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DS N°8

Un temps, DS nous avait promis l’arrivée d’un modèle par an. Sans doute le Covid a-t-il ébranlé cet emploi du temps chargé… Après un certain immobilisme, voici venir un vent de fraîcheur de la part de la jeune marque.

DS7 Crossback

Souvenez vous, il y a dix ans – ou presque – Citroën laissait sa branche chic et premium DS devenir une marque à part entière. Son idée était de rivaliser avec les cadors allemands qu’on ne présente plus en compensant le manque d’originalité mécanique – les moteurs sont identiques à ceux du groupe PSA d’alors, et actuellement Stellantis – par des technologies dignes de segments supérieurs. La vision nocturne du DS7, premier vrai modèle de la marque, était introuvable chez nos voisins germains. Ce pari a-t-il fonctionné ? Pas vraiment… le DS7 n’était pas un mauvais modèle, loin de là, et sert à lui seul à la diffusion de la marque. Justement, ce sont plutôt les autres modèles de la gamme qui posent problème… Tous les produits sont intéressants, mais pour qui ? 

Avec tout le respect que nous avons pour ces modèles, une DS4 n’est après tout qu’une Peugeot 308 redessinée. Et comme la marque au Lion tend à se premiumiser, elle aussi, on commence bien à se demander quel rôle campe DS dans le groupe Stellantis… Le DS9, censé être le vaisseau amiral de la marque en particulier sur le marché chinois, a, semble-t-il, copié le mauvais paquebot en s’inspirant davantage de la destinée du Titanic que du France si l’on tient compte de ses ventes plutôt… rares. Personne ne veut de cette élégante berline qui n’en est pas une – berline coupé. Un temps, nous avions cru chez Boucars, et pas seulement, que DS allait sur sa fin. À tort, puisque voici venir la N°8 dont l’idée est de relancer la marque. Ce n’est pas trop tôt…

DS9
DS N°8

Sans surprise, le nouveau modèle emprunte la silhouette d’un SUV coupé et utilise une technologie… électrique, cela va sans dire. Le dessin est inédit, à la fois plus original et plus avenant que celui d’un Peugeot 3008 dont il partage la même plateforme STLA Medium. La face avant domine le débat, arborant la proéminente calandre DS Luminascreen s’illuminant grâce à des segments lumineux verticaux dotés de leds reprenant le dessin des clous de Paris… Car n’oublions que DS aime pousser les détails de design jusqu’au bout ! Parfois un peu trop… La signature lumineuse reprend celle de DS7, d’élégantes barres verticales partant des blocs de quatre optiques chacun. Le capot noir n’est pas une lubie de designer pour améliorer l’apparence mais bien une idée écologique grâce à l’utilisation du processus de peinture Paintjet, diminuant les émissions de gaz à effet de serre.

La voiture est bien campée sur ses quatre grosses roues de 21 pouces (vendues comme légères) – une monte à 19 pouces est disponible également – et dessine sans trop accentuer les renfoncements dans les portières. L’arrière ferait presque penser à une Maserati GranSport avec ces feux descendant à la verticale jusqu’au pare-chocs. Les hanches dessinent le haut du bloc optique arrière qui, pour la première fois sur une DS, dispose d’un dessin vertical doté d’éléments internes en 3D. La silhouette de SUV coupé se termine par un petit becquet horizontal guidant l’air loin derrière la voiture. Tout comme les volets actifs à l’avant, cet élément permet à la DS N°8 de gagner de précieux points d’efficience et donc des gains d’autonomie à la clé ! Avec un score de 0,24, son Cx est plutôt très bon.

DS N°8
DS N°8

Comme dit plus haut, sa plateforme est partagée avec le Peugeot 3008, en l’occurrence E-3008. Les moteurs sont également identiques, et forcément les autonomies sont proches… ou pas. Trois motorisations et deux tailles de batterie seront proposées à l’achat (ou à la location) de DS N°8. La première est la seule à avoir droit à la batterie de 74 kWh. Elle est associée à un unique moteur électrique sur le train avant fort de 230 chevaux (260 en overboost) et 343 Nm de couple. Elle envisage une autonomie de 572 km. La version Longue Autonomie (ou Long Range) troque la petite pour une plus grande batterie de 97,2 kWh qu’elle associe à un moteur plus puissant, 245 à 280 chevaux, toujours sur le train avant seulement. Sa faible résistance à l’air et à sa grande batterie associée à un moteur peu gourmand donnent à cette motorisation une consommation minimale de 12,9 kWh/100 km (moins de 15 kWh est déjà un exploit) et une autonomie globale annoncée (ou espérée) à 750 km ! Avec la même association moteur-batterie, le E-3008 annonce timidement 700 km.

Enfin, en ajoutant un moteur sur le train arrière en profitant de la même batterie de 97,2 kWh, la voiture se transforme en une quatre roues motrices non permanentes – en mode Eco, elle reste d’ailleurs une traction de 15 à 140 km/h soit… tout le temps – promettant 350 à 375 chevaux et un couple de 509 Nm ! Est-ce bien utile ? Toutefois, son autonomie n’est pas ridicule, 686 km. Décharger, c’est facile. Mais charger, combien de temps faut-il ? L’architecture 400V des deux batteries ne permet pas de revendiquer des puissances de charge pharamineuses, aussi faudra-t-il se contenter de 200 kW en pic, et 160 kW pour la plupart du temps. Comptez environ 27 minutes pour passer de 20 à 80% de capacité, si préconditionnement de la batterie.

DS N°8
DS N°8

Passons à l’intérieur. Comme dit précédemment, les nouveautés DS se font rares, donc l’habitacle de ce modèle donne une claque monumentale aux autres voitures de la gamme, tout en conservant l’ADN DS. La planche de bord très épurée, très élégante dont les parois semblent inclinées vers le haut invite au voyage. Comme toujours chez DS, on retrouve cette idée du premium à la française avec des matériaux uniques ou encore les sièges. Ici, ils sont inspirés du concept Aéro Sport Lounge, en particulier sur l’idée de l’appui-tête intégré. Pour les futurs occupants, sachez que la mousse est à haute densité, le siège en lui-même maintient mieux qu’avant, est ventilé, chauffant et massant. La nuque aussi reçoit un petit chauffage tout comme le volant.

Lui aussi s’inspire des dernières idées avancées dans les concepts car de la marque, un volant dont les branches sont en X. Original, non ? Derrière lui, devenu inévitable, un écran de 10,25 pouces affiche les informations principales nécessaires à la conduite. À sa droite, un autre écran bien plus grand (16 pouces) est séparé en deux affichages. Le conducteur manie 80% de l’écran, le reste étant laissé à disposition du passager pour les informations qui le regardent, comme le chauffage ou la navigation, entre autres. Ou sinon, la commande vocale du DS Iris Système 2.0 répond aux injonctions orales. Besoin de monter le volume de la musique ? Iris s’en charge et demande au système audio Focal de 690W de jouer plus fort. 14 haut-parleurs à bord, dont un amplificateur, s’occupent de l’ambiance sonore, en particulier avec la technologie Elektra de Focal, diffusant un son en 3D.

DS N°8
DS N°8

Pour la conduite aussi, la DS N°8 fait le plein de technologies, plus ou moins innovantes, plus ou moins utiles aussi. L’affichage tête haute, utile et déjà vu, expose le DS Night Vision, utile, directement sur le pare-brise et voit désormais plus loin qu’avant, distinguant les animaux et autres cyclistes à 300 mètres devant ! Les amortisseurs varient leur rigidité en fonction du mode de conduite, classique, mais aussi grâce à la caméra dans le pare-brise et à des capteurs d’altitude et des accéléromètres permettant de rigidifier ou de ramollir les suspensions en fonction du profil de la route. Le DS Drive Assist lit la route grâce au GPS et aux caméras. En reconnaissant les panneaux et la voie, la voiture est capable de ralentir à l’approche de virages… 

Des technologies plus ou moins intéressantes, bien plus utiles en tous cas que celle du Wrong Pedal. Est-il possible de se tromper de pédales ? Oui, mais… Ce système explique que, grâce aux caméras et radars, et aux capteurs dans l’accélérateur et le frein, il est capable de comprendre si le conducteur s’est trompé entre l’appui de la pédale de frein (à gauche) et d’accélérateur (à droite)… On nous infantilise, non ? Dernières informations utiles, le coffre est plutôt vaste, 620 litres, et de forme parallélépipède dans laquelle il est plus aisé de ranger des bagages. Et, DS oblige, les dossiers des sièges arrière s’inclinent sur 30° pour mieux accueillir les occupants. L’inconnu reste le tarif. En sachant que le E-3008 ne se négocie pas à moins de 45 000 €, on ne peut envisager une addition inférieure à 50 000 €. Le prix de la renaissance de DS ?

DS N°8

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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