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La course de côte est impitoyable. Souvent, les mêmes images de l’inconditionnel Ari Vatanen levant la main pour se protéger du soleil reviennent en tête à chaque évocation de ce ruban hors du commun. Pour ma part, mes premiers souvenirs viennent de la montée signée Sébastien Loeb au volant de la 208 T16. Une bête de course au rapport poids/puissance de 1:1, 875 chevaux pour 875 kg. Avouez que ça donne envie ! Ou que ça effraie, plutôt… Des virages à l’aveugle, des courbes rapides et d’autres plus lentes. D’un côté, des pierres, de l’autre, un profond ravin. Et les pilotes de trouver ça grisant… Nous n’avons définitivement pas le même cerveau ! En montant vers les cieux, l’air se raréfie, les moteurs souffrent de ne pas pouvoir emmagasiner autant d’air pour optimiser le mélange dans les chambres de combustion. Voilà pourquoi certaines paraissent sur-motorisées. Plus récemment, une « innovation » a permis de limiter cette perte : l’électrique. Cette motorisation n’utilise pas d’air pour alimenter son moteur, aussi est-elle bien plus utilisable dans cette montée, puisqu’elle aura donc autant de puissance en bas qu’en haut de la montagne… Ce qui explique le record de la Volkswagen ID.R !
Cette année, un petit constructeur français qui mérite d’être plus connu a tenté l’aventure : Quarkus. Un nom qui fait référence au plus petit élément qui existe sur Terre, le quark. Avec Bruce Jouanny au volant, Quarkus s’est rendu sur la piste du Colorado mais a dû abandonner sur une casse : la boîte de vitesses n’a pas tenu le choc. Mais, pourquoi parler de tout ça dans un article sur Kimera ? J’y viens j’y viens…
Nous vous avions présenté Kimera lors du dernier (et ultime) Salon de Genève lorsque l’artisan a présenté son EVO38, une version améliorée de sa précédente mouture, l’EV037. Quatre roues motrices, 4 cylindres petit mais musclé (avec 600 chevaux… on peut le dire !) et ligne à couper le souffle… Il n’y a pas à chercher bien loin, la nostalgie permet tant de choses… Sur le site de Kimera, un autre onglet était apparu à côté de celui de l’EVO38 avec pour nom K39. 37, 38, 39, le prochain modèle devrait donc s’appeler… 40. Mais alors, qu’est-ce que cette K39 ? Il s’agit donc du 3ème acte dans la vie de Kimera. Après deux évolutions, deux transpositions de ce qu’auraient pu être les Lancia 037 aujourd’hui, construites à partir de Lancia originales, la K39 part d’une feuille blanche. Elle s’inspire, évidemment, du passé de Lancia pour qui Luca Betti, le fondateur de Kimera, voue un véritable culte.


En l’occurrence, il s’inspire des lignes de la somptueuse Lancia Beta Montecarlo Groupe 5 engagée entre 1979 et 1982. On distingue la ligne intemporelle de cette glorieuse voiture (dessinée par Pininfarina) dotée des mêmes idées aérodynamiques qu’à l’époque, mais bien mieux maîtrisées. Grande lame avant, aileron arrière plus qu’imposant… Elle impose un certain respect, non ? Et ce n’est pas fini… Car techniquement aussi, la K39 promet des folies ! Elle repose sur un châssis monocoque en fibre de carbone très rigide et léger. Aux quatre coins, des suspensions à tiges poussoir. Vous remarquerez qu’à l’arrière, d’immenses sorties d’échappement migrent au-dessus du large diffuseur. Ce qui insinue la présence d’un moteur thermique. Bingo ! On ne sait pas encore grand-chose sur cet aspect, toutes les solutions techniques ne sont pas encore établies, la voiture ne devant prendre la route du Colorado qu’en juin prochain 2025 ! Nous savons en revanche que sous le capot arrière sonnera un V8 de même architecture que celui de la Lancia LC2 du Groupe C. Ce dernier bénéficie d’une cylindrée de 2.6 litres ouvert à 90° tournant à plus de 9.000 tours/minute pour délivrer 700 chevaux !
Chez Kimera, on hésite encore à ajouter une aide électrique, ne serait-ce que pour combler les pertes d’air à haute altitude… Mais sous quelle forme ? MGU-K ? MGU-H ? Ça reste à voir. On en apprendra plus dans les mois à venir ! Les Italiens nous apprennent seulement qu’ils vont tenter de s’approcher du rapport poids/puissance de 1:1… Ça promet ! Pour eux, la K39 devait surtout être une vitrine, un véhicule unique pour courir sur la piste de Pikes Peak. Mais une certaine demande s’est manifestée. Et la K39 pourrait arriver en (petite) série. Affaire à suivre donc !

