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Baptême en Exocet


Sans pare-brise, sans fenêtres, avec le casque et le harnais pour seules protections, les sensations ne pouvaient être qu’impressionnantes. (…)


Il est des expériences qui resteront gravées dans nos mémoires, à l’image de cet après-midi du vendredi 2 octobre 2020. Alors que je pensais qu’il s’agirait d’une journée comme une autre, ce fut une journée exceptionnelle. Au restaurant, j’apprends qu’un roulage va s’effectuer au circuit de Fontenay-le-Comte. Mon frère en avait déjà effectué un cet été avec les mêmes voitures et en est revenu avec d’excellents souvenirs. Soucieux de vouloir essayer ces véhicules destinés à la piste, nous nous y rendons. Ce roulage s’effectue en Exocet, une Mazda MX-5 NC dont on n’a gardé que le châssis, le moteur et la boîte. A l’extérieur, elle ne remporte pas le premier prix de beauté. Elle n’a pour carrosserie que des gardes boues aux roues et un capot. Le tout en plastique. Pas de fenêtres, pas de parebrise, juste le pilote, le copilote – qui n’est pas indispensable – et les éléments, en l’occurrence l’air en abondance. Mais s’il n’y a pas tout le confort qu’on est en droit d’attendre dans une Aston Martin, c’est pour une chose : gagner du poids. Et c’est réussi, puisqu’elle affiche moins de 600 kg à la pesée et environ 150 chevaux. Envoyée aux roues arrière, la cavalerie ne se perd pas tellement.

Au Circuit de Fontenay-le-Comte

J’avais déjà effectué plusieurs tours de ce circuit, avant 2010 en Ferrari 350 et Lotus Elise, et l’année dernière en Caterham. J’avais donc une idée du tracé. Je connaissais les virages, pas les trajectoires idéales, les gros freinages, mais pas la voiture. Je n’en avais qu’une idée grossière : c’est un bon châssis, une boîte manuelle à débattement court, un moteur qui n’a rien à propulser, une sorte de Caterham en réduction en somme. Mais la réalité est toute autre, ou plutôt différente.
Avec un conducteur lambda, qui ne connait pas plus la piste que cela, les sensations sont bonnes, identiques à celles que j’ai pu ressentir dans mes précédentes expériences. La voiture a l’air de se placer parfaitement et n’a pas l’air piégeuse. Du moins, c’est ce que j’ai pu ressentir en tant que passager. Mais avec un gentleman driver un conducteur de Porsche, qui a déjà sillonné la piste avec sa 911, sa moto et qui connait l’Exocet, l’expérience est dantesque. Les étriers mordent fortement les disques, le moteur rugit, ce n’est pas un beau bruit mais plutôt celui d’une perceuse qui tourne dans le vide, le petit volant permet de se placer facilement. Le seul grief à noter, c’est la boîte de vitesses, avec un débattement si court qu’il est facile d’engager la 5ème alors que l’on souhaitait mettre la 3ème. Mais les sensations, en passager, avec ce pilote, sont impressionnantes. Sans pare-brise, sans fenêtres, avec le casque et le harnais pour seules protections, les sensations ne pouvaient être qu’impressionnantes.
Là, une épingle, suivi d’une très (trop ?) courte ligne droite qui emmène sur un virage en épingle encore, avec une sortie plus large menant à une série de virages, plus sympas les uns que les autres, autorisant même de la passer en 4ème vitesse. Ensuite, c’est un droite- gauche, qui oblige à rétrograder en 3ème, avec un placement qui oblige à être franc avec le volant. Vient alors une épingle, à négocier en 2ème, sortie sur les vibreurs, et voilà la ligne droite tant attendue où on flirte avec les… je ne sais pas. La voiture n’a pas de compteur de vitesse. Mais une chose est sûre, les 100 km/h étaient dépassés ! Mais qu’importe si on n’arrivait qu’aux 130 km/h au bout de cette longue ligne droite, car le plaisir c’est de recevoir ses bourrasques de vent dans le casque ! Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et la ligne droite se finit sur une épingle – encore une – obligeant un freinage très fort. Après l’épingle, voilà une nouvelle ligne droite, et le tour se finit. Et un autre recommence. Et ainsi de suite. La session n’était censée compter que 5 tours. Ici, je ne sais pas combien mon pilote en a bouclé, pas assez à mon goût, suffisamment pour me faire décrocher une petite larme, mais peut-être trop pour lui, la direction est virile. Lumière verte, continuez à rouler ; lumière rouge, rentrer aux stands. Ma seule volonté c’était que le vert ne se transforme pas en rouge. Le premier tour m’avait déjà stupéfait, mais plus les tours avançaient, et plus les freinages s’effectuaient tardivement, gagnant par exemple 25 mètres sur la ligne droite des stands. Entré trop vite dans le deuxième virage, un coup d’accélérateur trop prononcé et hop, l’arrière se fait la malle ! On entend les pneus crisser, on voit les roues se bloquer quand le freinage enclenche l’ABS, on voit le câble de l’accélérateur se tirer derrière la pédale… Tout est visible, on ne fait qu’un avec la voiture, on la comprend mieux de tours en tours. Et voilà que le vert laisse sa place au rouge. Mais on le sait alors qu’il nous reste un tour à effectuer. Dès lors, mon pilote pousse la voiture à son maximum. Freins, volant, levier, embrayage, tous se prennent des coups. Moi, je me baladais encore plus dans le baquet, j’en ai eu des bleus. Voici le dernier virage. Freinage retardé, volant braqué plus tard qu’aux tours précédents, et pied au plancher. La dérive s’amorce, voulue celle-ci, l’angle pris n’est pas conséquent, mais l’odeur de la gomme laisse présager le pire pour les prochains pilotes qui vont s’essayer à cette Exocet.

Un jour mémorable

De retour au stand, j’arrive tant bien que mal à sortir, plus dignement que mon entrée dans ce que la marque appelle un siège. Je rejoins mon frère, qui a enfilé la combinaison pour piloter l’Exocet. Je lui fais part de mon adoration pour cette voiture et du fait que le pilote taquine un peu, pour un agent immobilier. Je vais pour le remercier, et là je l’entends dire à ses amis : « je ne savais pas comment Iwen allait réagir, s’il allait vomir, s’il allait pleurer, s’il allait dormir ». Peut-être aurais-je dû lui faire part de mon passé avec les baptêmes sur circuit, les sorties Boucars… Mais cette phrase veut aussi dire une chose : il aurait pu aller encore plus vite. C’est possible ?

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

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