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Bugatti Bolide


Choisir un nom pour une voiture, cela peut paraître compliquer. Porsche ne prend pas trop de risques avec son coupé mythique, 911, c’est classique. Bugatti utilise des noms de pilotes chevronnés, comme Veyron, Chiron, Divo. Mais là, ils ont choisi un nom bien français pour leur nouvelle voiture : Bolide.


Depuis la Veyron, les Bugatti sont surtout des voitures faites pour les lignes droites, accélérer le plus vite possible et atteindre des vitesses supérieures aux 400 km/h. Avec la Divo, présentée en 2018, la marque annonce prendre un virage. La Chiron Pur Sport s’amorce, avec la même philosophie que la Divo, mais en allant encore plus loin. Cependant, il reste un gros défaut à ces hypercars : le poids. Light is right disait Chapman. Cette devise, les Alsaciens l’ont enfin entendue avec la Bolide. Son nom annonce la couleur, et sa couleur annonce son origine, origine France garantie. Chez Bugatti, la puissance et la noblesse mécanique restent des mots qui raisonnent dans leurs oreilles. Alors, ici, pas question de downsizing. Le W16 offrirait jusqu’à 1850 chevaux avec le carburant octane 110, un carburant non homologué sur route, ou 1600 avec du SP 98 et 1850 nm de couple. Cette cavalerie est toujours attelée à l’arrière des passagers et distribuée aux quatre coins du châssis. Mais, nouveauté, le régime poussé à l’extrême tient ses promesses, plus que n’importe quel Commej’aime. La Chiron annonçait 1995 kg à la pesée avec les pleins, la Bolide, si elle est basée sur cette dernière, ne pèserait que 1240 kg à vide ! Stupéfiant ! Surtout lorsqu’on sait que McLaren et sa Senna affichait 1198 kg à la balance à vide aussi. Cependant, pour tomber sur ces chiffres, le régime ultra sec oblige à laisser de côté le glamour et l’élégance que pouvait proposer la Chiron et lui préférer une bestialité digne d’une navette spatiale.

L’angle le plus spatial – ou spécial, c’est selon vos goûts – se trouve à l’arrière. Lors des photos teaser, la voiture était dans la pénombre et nous ne voyions que la lueur des quatre bandes rouges. Maintenant que nous l’avons sous les yeux, l’agressivité est plus qu’exprimée. Au centre, constatez les quatre pots d’échappement, tout simplement énormes. De ces sorties découlent les feux précédemment cités. En bas, le diffuseur, avec au centre le feu d’antibrouillard qui imite celui des F1. En haut, l’aileron qui génèrerait à lui seul 1800 kg d’appui ! Le nom de la marque est marqué sous cet appendice qui n’en est pas un. Ensuite, aux extrémités, apercevez les roues, et les pneus de 40 cm de large à l’arrière, soit le double de la largeur de ceux d’une BMW i8. L’adhérence ne doit être qu’extraordinaire.

Les roues sont pleines, détail différent de toutes les autres sportives, pour une meilleure stabilité. Pour continuer sur le profil, j’ai beau cherché, je ne trouve pas vraiment d’éléments communs avec une Chiron, excepté, peut-être, l’entrée d’air sur le côté, qui dessinerait un petit C. Pourtant, cette entrée d’air me rappelle plutôt celle de l’Alfa Roméo 4C, qui n’est pas vraiment de la même gamme ni même de la même marque. Sur la partie arrière, un aileron dorsal trône au-dessus du capot moteur, part de l’aileron et rejoint le cockpit. Dessus, des inscriptions bleues permettent de savoir ce qui se cache dessous, EB W16 4, c’est-à-dire un W16 quadriturbo de la marque Bugatti, fondée par Ettore Bugatti.

À l’avant, la calandre en fer à cheval trouve toujours sa place au milieu de la partie avant. Autour de cette calandre, il y a du vide, pour laisser passer l’air au mieux et générer un maximum d’appui aérodynamique. D’ailleurs, cette calandre a pour seul but de porter le logo Bugatti, toujours fait par des mains minutieuses. Au milieu du capot, une ligne aérodynamique en fibre de carbone rejoint l’essui glace vertical – comme un rappel des voitures de course – pour mener à la prise d’air sur le toit, puis à l’aileron précédemment cité. En guise de phares, la marque propose des luminaires en forme de croix. Toute la voiture est en fibre de carbone, de la cellule centrale à la carrosserie qui, pour gagner encore du poids, n’est peinte qu’à hauteur de 40%. Ça change des Chiron qui demandent de nombreuses couches de peinture.

Passons à l’intérieur. Encore une fois, ça change de l’ultra-luxe proposé par la Chiron. Alors que cette dernière ne propose que des matériaux nobles dans son habitacle, la Bolide fait appel à l’alcantara et c’est tout. Ah si, j’oubliais, il y a de la fibre de carbone aussi. Les sièges sont en fibre de carbone mais accueillent quelques éléments en mousse, pour le confort. La position de conduite allongée imite les F1, dont elle partage les performances. Un seul et unique écran sur cette pistarde prenant place derrière le volant aux multiples boutons, tout comme la console centrale. Sur le volant, le drapeau de la France rappelle ses origines.

Parlons chiffres désormais. La Chiron Pur Sport, c’est celle qui accélère le plus fort dans la gamme, atteint les 100 km/h en 2,3 secondes, les 200 en 5,9 mais fini sa course à 350 km/h. La Bolide, c’est autre chose. La présence de harnais 6 points n’est pas anodine, vraiment. 0 à 100 km/h en 2’’2, 0 à 200 en 4’’4, 0 à 300 en 7’’4, à 400 en 12’’1, à 500 en 20’’1. Autrement dit, le temps que vous lisiez la phrase précédente, la Bolide roule déjà à plus de 350 km/h et flirte avec les 400. Avec un rapport poids/puissance de 0,67 kg/ch et quatre roues motrices, la Bolide est irrattrapable. Mais, avec un poids aussi faible, la bonne nouvelle c’est qu’elle sait s’arrêter très, très vite. A tel point qu’elle effectuerait le 0-500-0 en 33’’6. Et comme une sportive à son image se manifeste surtout sur circuit, la firme avance des temps tout simplement canons sur deux circuits mythiques. Sur le circuit des 24h du Mans, la Bolide descendrait le chrono à 3 minutes 7 secondes, soit 7 secondes plus vite que le précédent record effectué sur piste par Toyota. Sur le Nürburgring, elle tournerait en 5 minutes 23 secondes, c’est seulement 4 secondes moins rapide que la détentrice du record absolu, la Porsche 919 Evo. Mais voilà, après des informations aussi intéressantes, une chose doit être annoncée. Vous aurez remarqué l’utilisation du conditionnel dans certains propos. Car oui, il existe bel et bien un exemplaire de la Bolide. Mais aucun journaliste n’a pu l’essayer réellement, juste s’en approcher – ce qui est déjà une chance extraordinaire. Et les records me direz-vous ? Eh bien, ils ont été effectués sur simulateur. Nous savons la qualité de ces derniers, mais les véritables conditions du circuit ne peuvent être modélisées réellement. Charge à Bugatti de l’y envoyer en vrai et montrer son savoir-faire en pistarde pure et dure. La marque ne sait pas encore si elle va le commercialiser. Cela dit, ils ont réalisé ce concept tout en souhaitant qu’elle soit en accord avec les réglementations de la FIA. Alors, Bugatti, si vous nous lisez, sortez-là !

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

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