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Impossible de ne pas tomber sous le charme d’au moins une Lancia dans l’histoire. Le premier nom qui vient à l’esprit est évidemment la Stratos, puis la 037 et enfin la Delta. N’oublions pas non plus la Fulvia, premier véritable modèle à image de la marque. Quelle histoire, quel destin… En vérité, dès ses débuts, Lancia a marqué les esprits et plu à ses clients. Rapidement, des clients ont créé un club dans lequel, pour y rentrer, il fallait avoir acheté une douzaine de Lancia pour montrer aux autres membres sa haute fidélité envers le blason italien. D’où, les deux lettres HF. Cet insigne est devenu un emblème des Lancia les plus sportives sous la bannière duquel elles roulaient en compétition, principalement en rallye. Depuis, une grande partie de la clientèle de la marque n’a que faire de ce passif, et le constructeur lui-même a perdu de sa superbe…
Pendant un trop long moment, sa diffusion se résumait à un seul et unique modèle, l’Ypsilon, une citadine chic mais dépassée, qui peinait à trouver un public en Europe. Cet échec a poussé la marque à ne réserver ce modèle qu’à un seul et unique marché, l’Italie, pays natal dans lequel elle continuait de bien s’écouler. Ce symbole de la Dolce Vita a été renouvelé en 2024 grâce à la politique de Stellantis dont elle est la propriété qui consiste à donner une chance à toutes les marques du groupe. L’Ypsilon nouvelle génération repose sur la plateforme de la Peugeot 208 – entre autres – donc est multi-énergies. Électrique ou hybride, il faut choisir ! Plus chic, plus haut de gamme que la vieillissante citadine française, l’Ypsilon tente de camoufler ses origines à l’extérieur, mais peine par endroits… Peu de temps après la Peugeot E-208 GTi, la cousine Lancia connaît elle aussi une version sportive.


Sans surprise, elle hérite du patronyme HF et globalement des mêmes spécifications techniques 208, 600e et consœurs. La garde au sol descend de 20 mm, les voies s’élargissent de 30 mm. La carrosserie ne change que par de menus détails qui confèrent à la citadine un look plus agressif grâce à des pièces teintées de noir et un bouclier plus sportif. Le maquillage fonctionne, mais ce qu’il y a dessous nous intéresse davantage. Derrière les roues par exemple, des disques de 355 mm sont chargés de freiner la bête. Il faut au moins ça pour ralentir la citadine qui, faut-il le rappeler, est électrique, et donc pèse un certain poids. Justement, elle dispose d’une batterie de taille classique, 54 kWh, capable parait il de gagner 100 km en 10 minutes, probablement sur une prise délivrant du 100 kW (comme la E-208 GTi, architecture 400V). L’autonomie ? Environ 370 km.
Pour parfaire son dynamisme, cette citadine très attendue affiche une belle santé électrique, 280 chevaux et 345 Nm de couple, de quoi effacer le 0 à 100 km/h en 5,6 secondes. Initialement, la puissance devait être limitée à 240 chevaux, mais à la suite des essais dynamiques, ils ont décidé d’accroître encore cette cavalerie. Dans le même temps, la rigidité a été grandement accrue : +67% à l’avant et +153 à l’arrière. Avec une telle rigidité apportée sur les barres antiroulis, les plongeons en virage ne devraient qu’être de l’histoire ancienne ! En sortie des tournants, il sera intéressant de percevoir le travail du différentiel à glissement limité Torsen. Quant à l’intérieur, qui connaît l’habitacle de la version classique connaît celui de la HF.


Pour ceux qui aiment son look mais pas son – probable – inconfort, Lancia lance la finition HF Line. L’Ypsilon se dote de jantes 17 pouces, les sièges spécifiques arborent des surpiqûres orange avec motif « cannelloni », le conducteur a un volant sport spécifique et le tableau de bord fait la part belle au bleu électrique. L’instrumentation SALA a également droit à des graphismes dynamiques voulus plus sportifs, dans l’ADN HF ! Preuve qu’il ne s’agit-là que d’une finition, la puissance stagne à 110 chevaux issus d’un 3 cylindres de 1,2 litres associé à une boîte automatique. Pour les jusqu’au-boutistes, Lancia profite de cette actualité pour dévoiler la Rally4 HF qui, comme son nom l’indique, courra en rallye. Le 3 pattes se débarrasse de son hybridation et de sa bride : 212 chevaux ! Ils sont tous dirigés sur le train avant – comme une lointaine Fulvia – via une boîte de vitesses française, SADEV.
Il faudra attendre les essais et les probables confrontations entre E-208 GTi, Abarth et autres A290 pour voir si la Lancia est meilleure que ses rivales. Mais force est de constater que, si l’électrique peine à nous séduire totalement, ces citadines pleines d’électrons nous rappellent la maxime de Pirelli, sans maîtrise la puissance n’est rien. Une phrase qu’on pourrait détourner à notre manière : sans maîtrise le plaisir n’est rien. Les grandes berlines surpuissantes, les fers de lance électriques de nos grands constructeurs favoris impressionnent par leurs prouesses d’accélération, mais rien n’égale le plaisir éprouvé dans les virages. À manier un volant, à tutoyer la corde… Sans craindre d’aller trop vite trop fort. Voilà à quoi servent ces bombinettes. Chères ? Elles le sont. Mais elles sont plaisantes, et montrent qu’il existe encore des têtes pensantes passionnées dans les conseils d’administration. Et nous les en remercions !

