Catégories
Informations Nouveautés

BMW M3 Touring

La carrosserie break de la BMW Série 3 G21 est sortie huit mois après la berline G20. La M3 a fait ses débuts en septembre 2020, en même temps que le coupé. Mais le break, nous avons dû l’attendre longtemps… Le rendez-vous était immanquable.

BMW était orpheline de break sportif depuis 2010. Pendant quatre années, elle proposa la M5 E61 Touring, avec le V10 atmosphérique de 507 chevaux. Oui, sous le capot d’un break. Où est le mal ? Mais depuis, nous n’avons jamais pu avoir la chance de revoir un break siglé M, hormis les M340i ou d etc. qui ne sont pas des vraies M. D’ailleurs, la M3 n’a jamais eu droit à une version Touring, de toute son histoire, soit depuis 6 générations ! Mais, pour ses 50 ans, BMW a voulu se – et nous – faire plaisir en mettant au point le break le plus attendu de l’année, la M3 Touring. Depuis 2020, on sait que le modèle existe, des photos espions sont sorties, j’ai même eu la chance de la voir en exclusivité quelques semaines avant la présentation officielle, mais nous ne savions pas encore tout à son propos. C’est désormais chose faite : la M3 Touring est là !

Tout est dans le nom : c’est une M3 avec un hayon, ni plus ni moins. Elle reprend du Touring son allure et de la M3 sa musculature. La face avant est reprise de la version M, tout comme les deux doubles flûtes à l’arrière. En option, il est possible d’opter pour le Pack Extérieur Carbone, qui ne rend pas la voiture plus légère mais bien plus agressive encore. Derrière les jantes forgées de 19 pouces à l’avant et de 20 pouces à l’arrière se cachent des freins M Sport, installés d’origine. Les freins carbone-céramique, baptisés Freins M carbon, sont disponibles en option, en échange d’une belle somme d’argent (8.850€). Ce qui allège le compte en banque allège la voiture… En petit clin d’œil également, les badges historiques sont disponibles en option, à 210€. Mais attention, ils ne seront plus disponibles à la fin de l’année, donc il faut en profiter.

Profiter, profiter de la famille aussi. C’est également la vocation de ce nouveau modèle. Bien qu’il soit Motorsport, il est Touring. A ce titre, il propose un coffre de 500 litres, soit 20 de plus que la berline, et même jusqu’à 1510 quand les sièges arrière sont rabattus. Là, la berline est battue. Les deux univers, M et Touring se mêlent dans l’habitacle, avec ce mélange de cuir, de fibre de carbone, d’Alcantara, et en même temps cet espace généreux et la technologie qui règne à bord. Les écrans sont au nombre de deux, un derrière le volant de 12,3 pouces et un au centre, légèrement orienté vers le conducteur, de 14,9 pouces. Cela me rappelle l’i4… Via cette dalle, tous les programmes BMW et M sont accessibles. Par exemple, la climatisation. Ici, elle peut être séparée en trois zones, deux à l’avant et une à l’arrière. Ou bien la configuration des aides à la conduite. Par chance, le réglage des sièges avant se font encore via le siège, et pas via un écran. D’ailleurs, les sièges avant de la M3, les fameux baquets en fibre de carbone qui font gagner 9,5 kg sur la balance, sont disponibles également dans le break. C’est ça le savant mélange M et BMW. Mais, si sur les M340i, l’ambiance M peut être de la partie, il y a une prépondérance certaine pour la vie quotidienne, qui met plus en avant le côté BMW. Alors que sur les M3, et notamment ce Touring, le côté M ressort inexorablement. Et c’est tant mieux.

De fait, via l’écran central, il est possible de configurer tout ce qui touche non seulement à l’ambiance à bord, l’éclairage, le son, le bluetooth, la température etc., mais aussi tout l’univers M. Parmi les programmes, il y a les différents modes de conduite, Normal, Sport, Piste, mais également les différents réglages de boîte de vitesses, la répartition du couple – on y reviendra – et bien d’autres éléments. Mais avant tout, faisons connaissance avec ce qui se cache sous le capot de la bête. Sans surprise, on retrouve le même moteur que la M3, c’est-à-dire le 6 en ligne 3.0 biturbo de 510 chevaux et 650 nm de couple, associé à une boîte automatique ZF à 8 rapports. Ainsi pourvu, le break peut filer de 0 à 100 km/h en seulement 3,6 secondes, et atteindre les 200 km/h en 12,9 secondes depuis l’arrêt. La vitesse maximale est de 250 km/h, voire 280 avec le Pack Expérience M. Epoustouflant, n’est-ce pas ? C’est là que le soufflé retombe très légèrement. Car ces chiffres se rapprochent de ceux de… la M3 xDrive, qui abat le 0 à 100 en 3,5 secondes. Cela veut-il dire que la M3 Touring est une xDrive ? Eh bien oui. D’ailleurs, son nom entier est BMW M3 Competition Touring MxDrive. Et cette lettre M avant le x change tout.

Ce programme a été initié sur la M5 F90, la génération actuelle, qui passait pour la première fois à la transmission intégrale, pour mieux faire passer la puissance au sol et ainsi rassurer les clients qui, certains, craignaient les dérives du train arrière. Le MxDrive signifie transmission intégrale Motorsport. Globalement, c’est une transmission intégrale qui préfère donner au train arrière plutôt qu’au train avant, pour garantir un comportement plus survireur, moins rivé au sol. En un mot : plus marrant. Ou plus BMW. En tous cas, aux antipodes de ce que proposait Audi sur ses RS contemporaines. De plus, grâce à un différentiel central, il est possible, via le fameux écran tactile, de déconnecter le DSC, le Dynamic Stability Control, et de dessiner de belles virgules. En vraie BMW ! Et il est même possible, en break, de drifter, et la voiture peut même donner une note sur les compétences du pilote, grâce au M Drift Analyser. Mais elle n’oublie pas d’être efficace. Pour cela, elle dispose d’un système M Laptimer, qui répertorie les temps aux tours de la voiture sur les circuits qu’elle arpente. Quoi ? Le circuit n’est pas la place d’un break ? Détrompez-vous, la M3 Touring peut y aller, et peut même s’en tirer avec les honneurs.

En amont de sa présentation, BMW a annoncé avoir battu le record du Nurburgring dans la catégorie des breaks sportifs. Jusqu’ici, il était détenu par la Mercedes Classe E 63 AMG Break, qui tournait en 7’45 environ. Chose importante, ce record n’était pas homologué, ce n’est pas Mercedes officiel qui l’a envoyée, mais un journal. Cela dit, malgré sa puissance de 612 chevaux, le break de Stuttgart peut aller se rhabiller, puisque la M3 Touring a tourné en 7’35’’060 sur le tracé complet. Pour donner un ordre d’idée, c’est 15 secondes moins rapide que la M4 CSL récemment dévoilée, et un temps équivalent à celui d’une AMG GT S ! C’est très impressionnant, d’autant plus que la M3 Touring pèse lourd, 1865 kg. Nul doute que sa transmission intégrale, sur laquelle on pouvait pester, l’y a aidé. Le magazine allemand Sport Auto a d’ailleurs testé sur le Nurburgring une M4 Competition propulsion et une intégrale, pour voir les temps qu’elles réalisaient sur l’Enfer Vert. La différence est de deux secondes. D’autant que, comme dit précédemment, la transmission intégrale rassure, même pour les clients BMW…

La BMW M3 Touring, aussi technologique soit-elle, a droit aux honneurs. Lourde, agressive, puissante, accueillante, elle rassemble tous les antagonistes. BMW a même pensé aux conducteurs pressés, puisqu’elle a installé des rails dans le coffre pour permettre de bloquer les bagages en cas de conduite sportive/dynamique. Bien pensé. Mais elle prend soin de répondre aux demandes des clients. Ils demandaient une M3 Touring, ils en ont une. Tous les clients de la marque n’en auront pas une, vu le tarif demandé. Sans option, ni malus – on commence à connaître la chanson – la M3 Touring est affichée à 111.950€. Le prix d’un morceau d’histoire tant attendu.

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

Laisser un commentaire Annuler la réponse.