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Mérite-t-il donc son nom d’Avenger, si son seul objectif est de perpétuer un glorieux héritage ? Un héritage qui remonte aux années 40. Quand l’idée de débarquements commencent à trotter dans les esprits des têtes pensantes outre-Atlantique et outre-Manche, rien n’existe. Un cahier des charges est alors écrit, avec pour objectif de pouvoir conduire une charge utile de 273 kg (trois soldats et leurs équipements), de rouler à 80 km/h, d’être maniable, fiable… Le délai trop court ne permet pas aux quelques intéressés de combler toutes les demandes, notamment le poids. L’armée américaine ne voulait pas un poids excédant 595 kg, la Jeep en pèsera 870 ! Qu’importe, puisque le petit cabriolet s’avère être le meilleur véhicule proposé, et continuera d’être produit bien après la guerre. Le Wrangler en est d’ailleurs une interprétation moderne, de plus en plus chic et moins friands de chocs, mais très plastoc… Le reste de la gamme, en revanche, s’embourgeoise franchement, recherchant la rentabilité et les records de vente. Propriété de Stellantis, Jeep consacre désormais une partie de ses équipes à la gamme européenne, un continent dont les clients ont des attentes bien différentes. Passée l’hégémonie autour du Renegade, première grande réussite commerciale pour la marque en Europe, voici venir le tour de l’Avenger.
Bien plus court, il ne joue pas… dans la même cours que le Renegade. Long de 4,08m, il se garerait dans un mouchoir de poche. Le gabarit compact lui confère une bouille mignonne, avec de multiples touches dignes de la marque. Même si plus européen, même s’il n’a pas les prétentions en hors piste du Wrangler, l’ADN Jeep coule dans ses veines. On retrouve la calandre aux sept séparations, les passages de roues marqués, les protections bien visibles ou encore la lettre X dessinée notamment dans les feux arrière. Le style est plutôt avenant, bien dans l’air du temps. Et, de toutes manières, il va falloir s’y faire. Car l’avenir de Jeep devrait ressembler à l’Avenger, soit esthétiquement, soit techniquement, ou les deux. Si, pour vous, chers lecteurs, l’esthétique avait déjà du mal à passer, alors ce qui suit ne va pas vous plaire…


L’Avenger a un poids sur les épaules, celui de mener la marque vers un avenir plus vert(ueux). Vous me voyez venir ? Après la motorisation hybride 4XE utilisant plus ou moins à bon escient la motorisation électrique, voici venir le premier modèle à batteries siglé Jeep. Ça fait mal ? Oui, et ce n’est pas terminé. À l’instar du reste du groupe, l’Avenger bénéficie de la plateforme des autres véhicules du même gabarit. Ainsi, le sentiment de liberté qu’incarne, normalement, la marque Jeep, embrasse une plateforme éculée et volontairement chic, puisqu’il s’agit de celle des DS3 et Peugeot 2008. Côté pile, la différenciation risque d’être difficile. Côté face, ces deux véhicules sont disponibles dans un mix énergétique, ce qui signifie que le Jeep Avenger ne sera pas qu’électrique. À son lancement, il ne proposait que la batterie de 54 kWh accouplée à un moteur électrique de 156 chevaux et 260 Nm de couple. Elle promettait une autonomie allant de 400 à 550 km en une charge, pouvait encaisser des puissances de charge en courant continu de 100 kW pour passer de 20 à 80% de capacité en 24 minutes. Puis, la motorisation hybride est arrivée, associant le 3 cylindres 1.2l de 100 chevaux à une batterie de 48V avec une boîte de vitesses à double embrayage. Enfin, la version thermique préfère une plus petite tension mais conserve le 3 cylindres.
Évidemment, cette motorisation est la seule à proposer une boîte mécanique. Les autres profitent de cet espace laissé libre pour augmenter le volume de rangement dans l’habitacle à 34 litres au total, l’un des meilleurs de sa catégorie souligne la marque. L’intérieur est sombre, très sombre. Du noir côtoie du noir plus clair, un autre plus sombre… heureusement que le jaune égaie cet habitacle ! Ou, bien évidemment, les couleurs encore plus vives de l’écran. Que dis-je, des écrans. Au centre, la dalle tactile mesure 10,25 pouces, est compatible avec Android et Apple. Derrière le volant, la taille varie de 7 à 10,25 pouces, en fonction de la finition choisie (il y en a 3). Malgré la tablette tactile, de nombreux boutons persistent. Un surtout retient notre attention et nous rassure (qu’un peu, avouons-le), le Selec Terrain. Plusieurs modes de conduite agissant sur la répartition du couple sont proposés. Eco, Normal, Sport, sont plutôt courants, mais Neige, Boue et Sable, se raréfient de nos jours ! À cela s’ajoute le Hill Descent Control de série, pour contrôler la vitesse dans les fortes pentes. De plus, le Jeep Avenger bénéficie d’une garde au sol appréciable, d’angles d’attaque et de fuite rares de nos jours, d’autant plus sur un SUV urbain !


Il se dit capable de crapahuter autant dans les rues que dans la boue. Belles promesses… Mais peu de clients vont vérifier ces dires. Un an après son lancement, Jeep annonce que l’Avenger ne le déçoit pas, et revendique une diffusion à 40.000 exemplaires en Europe, boostant dans le même temps les ventes du grand frère Renegade. Rien qu’en France, la diffusion de la marque a augmenté de 25%… tout en restant très confidentielle. Elle ne dépasse pas 8000 exemplaires par an dans l’hexagone… Peut-être la nouvelle gamme avec cet éventail de motorisation complet arrivera-t-elle à glaner de nouveaux clients… Gare au tarif. L’Avenger débute à 24.000 € en essence, dans sa première finition. En hybride, l’allonge de 2.000 € est obligatoire. Et l’électrique demande 38.000 € minimum ! En face, les rivales électriques vont débouler dans l’année, à des tarifs normalement bien plus intéressants. La liberté financière n’est pas pour tout de suite.

2 réponses sur « Jeep Avenger »
[…] projetant de couvrir 320 km en une charge, et une hybride de 100 chevaux. Cousine technique de la Jeep Avenger et Citroën ë-C3, et comme on connaît désormais les synergies de ce groupe, on peut imaginer que […]
[…] gamme européenne est apparue, avec notamment le Renegade rival de Captur et 2008, et désormais le petit Avenger au look ravageur. Ce dernier a porté la marque en France, sept fois plus diffusé que… le Compass ancien modèle, […]