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BMW M4 CSL

« C’est un roc ! C’est un pic ! C’est un cap ! Que dis-je c’est un cap ! C’est une péninsule ! » La M4 pourrait prendre cette phrase comme une pleine insulte, mais n’en a cure et en fait une, de cure, pour permettre à la M4 de devenir plus légère. Eh oui ! C’est le retour de la CSL !

« De quoi sert cette oblongue capsule ? D’écritoire monsieur, ou de boite à ciseaux ? » se questionnait Cyrano de Bergerac dans la pièce éponyme d’Edmond Rostand. Quand la BMW Série 4 a été présentée, sa calandre a fait polémique. Pire encore, les M3 et M4 ont élargis encore leurs haricots, pour laisser passer le vent. Voilà à quoi sert cette grande ouverture. Et comme Cyrano en son temps, Série 4, M3 et M4 n’ont comme tare que ce design quelque peu clivant, tant le reste, des performances à la conduite, est parfait. Pourtant, le pari n’était pas gagné. Comme toutes les voitures, la M4 a pris du poids. Environ cent kilogrammes séparent la génération F82 précédente à l’actuelle G82. Pour compenser cette prise de masse, le 6 en ligne passe de 431 à 510 chevaux en version Compétition (la seule version disponible en France) et pour la première fois, elle se décline en quatre roues motrices déconnectables. Mais le poids reste l’ennemi ici. Et pour célébrer au mieux son cinquantième anniversaire, Motorsport Gmbh fait revivre un patronyme cher aux BM-istes : CSL, pour Competition Sport Leichtbau.

Dans la langue française, cela signifie Compétition Sport Léger. Vraiment ?

D’abord, le look.  Après de multiples teasers et rumeurs, la M4 CSL roule enfin ! Sans surprise, elle se radicalise encore plus, sans tomber dans le côté extrémiste de la M4 GTS de précédente génération, dont elle avoue s’inspirer un peu. La calandre gagne en sportivité avec un liseré rouge à l’intérieur, qui la fait ressortir. La couleur n’est pas disponible sur les M4 Compétition que nous avons, ce qui nous aidera à les différencier. Par rapport à la M4 sur laquelle elle se base, et sans grande surprise, la CSL adopte les phares laser jaunes, rappelant bien évidemment le passé de la marque, nous faisant voyager dans le temps. A l’arrière aussi, le détail des feux est différent du coupé de série, puisqu’il reprend la technologie utilisée dans la M4 GTS. Il s’agit de feux à revêtement en verre tissés de fils lumineux complexes, dixit le dossier de presse. Cela ajoute de la finesse à une voiture… qui ne l’est pas tellement. Mine de rien, le travail de la calandre et les technologies utilisées dans les optiques permettent de gagner 4 kilogrammes sur le poids total de la voiture. Nous verrons sa masse globale plus tard.

Sa vocation sportive à l’extérieur se retrouve-t-elle à l’intérieur ? Elle s’annonce Leichtbau, mais ne l’est pas vraiment. L’équipement reste complet, avec beaucoup d’équipements de série, automatiques, comme la climatisation, les radars en tout genre… Au rayon de la sportivité, le tunnel central se pare de fibre de carbone, pour flatter l’œil et la balance. Les sièges sont fixes, et sont identiques à ceux de la M4 Compétition. Le confort n’est pas leur fort, mais le maintien l’est, lui. Sur leurs dossiers, les badges CSL. Et derrière, la banquette et les ceintures ont disparu et laissent la place à un filet capable d’accueillir des casques, pour les sorties circuits.

Car oui, la CSL est faite pour le circuit. Ou, du moins, elle se vend ainsi. Elle emprunte alors à la M4 GT3 la technologie de son moteur, le M TwinPower Turbo. Par rapport à la M4 Compétition de série, elle augmente sa puissance de 40 chevaux pour atteindre 550 chevaux à 6.250 tours/minute. Un gain essentiellement dû au souffle des turbos, passé de 1,7 à 2,1 bars. Le couple demeure à 650 nm de 2.750 à 5.950 tours. Pour mener tout ça aux roues arrière – ouf ! Elle reste une propulsion – la M4 CSL s’en remet à la boite automatique ZF à 8 rapports. Les roues de 19 pouces à l’avant et 20 à l’arrière sont entourées de pneumatiques spécialement conçues pour la CSL. De quoi effacer le 0 à 100 km/h en 3,7 secondes, soit un gain de 0,2 seconde par rapport à la version de série. Le 0 à 200 demande 10,7 secondes. Et sur circuit, cette augmentation de puissance et le travail sur le châssis paye, avec un chrono annoncé sur le Nurburgring le plus rapide jamais effectué par une BMW de route, en 7’20’’207.

Pour ce faire, le poids a également été au centre des préoccupations, d’où son nom CSL. Ce serait alors 100 kg qui auraient été économisés par rapport à la Compétition. Une belle baisse, certes, mais est-ce suffisant pour mériter le badge CSL, le plus mythique badge de la marque ? Cela reste de l’avis de chacun, mais mon attention, mon cœur continue de battre pour la précédente M4 GTS. La nouvelle venue ne va, à mon avis, pas suffisamment loin. Au total, il y aura 1000 exemplaires de M4 CSL, pour les 50 ans de la marque, soit le double du nombre de M4 GTS. Et la France n’en comptera que 29, livrés, si tout se passe bien, au quatrième trimestre 2022. Le tout pour un tarif débutant à 178.000€. Malus incompris, bien évidemment.  

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

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