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BMW Série 8 840d


Le chiffre 8, dans le bureau de marketing de BMW est synonyme d’avant-garde.


La première à être affublée de ce chiffre est la Série 8 des années 90, nom de code E31. Véritable vaisseau amiral de la marque, cet imposant coupé a apporté moultes innovations à la gamme les années suivantes. Sa ligne est inspirée de la M1, la supercar des années 70. A défaut d’être proposée en M8, elle reçoit la dénomination 850CSi, avec un V12 de 380 chevaux, une puissance qui peut faire sourire aujourd’hui, mais à l’époque, il s’agissait d’une chose exceptionnelle. En plus de ce moteur gargantuesque, la 850CSi arrive avec un système de roues arrière directrices, braquant jusqu’à 2,20 degrés. Ce système permettait une excellente stabilité à haute vitesse.

En 1999, BMW présente un concept de roadster s’inspirant du fameux 507 – que possédait Elvis Presley – le Z07. Ce concept a beaucoup plu, et la marque décide de le commercialiser presque tel quel. Voici le Z8. Un moteur V8 de M5, boîte manuelle. S’il n’est pas révolutionnaire, il est époustouflant.

Nous voilà en 2013, BMW présente une nouvelle gamme de voiture, la gamme i, se voulant plus technologique et électrique. Son premier modèle s’avère être une citadine unique en son genre, l’i3. Son second modèle est un coupé aux lignes directement inspirées de la M1, elle aussi, l’i8. Qu’apporte-t-elle ? Outre son look de navette spatiale, elle apporte des options jusque-là presque jamais vues, comme les phares lasers, technologie qui permet d’éclairer jusqu’à 600 mètres, l’i8 est la première GT sportive hybride. Son 3 cylindres de 231 chevaux est associé à plusieurs moteurs électriques pour faire grimper la puissance à 362 chevaux, puis 374 dans sa deuxième version.

Nous voilà en juin 2018. BMW participe au championnat d’endurance, le WEC dans la catégorie GTE pro, avec la M8 GTE. Le coupé de route, lui, n’est pas encore dévoilé. Et c’est le cas de le dire car, tout le long de la semaine des 24h du Mans 2018, la Série 8 était présente entourée d’une M5 et d’une autre, la Série 8 au centre, voilée. Toute la semaine, j’ai tourné autour d’elle, sans pouvoir la voir en détail, seulement ces lignes globales. Vendredi, veille de la course, la Série 8 est présentée dans sa version M850i, qui coiffe la gamme avant l’arrivée de la M8 quelques mois plus tard. Elle a fait fureur.

Son design a été fortement inspiré du concept 8-series présenté à la Villa d’Este en 2017, et ce n’est pas plus mal ! Sa dénomination, Série 8, nous fait penser qu’elle est la déclinaison deux portes de la limousine Série 7, or elle reprend la plate-forme de la Série 5. Ainsi, elle prend la place de la Série 6. Peu importe, pourvu qu’elle soit belle. Et elle l’est. A la fois plus grosse et plus raffinée que le coupé Série 6 qu’elle remplace, la Série 8 semble plus apte à rouler vite que celle qu’elle remplace. Ses hanches marquées, son caractère affirmé, sa ligne élégante font d’elle une compagne idéale. Et à l’intérieur ?

Les sièges avant sont totalement nouveaux, tout comme les motifs qu’ils arborent. La console centrale aussi est nouvelle, parfaitement orientée vers le conducteur tout en n’excluant pas le passager. Au centre, pour commander la boîte de vitesses, vous avez affaire à un magnifique sélecteur en cristal, avec le chiffre 8 visible à travers. Je me souviens, lorsque je suis monté dès le samedi de la présentation, avant la course, dans la M850i, ce sélecteur m’avait fait chavirer. Le bouton Start Engine est lui-aussi en cristal. Au centre de l’habitacle, l’écran tactile trône fièrement. Il comprend un capteur pour régler le volume du son dans la voiture. Il vous suffit de placer la main devant l’écran, doigt pointé vers lui, et tournez-le. Vers la droite, vous l’augmentez ; vers la gauche, vous le diminuez. Il faut le voir pour le croire. Les sièges sont électriques, sauf pour rabattre le dossier vers l’avant pour accéder aux places arrière, où il faut tirer sur une lanière de cuir. Rien de bien sorcier et cela ne ternit pas l’image que j’ai de ce magnifique coupé. Les places arrière, elles, ne sont pas aussi accueillantes que celles à l’avant, nous nous y attendions. Cependant, pour un coupé long de 4,85 mètres, nous nous attendions à un meilleur accueil. Pourtant pas très grand, mon mètre soixante-dix s’est vite retrouvé à tutoyer le plafond. Pas très confortable donc, mais rien d’anormal pour autant. En effet, si vous souhaitez avoir et une Série 8 et de l’espace à la tête, vous avez deux choix : la Série 8 Gran Coupé, qui s’allonge de 20 cm, ou le cabriolet qui, une fois décapoté, vous laisse avec pour seul toit, le ciel, avant que celui-ci ne vous tombe sur la tête. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas un drame, puisque la Série 8 n’est ni plus ni moins qu’une GT à conduire, et c’est ce que nous allons voir par la suite.

D’abord, me voilà en passager, où je retrouve cet intérieur qui m’avait tant plu il y a de cela presque 3 ans. Je me sens comme chez moi, alors que non. Les sièges à réglages électriques sont très confortables et savent maintenir, même un gabarit comme moi, à condition de bien régler les coussins d’air qui se gonflent à votre demande. Pratique pour ne pas avoir à demander au pilote de s’arrêter après un ou deux virages… Le moteur qui nous accompagne est un 6 cylindres en ligne, digne d’une vraie BMW, carburant au gazole, un peu moins digne. Et pourtant ! Cette grande GT de 1830 kg, même si diesel, propose un son moteur tout à fait surprenant, voire plaisant, qui vous encastre dans les sièges comme peu le font. En même temps, ce 6 cylindres diesel propose 340 chevaux tout en haut du compte-tours, à 4.400 tours/minute, et un couple impressionnant de 680 nm dès 1.750 tours/minute, autant dire dès que le pied se rapproche de la pédale de droite. Mais à un moment, il faut bien s’arrêter, non ? Pour cela, la Série 8 se dote de freins de très bonne facture.

Petit passage en ville, où nous voyons bien des yeux nous scruter. Mention spéciale à cet enfant d’une dizaine d’années qui, à la vue de notre Série 8, à arrêter de parler à son ami pour sautiller tout en disant « oh la voiture !!! ». Gratifiant !

Changement de conducteur, pour une petite portion de route. Le temps de régler mon siège, le volant, nous voilà partis. Pourtant large, 1m90, le gabarit me rentre vite en tête. L’affichage tête-haute est toujours aussi bien placé : assez haut pour ne pas avoir à baisser la tête, suffisamment bas pour ne pas gêner le champ de vision. Parfait quoi ! Premier engagement, puis arrêt au stop pour une bonne minute… Cela peut paraître court, surtout dans une voiture aussi confortable, mais les voitures derrière n’étaient pas de cet avis… Enfin une opportunité, je m’élance pour m’engager sur la gauche. Pour ce faire, naturellement, je tourne le volant et, surprise !

Et pourtant elle tourne ! Non mon cher, elle pivote.

Je pensais vraiment qu’il me faudrait plus tourner le volant que cela. Les quatre roues directrices, initiées il y a donc bien longtemps sur la Série 8 E31, font des merveilles ici. La direction, légère, est une merveille quand la voiture est en mode confort. D’une douceur impériale, la Série 8 semble être en lévitation sur la route tant le confort est royal. Chaque virage est un régal. Un rond-point s’annonce. Je souris rien qu’en voyant le panneau. Et il me faut prendre la dernière sortie ! D’abord, devoir appuyer sur les freins. Le temps s’arrête. La voiture semble se planter dans le goudron. Pour la première fois, mon pied gauche n’a pas demandé à intervenir. Suis-je en train de me faire à la boîte automatique ? Je ne l’espère pas. D’autant que celle-ci est parfaite. Les rapports passent sans à-coup, même en mode Sport et avec l’utilisation des palettes, qui tombent sous la main, naturellement. Sur le dernier rapport, le 8ème, le moteur sait se faire oublier. Mais dès qu’il faut doubler un cycliste avant de ne plus le pouvoir, une pression un peu plus importante sur l’accélérateur et les rapports descendent, et le moteur se remet à rugir de ce doux son roque, et les vitesses sont inavouables très rapidement… On appuie doucement sur les freins et la vitesse redevient acceptable.

La 840d s’apprécie à vitesse stabilisée tout en s’autorisant de bonnes accélérations. Un tapis volant, mais parfois violent, surtout à l’arrière. Car les places arrière, ne bénéficiant pas d’appui-têtes, obligent les passagers arrière à suivre la route et les pieds du conducteur, pour ne pas se faire surprendre par le couple dantesque et ainsi ne pas avoir de coup du lapin. La boîte de vitesses est parfaite, et l’info-divertissement très avancé à mon goût.

Bientôt en vente chez BMW Legrand, pour plus d’informations suivez-les sur Instagram (@bmw.lemans)
Merci à eux pour la confiance.

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

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