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Nous l’avons déjà dit, le groupe Stellantis est très vaste. Beaucoup de leurs marques étaient concurrentes avant la fusion des deux entités FCA et PSA, ce qui rend les positionnements très… complexes. Or, il faut y parvenir. Après avoir joué aux poupées russes à l’européenne, les philosophies commencent peu à peu à se distinguer, en particularité sur les deux visions de l’automobile : l’Italienne et la Française. Entre Peugeot et Citroën, les premiers flottements disparaissent peu à peu, en particulier ces dernières années où la marque au Lion a engagé un restylage complet de sa gamme pendant que les Chevrons renouvelaient entièrement ses voitures. Résultat, la gamme Citroën est homogène – ou presque – et vient de présenter son vaisseau amiral familial C5 Aircross.
Une deuxième génération très attendue, le C5 Aircross ayant été un bon véhicule familial. Revers de la médaille : l’attente étant grande, il ne faut pas se louper. Les habitués des derniers designs ne seront pas dépaysés, et ceux qui suivent boucars encore moins. En effet, au Salon de Paris, Citroën avait déjà présenté un concept-car qu’elle annonçait très proche du C5 Aircross de série que nous vous présentons ici. Il profite de la plateforme STLA Medium du groupe, déjà vu dans les DS N°8, ou Peugeot 3008 et Opel Grandland, plateforme qui lui permet de revoir ses dimensions, à la hausse bien sûr. Plus long d’une quinzaine de centimètres, dépassant ainsi les 4,65 m de long, il est haut de 1,66 m et large de 1,90 m. Citroën parle d’une carrosserie s’écartant des rondeurs pour préférer les lignes carrées, comme les épaules de ce SUV.


Mais une forme « géométrique » ne signifie pas forcément un manque total de considération aérodynamique, la marque appuyant sur une ligne de toit descendant, peu à peu, à partir du montant B pour améliorer le coefficient d’efficience de la voiture. À l’avant, le capot droit est presque horizontal, profitant à la visibilité derrière le volant. Le pare-chocs avant dessine des motifs en chevrons – plus faciles à placer que des lions pour Peugeot… – et la signature lumineuse choisit la simplicité sans compromettre la technologie. Les épaules et les passages de roues sont fortement marqués, comme pour élargir le véhicule de manière à ce qu’il dispose d’une belle assise et prestance sur la route. À l’arrière, plusieurs détails peuvent étonner. D’une part, les trois feux « Citroën Light Wings » (je rappelle que Citroën est une marque française, au passage) sont autant d’éléments aérodynamiques dirigeant le flux d’air vers l’arrière du véhicule. D’autre part, la verticalité du hayon étonne visuellement – on est loin de la silhouette alambiquée du 3008 – mais s’explique une fois que ce dernier est ouvert.
En fait, Citroën n’a pas voulu capitaliser seulement sur le look mais aussi sur la praticité, la polyvalence. Ainsi, et quelque soit l’énergie avec laquelle le C5 Aircross se meut, le SUV dispose du même volume de coffre : 565 à 1668 litres. De bonnes valeurs pour le segment, en particulier en électrique ou en hybride où, souvent, le coffre se retrouve amputé de dizaines de litres. La banquette se rabat en trois parties (40/20/40) et les dossiers sont réglables de 21 à 33° pour que les occupants profitent mieux des voyages à bord de ce C5. En option, ils sont même chauffants ! À bord, à la luminosité offerte par les surfaces vitrées latérales s’ajoute celle du toit panoramique optionnel.


À l’avant, les nouveautés sont nombreuses et côtoient, aussi, d’antiques éléments. Commençons par le positif. Pour Citroën, l’habitacle repose sur une double idée : celle d’un cocon high-tech combinée à la philosophie Sofa Design. La planche de bord se veut aérienne, horizontale pour élargir visuellement la voiture. Et ça marche ! La sensation d’espace et de confort s’apprécie et saute aux yeux particulièrement, même visuellement, par les sièges Citroën Advanced Confort épais – mais creusés pour offrir une meilleure habitabilité à l’arrière – ventilés, chauffants et massants en option. Ils sont conçus pour mieux maintenir le corps dans les virages, et améliorer encore le confort. La technologie n’est pas en reste, et les différences philosophiques émergent clairement ici. Alors que le Peugeot 3008 dispose d’une tablette très longue et d’un tableau de bord aux lignes complexes, le C5 Aircross préfère la simplicité et accueille pour la première fois dans le groupe une tablette verticale « Cascade » très grande.
La majorité des fonctions de la voiture se commandent sur cette tablette. Les boutons physiques sont rares : sélecteur de vitesse, start-stop, warning, frein à main et sélecteur de mode de conduite. Pour le reste : direction l’écran. Contrairement à d’autres, cette tablette est séparée en plusieurs parties, dont certaines sont « fixes » pour lire les informations principales ou activer la climatisation ou le chauffage, entre autres. Il y a une partie « raccourcis » où le propriétaire sélectionne les menus et sous-menus dont il se sert le plus, et une partie « libre ». Cette tablette est compatible, avec Apple Car Play et Android Auto, sans fil, dispose de la commande vocale et même de ChatGPT… À cet immense dalle s’ajoute un écran de 10 pouces derrière le volant, relatant les informations principales, et un affichage tête haute optionnel 30% plus grand que le précédent modèle fait entrer le conducteur dans une nouvelle ère, résolument technologique. On regrette donc, dans cette débauche de futurisme et de nouveautés, la persistance des sélecteurs de vitesses et de modes de conduite identiques chez tous les constructeurs du groupe… un peu d’actualité de ferait pas de mal.


Le maître-mot de Citroën, c’est le confort. En plus des sièges ultra-accueillants, il convient d’évoquer les excellentes suspensions à double-butées hydrauliques progressives propres aux modèles aux Chevrons, qui font de ces derniers des maître-étalons de leur catégorie. La tenue de cap à haute vitesse n’est pas leur spécialité, mais en conduite coulée, presque aucun concurrent ne peut rivaliser, encore moins à ce niveau de tarif… encore inconnu. Cela dit, Citroën évoque une voiture accessible… à voir. Et multi-énergies aussi, ce qui passe forcément par… de l’électrification !
La porte d’entrée est déjà électrifiée, faiblement. Ce 145 Hybride associe le moteur 3 cylindres 1,2 litres turbo de 136 chevaux à une batterie de 0,9 kWh et un moteur électrique de 12 à 28 chevaux (en cas de boost) intégré directement dans la boîte de vitesse eDCS. Cet hybride non rechargeable promet une autonomie globale de 950 km ! Deuxième choix possible, l’hybride recharge 195. Il choisit un 4 cylindres 1,6 litres de 150 chevaux qu’il associe à une batterie de 21 kWh envoyant son énergie à un moteur à aimants permanents de 125 chevaux. Le tout est relié à la boîte à 7 vitesses. En tout électrique, elle peut parcourir 86 km, et grâce à un réservoir plus grand, la voiture peut parcourir jusqu’à 650 km d’une traite. Sinon, il y a la solution électrique, disponible en 73 kWh (210 chevaux et 520 km d’autonomie) ou en 97 kWh (230 chevaux et 680 km) disposant de trois niveaux de régénération et se rechargeant en 27 à 30 minutes grâce à de la charge rapide 160 kW. En option, une pompe à chaleur fournit l’énergie nécessaire à la climatisation, chauffage et autres équipements de confort plutôt que d’en prélever sur la batterie.

L’année prochaine, la technologie V2L (qui permet de brancher des équipements sur la voiture) sera proposée. La voiture apparaît comme intéressante, Citroën revient vers sa spécialité : l’originalité. Elle n’est pas la plus technologique, ni la plus exubérante mais il n’y a qu’elle pour nous proposer un tel design, un tel habitacle, et de tels équipements. Il ne reste plus qu’à savoir le nerf de la guerre : le prix.
