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Une hypercar, c’est quoi ?


La semaine dernière, nous avons retracé l’histoire de l’un des modèles les plus importants de l’histoire de l’automobile, la Bugatti Veyron. Elle repoussait les limites de performances que nous croyions indépassables, et qui a inventé un nouveau mot : hypercar. Mais que définit véritablement ce terme ?


La semaine dernière, nous avons retracé l’histoire de l’un des modèles les plus importants de l’histoire de l’automobile, la Bugatti Veyron. Elle repoussait les limites de performances que nous croyions indépassables, et qui a inventé un nouveau mot : hypercar. Mais que définit véritablement ce terme ?

Les hypercars, c’est la marche la plus haute du marché de l’automobile. Ce sont tout simplement des voitures de course pour la route, des performances et des sensations dignes de voitures de course mais pouvant rouler sur la route. Rien ne les égale, rien ne les surpasse, hormis peut-être les voitures de track day et les voitures de course, bien entendu. Mais en réalité, beaucoup de marques disent proposer une hypercar, sans vraiment en donner leur définition… La première à avoir utiliser ce mot, c’est Bugatti, nous l’avons vu. Et depuis, beaucoup de marques et de philanthropes montrent au monde le fruit de leur imagination et leur vision de la voiture parfaite et extrême, le plus souvent au Salon de Genève ou au Top Marques de Monaco. En présentant « leur hypercar », chacun montrait des caractéristiques différentes…

Il y a les marques qui ne recherchent que la vitesse maximale, et pour qui les virages ne sont pas une sinécure, comme Koenigsegg, Hennessey, la plupart des Bugatti de l’ère 2000, SSC, j’en oublie bien évidemment. Elles peuvent être conduites sur route, mais sur circuit, bien souvent, elles perdent leurs moyens. Elles attirent les yeux des plus curieux qui voient le compteur aller jusqu’à… 500 km/h. Déjà, celui qui a déjà roulé à 200 km/h avouera que la vitesse est déjà très élevée. Mais plus de 500 ?!

Seule SSC et sa Tuatara de 1750 chevaux aurait – noter bien l’usage du conditionnel pour après – dépasser allègrement cette vitesse, atteignant même 532 km/h. Mais voilà que la vidéo du record est remise en question, certains Youtubeurs affirmant que la voiture n’a même pas atteint les 450 km/h – ça serait déjà une belle vitesse. Le constructeur a annoncé vouloir refaire le record, bien comme il faut, dans les règles, d’ici quelques semaines, pour faire fermer les clapets des détracteurs. A voir.

Quoiqu’il en soit, la voiture qui détient le record actuellement c’est Bugatti, avec la Chiron SuperSport 300+, forte de 1600 chevaux, d’un aéro revu par rapport à la « normale » et d’une partie arrière rallongée, type « Longtail » comme un clin d’œil à McLaren, qui a atteint la vitesse hallucinante de 490,484 km/h, battant ainsi de près de 40 km/h le record de la Koenigsegg Agera RS. A la suite de ce record, Bugatti a annoncé arrêter la course à la vitesse. Koenigsegg les a félicités et a dévoilé la Jesko Absolut, développée pour chercher plus de 500 km/h. Affaires à suivre.

Il y a les marques qui voient en ce marché une sorte de présentoir, de montrer ce qu’ils savent faire, avec des « vitrines technologiques ». Voyez-vous ce que je veux dire ? Si non, lisez la suite, je vais l’imager grâce à des exemples. Si oui, lisez la suite aussi, je vous remercie. En 2013, un trio de voitures totalement folles arrive. Elles annoncent le futur de la performance, avec des technologies totalement novatrices, des lignes jamais vues. Ce trio se compose de la Porsche 918 Spyder, la Ferrari LaFerrari et la McLaren P1. Toutes les trois sont hybrides, sortent la même année, et disent être les meilleures voitures jamais faites par chacune des marques. La Porsche paraît la plus aseptisée, avec « seulement » 887 chevaux pour 1675 kg. La plus bestiale semble la LaFerrari, forte de 963 chevaux pour 1370 kg. Mais l’outsider qu’est McLaren arrive avec un V8 biturbo, tandis que les autres sont atmosphériques, lié à la fée électricité qui, combinés, développent 916 chevaux pour 1395 kg. Les performances dépassent tout ce qui roule jusqu’alors, et encore aujourd’hui, ce trio est très respecté.

Mais pourquoi disais-je qu’il s’agissait de présentoir ? Parce que chacune des trois marques propose des gammes de véhicules déjà très sportifs, et qu’ils se basent sur eux pour faire leurs hypercars. La McLaren utilise le moteur 3.8 de la 12C, par exemple. Et bien d’autres éléments sont communs aux autres modèles des gammes. Et lorsque les ingénieurs réussissent à fiabiliser à 100% ce qui était une innovation sur les hypercars, ils installent ladite innovation sur la version plus civilisée. Finalement, lorsque quelqu’un achète une hypercar de marque de sport comme celles-ci, il doit savoir que sa voiture va être dépassée d’ici quelques années, et que la valeur de sa voiture risque de ne pas forcément grimper énormément. Et c’est pour cela que les designers se lâchent lorsqu’il s’agit de dessiner une hypercar, car avec un dessin attrayant, la côte peut rester fixe voire même augmenter. Aussi, les hypercars sont fortement limitées, 918 exemplaires pour la Porsche éponyme, 375 pour la P1 et 499 pour LaFerrari. Ainsi, ces marques dévoilent leurs savoir-faire et les qualités de leurs ingénieurs à réaliser des voitures folles, montrant au monde vers quoi la marque va tendre dans les prochaines années.

En 2017, Mercedes a annoncé vouloir honorer ses victoires en F1 et faire une hypercar utilisant un moteur de F1, la One. Elle devait sortir en 2019, mais le moteur cause la blanchisserie des ingénieurs moteurs de la marque, tant il est complexe de fiabiliser et de permettre à un moteur fait pour être plus souvent au-dessus des 8.000 tours/minute d’être à moins de 5.000. Aujourd’hui encore, elle est en développement.

Du côté britannique, Aston Martin se lie, en 2017 aussi, avec Red Bull, pour leur savoir-faire en F1, pour créer la voiture la plus rapide sur circuit. D’abord surnommée maladroitement AM-RB001, on doit l’appeler Valkyrie. Son V12 atmosphérique éructerait à plus de 10.000 tours/minute. Rien qu’à l’écrire, j’en ai des frissons. Elle afficherait 1176 chevaux, avec les batteries, et environ 1000 kg. J’ai les poils qui se hérissent. La marque veut en faire une voiture aussi rapide qu’une F1 sur circuit, mais utilisable sur route. Je jubile. Mais voilà que depuis 2017, peu d’informations circulent sur la Valkyrie. Nous savons qu’elle est en développement, que les pilotes Red Bull ont pu l’essayer et qu’ils en sont revenus joyeux. Cependant, certaines rumeurs annoncent l’arrêt du développement de cette voiture si prometteuse. Je pleure.

En effet, depuis le rachat d’Aston par Lawrence Stroll en 2020, alors que la marque était en grandes difficultés financières pas aidée par la crise du Covid – ou de la Covid, – le programme de retour aux 24H du Mans avec la Valkyrie s’est vu transformer en l’arrivée du nom Aston Martin en F1, en lieu et place de Racing Point. La marque avait pourtant développé la Valkyrie dans le but de participer aux 24H. Dès lors, son avenir est-il compromis ? Je ne l’espère pas, tant son moteur me fait envie…  

Il y a les marques qui sont entre les super et les hypercars, comme Pagani. Le soin apporté aux détails subjugue, la puissance et les performances aussi. Mais le design, tant intérieur qu’extérieur, sort tellement du lot qu’il m’est difficile de la ranger dans le clan des hypercars. En effet, chaque voiture qui sort des lignes de montage de Pagani est une œuvre d’art. Toutes les équipes sont composées de passionnés, et cela se ressent dans la réalisation des produits.

Le moteur, fourni par Mercedes-AMG, est tout simplement un V12 biturbo. Plein à bas comme à haut-régime, il permet des performances tout à fait respectables, confortablement installé dans un siège en cuir à coque en fibre de carbone – technologie que Horacio Pagani maîtrise comme personne – et sous une carrosserie des plus incroyables. En ce moment, le modèle proposé est la Huayra, un coupé à moteur central arrière, de 730 chevaux, en propulsion. Puis, le modèle se décline en multiples versions comme en Roadster, ou en BC.

BC, pour Benny Caiola, l’un des plus importants financiers de Pagani. Ces initiales annoncent aussi une Huayra extrême, avec aileron, hausse de puissance et baisse de poids. La Huayra BC se décline aussi en Roadster, en affichant un poids en légère baisse par rapport au coupé, et des performances incroyables, signant tout simplement le record du tour de Spa-Francorchamps : 2’23’’08. A titre de comparaison, une McLaren Senna, qui n’est pourtant pas la première à se trainer, tournait 1 seconde moins vite, et une Koenigsegg One:1 en 2’32’’014. En somme, les Pagani présentent toutes les caractéristiques des hypercars déjà vues. Elles sont sublimes, ont des performances impressionnantes, s’échangent à plusieurs millions d’euros, utilisent des composants derniers cris. Mais peut-on les qualifier d’hypercar pour autant ? Si l’on voit le verre à moitié plein, la réponse est oui, puisqu’elles ont tout. Mais si on le voit à moitié vide, il manque ce petit quelque chose, que je ne saurais nommer.

Et il y a les marques qui ne partent de rien et qui arrivent très haut. Elles ne ciblent pas la vitesse maximale, ne font pas parties de grandes marques, ni ne soignent aussi bien leurs intérieurs que Pagani. Mais elles sont là, et proposent parfois des innovations tout à fait intéressantes. Le Salon de Genève regorge de ces artisans. Nous pouvons citer Pininfarina. Déjà, son nom fait envie et renvoie aux glorieuses années Ferrari. Mais la Battista, le nom de son premier modèle en tant que firme indépendante, propose une motorisation plus ou moins intéressante, c’est selon les visions de chacun, puisqu’elle est totalement électrique. Dans le milieu de l’hypercar électrique, il suffit de mettre de grosses batteries pour avoir une grosse puissance, c’est facile. Et voilà, la Pininfarina avoue 1900 chevaux, pour une vitesse maximale de 350 km/h. Le poids ? Non communiqué mais affolant sûrement. D’autres se tournent vers d’autres idées.

Zenvo propose tout simplement des hypercars – enfin, c’est ce qu’ils disent – aux V8 biturbo toujours plus puissants d’années en années dont le dernier culmine à 1193 chevaux, en propulsion parce que c’est plus drôle. Et à cette version surpuissante, les Danois ont ajouté un appendice aérodynamique qui a fait sensation au dernier Salon. Les ailerons, tout le monde en propose. Des gros, des petits, des qui se cabrent, des qui assoient la voiture à coup de centaines de kg. La TSR-S a un gros aileron qui se cabre et qui tourne à droite et à gauche, selon l’inclinaison du volant bien évidemment, pour aller plus vite dans les courbes rapides. Cette technologie est inédite, mais fonctionne comme les ailerons actifs que l’on voit sur une McLaren Senna.

Une hypercar, c’est quoi ? Le summum de la performance de route. Rien de plus extravaguant, de plus impressionnant, de plus performant. Son terrain de jeu favori est la piste, mais elle peut s’autoriser des sorties en ville et en campagne.

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

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