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Maserati Quattroporte V


« Il ne reste plus beaucoup d’essence » dit Léo, « il faudrait aller faire le plein. » La clef dans l’espace qui lui est réservé, le moteur allumé, nous allons en direction de la station-service la plus proche, sans que nos cerveaux aient eu le temps de penser.


S’étendant sur plus de 5 mètres, sa silhouette est d’une élégance rare. L’on reconnaît rapidement l’identité Maserati, de par les trois ouïes latérales de chaque côté de la voiture, par la calandre, et par la présence du Trident sur les montants de portes arrière. Signé Pininfarina, le design ne pouvait présenter de défauts. D’un point de vue purement esthétique, la Quattroporte est une réussite. Elle conserve un charme absolument unique. Seule l’Aston Martin Rapide, venue par la suite, me semble être sa concurrente.

Sa beauté extérieure est reconnue par tous. Mais c’est à l’intérieur que les choses se corsent un peu plus… A sa sortie, la Quattroporte V était affichée à un tarif supérieur à 100.000€. Pour ce prix, la Maserati que nous approchons dispose d’une sellerie en cuir de plusieurs teintes, de boiseries élégantes, d’un écran tactile de dernière génération pour l’époque, et d’une boîte robotisée à 6 rapports. L’habitacle paraît plus étroit que celui de la Bentley. Pourtant, la différence de largeur n’est que de 4 centimètres, plus élevée chez l’Anglaise. L’Italienne dispose également d’un empattement plus petit – toutes proportions gardées – s’élevant à 3,06 mètres. Logiquement, la Maserati accueille donc moins bien ses passagers. Mais c’est sans compter sur le charme à l’italienne. Les vitres un brin teintées à l’arrière nous embarque dans une ambiance de luxe où l’on se prend pour une star.

Les sièges sont bien sûr confortables. La climatisation s’invite également à l’arrière et il est même possible, pour le passager arrière droit de faire avancer le siège du passager avant pour laisser plus d’espace à ses jambes. Pour être honnête, nous n’avons pas besoin de jouer avec ce bouton-ci car les sièges arrière sont eux-mêmes réglables en profondeur et en hauteur, électriquement bien entendu. Oui, nous sommes plus engoncés dans cet habitacle que dans celui de la Bentley. Oui, la finition est de moins bonne facture. Mais son côté « cosy » son habitacle qui correspond plus à la taille humaine fait que, personnellement, je m’y sens mieux. De multiples compliments qui ne peuvent pourtant permettre à la Maserati de se vendre rapidement.

Italienne oblige, la finition n’est non pas médiocre mais pas vraiment au niveau de celle des concurrentes qu’elle a dans sa ligne de mire. Le volant, par exemple, se décolle. Les cuirs sont marqués, le ciel de toit a dû être refait, la boîte à gant électrique n’a plus de retenue. La console centrale compte des boutons d’origine Fiat. Quant au GPS, il a pris un beau coup de vieux. A ce prix-là, les acheteurs de ce véhicule neuf pensaient-ils que leurs Quattroporte allaient aussi mal vieillir ? Car aujourd’hui, elle s’échange à moins de 20.000€. Le prix d’une belle carrosserie d’italienne, et les défauts qui vont avec. Pour ce tarif, vous avez aussi droit à une cathédrale mécanique.

En 2003, on devait encore tourner la clef dans le contact pour allumer le moteur. Et quel moteur ! Car, dans le groupe Fiat, Ferrari propose ses moteurs aux autres marques du groupe. Ainsi, la Quattroporte dispose du V8 de la F430. Un V8 atmosphérique de 410 chevaux qui prenait place, à l’origine, sous une carrosserie de supersportive. Là, il se doit d’être la compagne d’un voyage de potentiellement 5 personnes. Limousine oblige, la Quattroporte ne propose pas la boîte mécanique à 6 rapports pour sa transmission. D’un côté, ce n’est pas si mal puisque la Maserati pèse tout de même près de 2 tonnes. De l’autre, cela oblige la limousine de rouler avec la boîte F1.

Comme son nom l’indique, elle trouve son origine dans le championnat du monde de Formule 1. Elle compte 6 rapports, 2 embrayages et égrène les rapports grâce aux palettes au volant. Lors de sa sortie, elle était extrêmement rapide pour une boîte auto, mais relativement lente par rapport à une boîte mécanique. Aujourd’hui, elle passe pour beaucoup comme une antiquité. Voyons si, en passager, ces changements de rapports sont aussi perceptibles qu’on le dit…

En attendant qu’elle soit chaude, il ne faut pas aller trop haut en régime. En conduite normale donc, la Maserati surprend par un confort agréable mais également par sa sportivité. Plus raide en suspension que la Bentley – positionnement oblige – elle négocie bien mieux les virages. Mais la clef de sa sportivité n’est pas seulement ce point précis. Lors de sa sortie, elle devint la limousine la plus rapide du monde, avec 275 km/h en pointe, vérifiée pour le Guinness Book. Autre point clef, son centre de gravité, moins haut perché, qui lui permet de moins cabrer et plonger à l’accélération et au freinage. Enfin, son poids, certes élevé, mais relativement bas pour une limousine. Merci la propulsion.

Le moteur est désormais à température, il est temps d’appuyer un peu plus fort. Toujours passager, ma tête rencontre rapidement l’appui-tête lorsque la pédale de droite s’affaisse. Le moteur rugit de plus en plus fort, jusqu’à ce que le son devienne divin à l’approche des 6.000 tours. Puis, d’une pression sur la palette de droite, le conducteur passe le message à la boîte de passer la deuxième. Pendant que le message passe, l’inertie prend sa place, le moteur ne pousse plus pendant un instant suffisamment long pour que ma tête reprenne sa place, mais suffisamment court pour qu’on ne se rende pas compte qu’on avait arrêté d’accélérer. La deuxième est enfin passée, et l’appui-tête retrouve mon cuir chevelu. Et ainsi de suite jusqu’à une vitesse trop élevée.

Enfin à allure stabilisée, fenêtres fermées, le moteur ne se fait plus entendre. Les bruits d’air sont franchement peu audibles, et pareil pour les bruits de roulement. Rarement je m’étais senti aussi bien dans une voiture. Puis, la limitation de vitesse de 20 km/h, et il est temps que le V8, que l’on croyait endormi, se réveille. Et c’est dans un feulement qu’il augmente rapidement le chiffre des dizaines. Rien que ce moteur vaut le détour. La boîte n’est pas agréable mais cela fait peut-être partie, comme tout défaut, de son charme.

Charmante, voilà finalement le qualificatif idéal de la Maserati Quattroporte. Moteur fabuleux mais finition plus que moyenne, elle est sur un fil. Mais dès qu’on voit ce logo, on ne peut rester insensible très longtemps…

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

Une réponse sur « Maserati Quattroporte V »

[…] Notre photographe demande s’il peut voir la Maserati. Les portes latérales s’ouvrent sur un habitacle couvert de cuir, de différentes teintes. En ouvrant le capot moteur, nous ouvrons les portes d’une cathédrale. Une cathédrale où du chant en provenance directe de Fiorano va se faire entendre… Lire plus. […]

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