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Aston Martin Valkyrie


En ce moment, c’est la mode : faire une voiture de folie, avec des technologies dernier cri, qui bouscule les codes tant esthétiques que dynamiques, et lui retirer l’homologation pour une série limitée. Et multiplier les versions…


Ça met l’eau à la bouche, n’est-ce pas ? Il faut remonter à 2017 pour tout comprendre. Aston Martin se lie à Red Bull pour son expertise en Formule 1 et toutes ses connaissances en matière de comportement. Pour célébrer cet accord, le Salon de Genève accueillit l’AM-RB 001. Loin, bien loin de ce que nous propose normalement la firme de Gaydon. L’AM-RB 001 troque le design sublime de ses coupés à moteur avant pour une bestialité toute trouvée, jusque dans son nom barbare qu’on lui donnera lors de la présentation de son design définitif. Car la « 001 » est un concept. Le travail aérodynamique est plus que visible. On voit bien les connaissances transmises par Red Bull F1 Team. A celles-ci s’ajoute la finesse d’Aston Martin, la beauté des appendices. Terriblement longue, large et basse, elle semble prête à en découdre. Une vraie guerrière ?

C’est un fait, puisqu’elle s’appelle Valkyrie. Selon la mythologie nordique, les Valkyries sont les servantes d’Odin, le maître des Dieux. Et l’Aston est une servante de la Formule 1 pour la performance sur route. A juste titre. Elle est, en effet, la voiture la plus performante du monde d’après la marque. La quête de la vitesse maximale en ligne droite, pas intéressant. La barre est trop haute, alors il faut se tourner vers la performance sur une piste. La Valkyrie contient certes tout le savoir-faire de Red Bull en F1, mais elle ne doit rien à l’écurie pour son moteur, qui promet d’être une petite merveille.

Red Bull n’a jamais été motoriste, même si l’écurie envisage de créer son unité à partir des brevets de Honda d’ici 2024. Et Aston Martin non plus d’ailleurs. La marque anglaise a toujours pioché chez les autres constructeurs pour satisfaire ses clients. Le V12 6.0 tant apprécié par les afficionados n’est-il pas en réalité deux V6 collés d’origine Ford ? Et le V8 ? Le 4.7 n’est pas des plus performants même si très sonore. Maintenant, les Anglaises chantent dans la langue de Freud, puisque les moteurs sont d’origine Mercedes-AMG. Le partage de moteur est initié avec la DB11 et son V12 5.2, puis avec la Vantage et son V8 4.0. Elle le partage d’ailleurs avec sa concurrente l’AMG GT S. Mais pour la Valkyrie, Aston Martin voulut quelque chose de… mieux.

Comme un dernier tour de piste, la nouvelle hypercar embarque un V12 atmosphérique de 6.5 de cylindrée. A l’origine de ce moteur, un appel entre Adrian Newey et le patron de Cosworth, l’un demandant à l’autre s’il pouvait faire un V12 atmo de plus de 1000 chevaux et de moins de 200 kg. Un seul et unique objectif ne fut pas réussi : le poids. Le V12 pèse en réalité 204 kg. 4 kg, ce n’est pas la mer à boire. Et ce moteur digne des Dieux sort 1000 chevaux, en effet. Bravo Cosworth. Sur Internet, il est possible d’entendre rugir ce moteur. De l’entendre hurler jusqu’à son régime moteur maximal, de 11.000 tours ! Sommes-nous réellement en 2021 ? Eh bien, oui. D’ailleurs, pour coller au mieux à sa première définition de « Formule 1 sur route », la Valkyrie ne se contente pas du V12 de 6.5 pour mouvoir sa carcasse de fibre de carbone. Non, elle opte pour l’hybridation, légère cela va sans dire.

Loin de ce que Mercedes peut proposer avec la récente Classe C et ses potentiels 100 km d’autonomie en tout électrique, l’Aston utilise l’électricité pour la performance. Ainsi, la puissance passe à 1155 chevaux. Il est presque loin le temps où proposer 1000 chevaux sur une voiture homologuée route tenait du mythe… Sauf que, contrairement à bien des super et hypercars du marché, le moteur est ici atmosphérique, ce qui change absolument tout. Dans un moteur suralimenté, la puissance et le couple interviennent très brutalement lors de la réaccélération. Or, dans un moteur à respiration naturelle, les montées en régime sont moins brutales, ainsi la puissance et le couple ont le temps d’arriver. C’est pourquoi les moteurs atmosphériques sont plus faciles à dompter. Alors, chevaucher la Valkyrie sera facile ?


Pas si vite. N’oublions pas qu’elle est une hypercar. Aussi se doit-elle de proposer des sensations qui lui sont propres, et des performances de haut niveau. N’oublions pas non plus qu’elle est hybride, et que la puissance électrique peut être difficile à prendre en main. La prendre en main, justement. Car elle se pilote. D’ailleurs, son cockpit se rapproche de celui des pilotes de Formule 1, à un détail près : il y a deux sièges. Enfin, plutôt des baquets. Point de ceintures mais des harnais six points. Tant mieux, ça permettra au corps de mieux vivre les changements de cap de la voiture.

Au centre de l’habitacle, un écran tactile qui guidera à coup sûr les propriétaires les plus fous entre leur maison et leur circuit préféré. Des écrans aux extrémités de l’habitacle reflètent ce qu’il y a derrière, via les rétroviseurs, qui sont des caméras. Un quatrième et dernier écran prend place au centre du volant carré. Ce pavé numérique comprend toutes les informations utiles, comme la vitesse ou le régime moteur. La position de conduite, idoine à celle des pilotes de Formule 1, risque de ne pas être appréciée de ceux qui l’utiliseront pour faire les beaux sur la Croisette. Mais qu’importe, car la Valkyrie n’est pas faite pour enfiler des perles mais pour enchaîner les tours.

Aucun compromis n’a été fait, la marque l’assure, allant même jusqu’à choquer le monde en reprenant presqu’aucune courbe des Aston conventionnelles.


Moteur central arrière oblige, les proportions sont différentes des GT que sont les Vantage DB11 ou DBS. Le cockpit est donc très avancé. La Valkyrie est large, très large, avec des arches de roues très prononcés garantissant une hauteur minime, ce qui favorise la pénétration dans l’air. Elle est également longue, très longue, avec des porte-à-faux très, mais alors très courts. L’empattement lui se révèle grand, augurant une belle stabilité à haute vitesse. Reste à voir si, dans les virages serrés, elle sera si facile à conduire. Mais ces choix sont dictés par l’aérodynamique. Et Aston ne refusant rien à la performance pour sa Valkyrie, va même jusqu’à éloigner l’élégance de son cahier des charges.

Pourtant, elle est relativement présente. A l’avant notamment avec cette vraie-fausse calandre qui lui fait une belle moustache. L’élégance est permise également dans l’absence d’éléments aérodynamiques totalement disgracieux. Nous sommes loin de la McLaren Sabre, extravagante à souhait. Pourtant, la carrosserie tout en carbone de la Valkyrie est parsemée d’éléments aérodynamiques mais ils sont plutôt bien intégrés, ce qui flatte à la fois la rétine d’une personne lambda et le génie des ingénieurs qui en sont les créateurs. Toute sa carrosserie a été dessinée dans un seul but : laisser circuler l’air le mieux possible. Le designer en chef et l’aérodynamicien en charge du projet Valkyrie ont souvent discuté à ce propos car, pour l’aérodynamicien, chaque demi-centimètre change tout sur l’appui de la voiture, alors que le designer pense juste à faire plus beau.


La complexité des lignes trahit un appui sûrement très élevé, mais que la marque ne révèle pas. Elle ne divulgue pas non plus ses performances. Nous ne pouvons que faire des suppositions. Le 0 à 100 ? Moins de 3 secondes espérons. A 200 ? Moins de 7 secondes, à coup sûr. A 300 ? Sa concurrente première, la Mercedes AMG One, avance moins de 11 secondes, l’Aston aussi ? A 400 ? Ira-t-elle à cette vitesse ? La réponse est sûrement négative. Et le freinage ? Sera-t-il digne d’une hypercar ? Sera-t-il aussi performant que celui d’une McLaren Senna ? Espérons-le. Et en virage ? Elle se comportera bien ? Mal ? Aston Martin ne dit rien, ou presque. Nous ne savons que certains chiffres, notamment sa masse, d’environ une tonne. Et son prix, de près de 3 millions d’euros. Rien ou presque ne fuite.

Pendant un moment, nous avons presque craint l’arrêt du projet de l’hypercar la plus folle du moment. La peur s’est installée, puis une photo s’est retrouvée sur le site de la marque. Une photo d’une Valkyrie « énervée ». Comme si elle ne l’était pas suffisamment comme cela… Retour en arrière, lors de la présentation de la Valkyrie, lorsque la marque annonça au monde entier qu’une version AMR Pro basée sur son hypercar sortira. Serait-il possible ? Une semaine plus tard, Aston dévoila la Valkyrie AMR Pro. On prend les mêmes, on recommence ? Non, pas cette fois. La Valkyrie n’est pas une voiture comme une autre, et à ce titre sa variante n’est pas une variante comme une autre.


Comme McLaren et sa P1 GTR, dérivée de la P1 de route, ou Ferrari avec la FFX K dérivée de la LaFerrari, l’AMR Pro n’est, en aucun cas, destinée à emprunter les voies urbaines. Lors de l’annonce du règlement LMH du championnat d’Endurance, Aston Martin s’est montrée très intéressée. Et la version AMR devait y aller. Mais la marque, mal en point pendant la crise sanitaire, fut rachetée par le richissime homme d’affaires Lawrence Stroll, qui décida de tirer un trait sur le WEC pour se concentrer sur la F1. Sauf que le projet avait bien avancé. Alors, que faire de toutes ces données ? De toutes ces avancées ? Une pistarde, que dis-je, la pistarde ultime.

Au-dessus encore des Senna GTR, des Vulcan AMR Pro, des Huayra R et autres FFX K EVO. Fini de rigoler. Il n’existe pour l’instant aucun exemplaire routier, a contrario de la version routière. Mais les rendus 3D mettent plus que l’eau à la bouche, ou le sans-plomb dans le réservoir. Débarrassée des règlements, la Valkyrie AMR Pro retire la fée électricité de son compartiment. Plus légère donc. Mais également encore plus méchante. Aucun chiffre n’est encore une fois communiqué, excepté certaines dimensions qui ont changées. L’empattement par exemple, déjà long sur la version standard, s’est vu prolongé de 38mm. La voie avant augmente de 96mm et l’arrière de 115mm. Les éléments aérodynamiques, tels que l’aileron arrière, augmentent encore sa longueur de 266mm. Mais tout cela n’est pas là pour faire beau.


Non, loin de là. C’est seulement fait pour l’efficacité sur circuit. Tous ses éléments aérodynamiques lui confèrent un appui deux fois supérieurs à la Valkyrie de base. Autrement dit, si la Valkyrie dispose de plus de 1000 kg d’appui, l’AMR Pro en avancerait plus de 2000… Pire encore, l’accélération en virage pourrait atteindre jusqu’à 3G ! La voiture serait aussi rigide que cela ? Impressionnant. Autant dire tout de suite qu’il faudra avoir de l’expérience pour pouvoir réussir à dompter cette bête sur un circuit aussi exigeant que celui du Nurburgring ou aussi rapide que Silverstone. Quant à savoir comment elle se comporte sur un virage rapide comme le Raidillon de l’Eau Rouge de Spa-Francorchamps… On aimerait savoir tout cela.

Sauf que, premièrement elle risque de ne pas être donnée. Aucun prix officiel n’a été dévoilé, mais il se chiffrera à plusieurs millions, 3 au bas mot. Deuxièmement, elle n’est limitée qu’à 40 exemplaires. Enfin, la marque n’a pas communiqué sur son aisance sur les circuits précédemment cités mais sur un autre. Tobias Moers, le récent PDG de la marque, a un objectif de temps au tour pour sa nouvelle protégée sur le circuit des 24H du Mans. Sur les terres mancelles, la Valkyrie AMR Pro devrait tourner, d’après cet homme, en environ 3’20’’, soit 8 secondes de mieux que la Toyota partie première lors de la dernière course d’endurance. C’est également 2 secondes de mieux que la Porsche 919 Hybrid. Une voiture plus rapide qu’une voiture faite spécialement pour cette course, ce serait fabuleux. Mais ne nous enflammons pas trop vite.


Découvrons plutôt la plus désirable variante. Si vous avez suivi jusqu’ici, vous savez que la Valkyrie est mue par un V12 atmosphérique. Aussi chante-t-il très bien. Son rupteur est fixé à 11.000 tours/minute, la mélodie du bonheur accompagnée des performances de folie. Mais imaginez deux secondes cette mélodie sans le toit qui sépare le pilote et son éventuel passager de l’air libre. Vous y arrivez ? Si oui, bravo, belle imagination. Sinon, Aston Martin a prévu de vous montrer ce que ça donne. Les concours d’élégance ont vu de nombreuses superbes voitures. Elégantes, bestiales, flambant neuves ou plus âgées. Il y a par exemple l’Aston Martin Vantage, qui fut redessinée par Zagato en 2011. Dévoilée à la Villa D’Este en Italie, elle a attiré les foules. Eh bien, là, c’est pareil.

L’attente a commencé via les réseaux sociaux, où Aston Martin a dévoilé une vidéo où l’on voit une Valkyrie disons… spéciale. Pour accéder au cockpit de la Valkyrie, les portes sont à ouverture papillon, comme la mythique Mercedes 300SL ou la récente SLS AMG. Dans cette vidéo, les portes s’ouvrent en élytre, comme une McLaren ou une LaFerrari. Se pourrait-il donc qu’une variante découvrable dérivée de la Valkyrie voie le jour ? La réponse est positive. Seules 85 personnes pourront profiter des vocalises et des performances de la Valkyrie à l’air libre. Encore une fois, aucun prix n’a été communiqué, mais la marque a tout de même travaillé sur la voiture pour rigidifier quelques éléments afin de pallier le manque de toit. La Valkyrie Spider fera des émules.

Un trio de choc. Un coupé, un spider et une pistarde. Le début d’une mauvaise blague ? Non, plutôt la promesse d’un avenir radieux pour l’automobile sportive. Même si, sur route ouverte, on n’atteindra jamais ne serait-ce qu’1% des limites de la Valkyrie, pouvoir entendre, écouter, ce moteur divin… Et si je devais en choisir une ? L’AMR Pro me plaît énormément, mais il me faudra prendre des cours de rattrapage pour le pilotage. Sinon, le coupé ferait l’affaire. Quoique, le Spider attire l’œil. Indécis ? Non, amoureux. 

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

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