérieur, la puissance stagne mais le couple passe à 400 Nm de 1.000 à 4.300 tours pour un poids de 1009 kg. Pour arriver à une telle masse, Morgan a jeté son dévolu sur l’aluminium pour la carrosserie, mais la méthode de travail reste celle du siècle dernier : les ailes sont formées à partir d’un moule en bois…

Finalement, les seules concessions visibles de Morgan concernent le moteur, les optiques et le son, signé Sennheiser, fournisseur de la marque depuis 2022. C’est toujours moins que les marques qui s’évertuent à mettre au point des systèmes de conduite autonome inutiles…




Une réponse sur « Morgan Plus Four »
[…] Pour la voiture comptant trois roues ? On l’appelle la 3-Wheeler, ou désormais la Super 3. Le roadster doté d’un quatre cylindres à l’avant ? Plus Four. Et avec un six cylindres, Plus Six. Pas très original, mais les termes sont dits, clairement : une […]