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Mercedes l’a admis à demi-mot, elle a fait une erreur. Ou plutôt, elle a eu raison trop tôt. Flash-back, revenons en 2020. Le constructeur à l’Étoile dévoile son EQS, puis son EQE, et leurs versions SUV, dont fait partie l’EQC. Le design change un peu, notamment à l’avant par la large calandre pleine et noire. Leurs silhouettes sont aérodynamiques, certes, mais lourdes, et d’une élégance difficile à trouver… C’est pur mais pas enivrant. Elles en jettent mais elles sont pataudes stylistiquement. Et le public ne s’y trompe pas, ces formes aérodynamiques, déjà essayées par le passé dans les années 40-50 n’ont pas plu, et aujourd’hui non plus. Alors, Mercedes renoue avec sa nomenclature historique et avec des lignes plus conventionnelles. Et, avouons-le, ça fait du bien.
Cela dit, nous décelons rapidement qu’il s’agit d’une voiture électrique pour un élément technique très simple : la calandre. Pour les modèles thermiques, elle sert à refroidir la mécanique. Ici, elle se transforme « en élément artistique à part entière de haute technologie ». Laquelle peut, en option, être illuminée par 942 leds en polycarbonate… Au passage, elle est bien plus étroite que les modèles thermiques et plus haute, et les optiques changent de dessin interne, reprenant le dessin du logo sous forme de trois branches leds procurant un vrai regard perçant au nouveau SUV. Le constructeur évoque des proportions sportives avec des épaules et des passages de roues marqués. Le GLC repose de série sur des jantes de 21 pouces, mais en option des 23 sont disponibles ! À l’arrière, le design des feux arrière est plutôt original, s’intégrant dans une barre noire horizontale. L’idée est clairement reprise du concept car AMG GT XX.


Le coffre s’ouvre sur un espace de 570 litres, jusqu’à 1740 en baissant la deuxième rangée, sans compter les 128 litres sous le capot avant. Plutôt logeable, ce véhicule de 4,85m dispose d’un empattement en hausse de quelques millimètres pour atteindre 2,97 m. Les passagers apprécieront l’espace supplémentaire. Et les amateurs de technologie ne verront que du feu dans cet habitacle auquel Retour Vers le futur n’avait pas pensé… Un tableau de bord ? Pour quoi faire ? À la place, Mercedes intègre ni plus ni moins que son MBUX Hyperscreen, une immense dalle noire qui fait mouche en faisant croire en un seul et même écran courant sur toute la largeur de l’habitacle. Or, si l’intention est bonne et le résultat impressionne, la réalité diffère de la fiction : trois écrans sont intégrés, un de 10,3 pouces devant le conducteur, 14 au centre et 14 (en option) devant le passager.
Si l’option n’est pas choisie, le passager ne pourra pas naviguer sur internet ou aller sur sa plateforme de streaming ni même régler son siège à partir de cet écran mais il pourra sélectionner l’une des 12 images disponibles à la place… Deux plateformes de charge à induction réfrigérées composent une partie de l’accoudoir central, avec les inévitables rangements. Au rayon de la technologie embarquée, en plus du MBUX, on peut noter la place de plus en plus importante de l’intelligence artificielle intégrée, celles de Google et de Microsoft. En disant, hey Mercedes, suivi d’un ordre, l’intelligence artificielle s’exécute. Par exemple, vous souhaitez rendre opaque le toit panoramique, il suffit de parler à voix haute et de commander l’intelligence artificielle. Au passage, le toit panoramique est opacifiant sur 9 segments différents. Il y a donc jusqu’à 9 surfaces à opacifier individuellement ! On est loin des 4 des Renault, déjà amplement suffisantes.


Et comme si ça ne suffisait pas, le toit panoramique peut recevoir en option 162 étoiles intégrées dans le verre qui, une fois totalement opaque, illumine l’habitacle de l’une des 64 couleurs disponibles. Belle réalisation ! La caméra qui va servir d’ici la prochaine mise à jour de la norme GSR pour obliger les voitures à disposer des détecteurs de fatigue détourne ici son usage pour utiliser la reconnaissance faciale. Ainsi, en entrant dans la voiture, la caméra va reconnaître son usager et activer immédiatement le mode de conduite préférentiel. Nouveau : même le passager y a droit.
Côté mécanique électrique, le GLC pousse le bouchon de l’environnement moins loin que son rival Bavarois. Toutefois, Mercedes évoque une empreinte carbone en baisse de 30% rien que pour la conception de la batterie, ce qui n’est pas rien. Placée dans les soubassements, celle-ci cube dans cette version de lancement 400 4Matic 94 kWh. Sous le pied droit, le conducteur peut déchaîner les 490 chevaux en une simple flexion, et ainsi faire fondre l’autonomie. Pour en gagner, de l’autonomie, Mercedes a ajouté une boîte deux vitesses, l’une pour les accélérations et l’autre pour les vitesses stabilisées. Au final, en norme WLTP, elle revendique 713 km maximum en une charge. Très correct. Son architecture 800V autorise des pointes de charge à 330 kW, nombre de ses rivales dépassent les 350 et flirtent avec les 400… Mais, en 10 minutes, le GLC peut récupérer jusqu’à 303 km, c’est déjà très bien. Les futurs propriétaires apprécieront les roues arrière directrices du pack Techno, comprenant aussi les suspensions AirMatic, dont les roues arrière braquent de 4,5° en sens inverse des roues avant, et de 2,5° dans le même sens, la bascule se faisant à 60 km/h.

Le GLC électrique ne révolutionne pas son segment, pas autant que son rival bavarois iX3. Il va sûrement séduire les clients du premier EQC qui vont chercher à renouveler leurs SUV fétiches. C’est tout ce qu’on lui souhaite.
